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Que sont-ils devenus

Mathurin Yao Saki, journaliste

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Mathurin Yao Saki, journaliste, réconciliateur victime de la politique

Né il y a 61 ans dans les confins d’Aboisso, plus précisément à Gaoussoukro, Mathurin Yao Saki est journaliste. Dans sa résidence inachevée de Cocody-les-Deux Plateaux à Abidjan, il garde le sourire et raconte son parcours de vie. Avec beaucoup de joie et de reconnaissance à Dieu qui a fait de lui, fils de paysans, un « homme heureux » comme il se plaît à le dire.

Mathurin a fréquenté l’école primaire de son village avant d’arriver au collège à Aboisso. Là, débute peut-être un angle de sa vie sur le gril. Mathurin brave un grand interdit en ce temps, être en relation très étroite avec son professeur d’anglais ! Crime de lèse-majesté pour ce charmant jeune homme qui ne laisse pas indifférent.

Membre du bureau du Mouvement des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire, structure de jeunesse du Pdci-Rda dans le milieu scolaire et universitaire, il est orienté au lycée d’Abengourou où il est surveillé (sinon jalousé) par des éducateurs qui ont eu écho du dynamisme physique de cet élève.

Le baccalauréat en poche, il est naturellement orienté au département d’anglais de l’Université d’Abidjan. Les voyages d’étude et de perfectionnement aux Etats-Unis vont aguerrir Mathurin qui au passage, se marie assez jeune.

Mathurin Yao Saki est piqué par le virus du journalisme qui lui permet d’intégrer la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI). Il est dans le sillage du grand Joseph Diomandé et là, déjà, cette suppléance sur certains reportages du Président Félix Houphouët-Boigny ne manque pas de susciter de la jalousie. « Les gens se disaient : comment ce petit, arrivé il n’y a pas longtemps, peut faire des reportages du Président Houphouët . « J’en ai tiré un certain plaisir » fait-il savoir.

Après les années RTI, il débarque à l’Ambassade du Canada à Abidjan à partir d’Août 1981 et ce, jusqu’en 1995.

« 60 ethnies, une Nation », initiative précurseur

Mathurin Yao Saki est le fondateur de l’Ong : 60 ethnies, une Nation. Une œuvre de cohésion sociale que ce militant du Pdci-Rda a suscitée pour prendre, en visionnaire, le devant du vivre ensemble. Mais, lui-même va subir les foudres de l’exclusion et de la méchanceté dans les arcanes du pouvoir. Conseiller technique de ministre de la Communication, il a servi « le rebelle » Guillaume Soro dès sa nomination au ministère d’Etat, ministère de la Communication en mars 2007. « Je le remplaçais là où il n’avait pas le temps de se rendre, vu que, en cette période, il y avait de l’animosité contre les cadres de la rébellion. Je faisais office de suppléant et on me traitait de rebelle », rappelle avec humour Mathurin Yao Saki.

Malheureusement, dès l’avènement au pouvoir d’Etat du président Alassane Ouattara, « les torpilleurs ont eu raison de moi auprès du ministre Coty Souleymane, qui, sans m’entendre m’a fait sauter », regrette-t-il. Dans cette veine, l’homme qui était, entre-temps, au Conseil national de la Presse, a été débarqué de cette entité sous tutelle du ministère de la Communication. « Je suis un journaliste à la recherche d’un nouvel emploi, je suis encore bon pour le service et je ne suis pas à la retraite », soutient-il.

Des regrets dans sa vie ? « Non je remercie Dieu d’avoir fait de moi ce que je suis, je ne regrette rien », assène Mathurin l’Anglais qui reconnaît tout de même que « les gens ont dit des méchancetés sur mon compte sans jamais chercher à savoir ce qui était vrai, les circonstances de la survenue de tel fait, ne sachant même pas que je suis militant du Pdci-Rda ».

Lorsqu’il se met à raconter sa vie, il croît avoir retrouvé l’antenne qu’il rêve de retrouver. Raison qui l’a poussé à adresser au Président Alassane Ouattara un courrier pour lui réaffirmer son soutien. Ce courrier avait une photo en appui, celle où l’on voit Mathurin Yao voter pour le candidat Alassane Ouattara, violant au passage le secret du vote.

De décembre 1980 à décembre 2015, 35 ans d’amour pour le journalisme exercé avec passion. Son éviction du ministère de la Communication sans motif valable n’a pour autant pas arrêté sa soif du travail. Ceux qui ont pensé briser Mathurin, l’impétueux élève qui a réussi à avoir son prof d’anglais, n’auront pas cassé le roc Saki, anglophile fou, journaliste émérite qui ne demande aujourd’hui qu’à servir son pays. 60 ethnies, une Nation, ç’avait bien son sens non ? Celui qui rêvait de favoriser, à son modeste niveau, le Canada et la Côte d’Ivoire affirme avoir encore un idéal à défendre, le droit à servir son pays et le Président Ouattara.

Adam’s Régis Souaga




  •  Nom: Yao Saki
  •  Prénoms: Mathurin
  •  Alias: N/A
  •  Pays Naissance: COTE D'IVOIRE
  •  Date Naissance: 1 janvier 1954
  •  Sexe: Masculin
  •  Profession: Journaliste
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