Depuis quelques années, c’est la croix et la bannière pour les parents d’élèves, notamment ceux dont les enfants sont affectés dans des établissements privés. Certaines de ces écoles exigent que la totalité des frais de scolarité soit versée dès la rentrée. Cette décision serait motivée par le fait que certains parents ne soldent pas intégralement les frais de scolarité avant la fin de l’année scolaire, ce qui représente une perte importante pour ces établissements privés.
Le fils de M. Fernand vient d’obtenir son entrée en sixième. Résidant à Abobo, l’enfant a été affecté dans un établissement privé de la commune, situé à proximité du domicile familial. C’était le choix de son père. Mais celui-ci a été désagréablement surpris lorsqu’il s’est rendu dans le nouvel établissement de son fils pour obtenir des informations.
« Les éducateurs m’ont fait savoir qu’il fallait payer toute la scolarité avant que l’enfant ne commence les cours. J’ai été désagréablement surpris », confie le père.
N’ayant pas les 60 000 F CFA correspondant aux frais de scolarité de son enfant, il a dû rebrousser chemin. Finalement, il n’a pu inscrire son fils qu’une semaine plus tard, après avoir réussi à réunir la somme demandée.
« Mon cousin a été confronté à la même situation », explique un autre parent d’élève, qui répond au nom de Mamadou S. Celui-ci avait trois enfants à scolariser. Alors qu’il s’apprêtait à payer une partie de la scolarité pour chacun d’eux, les éducateurs lui ont fait savoir que cela n’était pas possible, au motif que l’intégralité des frais de scolarité devait être réglée en une seule fois.
La totalité de la scolarité exigée à l’inscription
Ce parent d’élèves, qui a trois enfants à scolariser dans le privé, s’est retrouvé face à une situation compliquée. Ses trois enfants n’étant pas de la même mère, il faisait face à un dilemme : régler la scolarité de l’un de ses enfants au détriment des autres, au risque d’être accusé de faire une distinction entre eux.
Compte tenu de la modicité de ses moyens et face à cette situation, il a été contraint de retourner à la maison avec ses enfants, le temps de réunir l’argent nécessaire aux formalités d’inscription.
« C’est un véritable problème pour les parents », reconnaît un professeur de Sciences de la vie et de la Terre (SVT) d’un établissement de la commune d’Abobo.
« C’est vrai, il y a des écoles qui le font. Je ne sais pas lesquelles. Mais je sais qu’il y a des écoles qui imposent cela aux parents d’élèves », confirme Mme Koné, éducatrice au collège Ba’oulehn d’Adjamé, qui nous a reçus le 6 octobre 2026.
À l’origine de cette exigence : le refus ou l’impossibilité de certains parents de régler le reliquat de la scolarité après l’inscription de leurs enfants et le début effectif des cours.
Le non-règlement du reliquat de la scolarité en cause
Il ressort des témoignages recueillis que certains parents ne soldent pas l’intégralité des frais de scolarité avant la fin de l’année scolaire. Dans le même temps, les établissements doivent faire face à diverses charges liées à leur fonctionnement, notamment le paiement des salaires des enseignants, les factures d’électricité et d’autres dépenses.
Selon Mme Koné, une fois que les parents effectuent le premier versement à l’inscription, certains ne paient plus le reste de la scolarité jusqu’à la fin de l’année.
« C’est aussi difficile pour nous de renvoyer les enfants. Si, à chaque fois, on doit dire aux enfants : “Allez chercher le reste de la scolarité”, ce n’est pas bien pour l’école », confie-t-elle.
L’école est donc obligée de faire avec cette situation.
« Dans le même temps, nous avons des charges. Ces établissements ont donc raison. Ce sont les parents eux-mêmes qui amènent les chefs d’établissement à se comporter ainsi. On vous permet de payer selon des modalités et vous disparaissez. Qui va payer les fonctionnaires ? », déplore l’éducatrice.
Ces difficultés amènent certains établissements à exiger des parents qu’ils versent les frais de scolarité auprès de structures bancaires partenaires.
Le versement en banque comme solution pour certaines écoles
Comme solution aux difficultés rencontrées par les parents d’élèves qui ne parviennent pas à régler l’intégralité des frais de scolarité de leurs enfants, certaines écoles ont décidé que la totalité des frais devait être versée dès l’inscription.
« Certaines écoles ont même signé des partenariats avec des banques. C’est à la banque qu’ils vont verser les frais de scolarité de leurs enfants », explique ce parent d’élève.
Cette formule permettrait aux établissements d’éviter les retards de paiement et les tracasseries liées au recouvrement des frais de scolarité.
Alors que certains établissements privés exigent la totalité des frais de scolarité à l’inscription, les cours, eux, ont commencé avec retard dans certaines de ces écoles.
« C’est le lundi 5 octobre 2026 que les cours ont commencé dans l’école de mon enfant », informe D.V., au lieu du 14 septembre 2026, date retenue officiellement pour la rentrée scolaire 2026-2027.
Cependant, force est de reconnaître que les responsables de certains établissements restent favorables au paiement échelonné de la scolarité.
Diomandé Karamoko





