La République démocratique du Congo (RDC) a appelé, une nouvelle fois, mardi 13 octobre le Conseil de sécurité de l’ONU à passer des déclarations aux actes afin de mettre fin à la crise dans l’est du pays. Devant les membres du Conseil, le représentant congolais a exigé l’application intégrale de la résolution 2773, notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, la fin du soutien au mouvement AFC/M23 ( (FRN) et le respect de la souveraineté nationale.
Intervenant lors de la réunion consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, le diplomate congolais a salué le rapport de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU tout en soulignant que les affrontements, l’occupation de certaines localités et les souffrances des populations civiles se poursuivent malgré les efforts diplomatiques engagés.
Selon Kinshasa, l’heure n’est plus aux promesses mais à la mise en œuvre effective des engagements pris par les différentes parties et aux décisions du Conseil de sécurité.
Kinshasa réaffirme le caractère « non négociable » de sa souveraineté
Dans une déclaration ferme, la RDC a insisté sur son attachement à son unité nationale, à son intégrité territoriale et à l’inviolabilité de ses frontières internationalement reconnues.
Le représentant congolais a condamné la poursuite de l’offensive attribuée aux Forces de défense rwandaises (RDF) et à leurs alliés de l’AFC/M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il a également dénoncé l’installation d’administrations parallèles dans les zones occupées, estimant qu’il s’agit d’une atteinte directe à l’autorité de l’État congolais.
Pour Kinshasa, aucune préoccupation sécuritaire ne peut justifier une intervention militaire sur le territoire d’un État voisin ni le soutien à des groupes armés.
La RDC a demandé une application « intégrale et sans ambiguïté » de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Celle-ci implique notamment, selon les autorités congolaises, la cessation de tout soutien extérieur au mouvement AFC/M23 ainsi que le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Elle a toutefois réaffirmé poursuivre ses propres engagements concernant la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), à travers des mesures de désarmement, de cantonnement et de rapatriement.
Le gouvernement congolais estime cependant que ces actions ne doivent pas être considérées comme une condition préalable au retrait des forces rwandaises ou au respect de la souveraineté de la RDC, a fait savoir le diplomate.
Plaidoyer pour davantage de sanctions et de mécanismes de contrôle
La délégation congolaise a également appelé au renforcement des mécanismes de vérification du cessez-le-feu, notamment à travers le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE+), avec l’appui de la MONUSCO.
La RDC souhaite que toute violation constatée entraîne des mesures concrètes contre les auteurs. Elle a notamment demandé davantage de transparence sur les transferts d’armes, de drones et d’équipements militaires vers le Rwanda.
Elle a également sollicité une surveillance accrue concernant l’utilisation de drones dans le conflit, affirmant que plusieurs frappes menées dans l’est du pays ont eu de lourdes conséquences sur les populations civiles.
Le représentant congolais à l’ONU a consacré une partie importante de son intervention à la question de l’exploitation illicite des ressources naturelles.
Selon lui, l’économie de guerre demeure l’un des principaux moteurs du conflit. Il a cité les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies faisant état d’une intensification de l’exploitation minière dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, notamment autour du site minier de Rubaya, dans le territoire de Masisi.
Il estime que les revenus tirés du coltan et d’autres minerais stratégiques continuent d’alimenter les groupes armés et de prolonger l’instabilité dans l’est du pays.
Le gouvernement congolais a ainsi appelé à un renforcement des mécanismes de traçabilité des minerais, à une lutte accrue contre la contrebande transfrontalière et à la responsabilisation des acteurs impliqués dans les circuits illicites, a indiqué son représentant.
La RDC a réaffirmé son engagement en faveur des processus de paix de Washington et de Doha ainsi que des efforts de médiation conduits par l’Union africaine.
Elle a notamment salué la récente tournée régionale des facilitateurs africains à Goma, Kigali et Kinshasa, tout en soulignant que le succès de ces initiatives devait être évalué à l’aune des résultats concrets obtenus sur le terrain.
Le diplomate congolais a plaidé pour la redynamisation de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération dans la région des Grands Lacs afin de s’attaquer aux causes profondes du conflit.
Une situation humanitaire toujours préoccupante
La RDC a enfin alerté le Conseil de sécurité sur les conséquences humanitaires de la poursuite des hostilités, marquées par les déplacements forcés de populations, l’insécurité alimentaire et les entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire.
Elle a appelé à la protection des civils, notamment des femmes et des enfants, ainsi qu’au rétablissement de l’autorité de l’État et des services publics dans les zones touchées par les violences.
La délégation congolaise au Conseil de sécurité a affirmé que la paix dans la région des Grands Lacs ne pourra être durable sans le respect de la souveraineté de la RDC, le retrait des forces étrangères, la fin du soutien aux groupes armés et le démantèlement des économies de guerre qui alimentent le conflit depuis plusieurs années.
Radiookapi.





