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Diaspora

Diaspora. De Kouibly à Paris : sur les pas de danse de Georges Momboye

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Georges Momboy, chorégraphe et metteur en scène ivoirien régulièrement sollicité pour orchestrer de grands rendez-vous culturels et sportifs du continent, travaille à l’émergence d’un pôle d’excellence artistique à Abidjan.

Georges Momboye est intervenu récemment dans un spectacle donné lors de la célébration de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire, le 7 août 2026. Il a conçu de grands spectacles tels que le Festival mondial des arts nègres (FESMAN) à Dakar en 2010, les Jeux de la Francophonie en 2017, la Coupe africaine des nations (CAN) 2023. Il a également réalisé trois galas pour la Première Dame Dominique Ouattara.

« La culture ivoirienne est le socle de ma créativité »

La danse fait partie de l’identité de Georges Momboye, depuis son enfance à Kouibly, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Très jeune, il comprend qu’elle est un langage universel. Sa passion, sa curiosité et sa détermination le conduisent à se former et à travailler à sur les scènes internationales, sans jamais oublier ses racines.

« La culture ivoirienne est le socle de ma créativité. Ses rythmes, ses traditions et sa diversité nourrissent mon inspiration », souligne le chorégraphe. Il a toujours cherché à faire dialoguer cet héritage avec les écritures contemporaines pour créer un langage artistique universel.

Formé à la danse africaine, il a élargi sa pratique au jazz, au classique et au contemporain, notamment à l’école Alvin Ailey à New York. Installé en France depuis 1992, il fonde la Compagnie Momboye puis le Centre de danse interculturel à Paris, et devient un ambassadeur de la culture africaine en Europe. Face à un milieu artistique qui avait parfois tendance à réduire la danse africaine au seul registre du folklore, Georges Momboye démontre qu’elle peut être contemporaine, innovante et universelle, tout en conservant son authenticité.

Sur de grandes scènes européennes

Georges Momboye dirige artistiquement le cirque « Afrika ! Afrika ! » et est le premier chorégraphe Africain à revisiter « le Sacre du printemps » de Stravinsky, une création qui, note-t-il, a tourné pendant cinq ans sur de grandes scènes européennes. Toutes ces expériences nourrissent sa fierté de mettre son savoir-faire au service de son pays.

Malgré cette réussite internationale, le chorégraphe de renommée mondiale n'a jamais perdu de vue son pays natal. À travers son centre Georges Momboye Arts pluriels et le Ballet national de Côte d’Ivoire, il s’engage dans la formation et la transmission.

Le rêve d'un pôle d'excellence pour la jeunesse à Abidjan

Il porte un regard bienveillant mais exigeant sur la jeunesse et la diaspora artistique ivoirienne. S'il salue l'abondance de talents qui font briller la Côte d'Ivoire à l'étranger, il appelle de ses vœux la création de passerelles pour que cette réussite internationale bénéficie directement aux jeunes restés au pays.

Son grand projet pour l'avenir est celui d’obtenir de l'État ivoirien la mise à disposition d'un terrain d'environ 5 000 m² à Abidjan, afin d’y créer un centre artistique privé. Celui-ci comprendrait deux théâtres, des studios de danse et une résidence offrant aux jeunes un hébergement digne et confortable. « Un véritable pôle d’excellence, de la formation à la scène professionnelle, que je dirigerais avec des collaborateurs de haut niveau, pour former les futurs grands créateurs ivoiriens et africains », projette-t-il.

Pour le chorégraphe, l’excellence, la persévérance et l’authenticité sont les clés du succès.

Marem Konan


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