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Côte d’Ivoire. Koumassi Campement - Des familles déguerpies paralysent la rentrée scolaire

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Alors que les cours ont repris depuis le 14 septembre 2026, l’école BAD du quartier Félix Houphouët-Boigny de Koumassi, à Abidjan, reste paralysée. Les salles de classe sont occupées par des familles déguerpies de leur logement depuis le 3 juin 2026. Entre besoin de logement et droit à l’éducation, l’établissement se retrouve au cœur d’une situation difficile à dénouer

Le lundi 28 septembre 2026, à 9 heures, l’école BAD de Koumassi vit une situation inhabituelle. Dans la cour de l’école, il n’y a pas d’élèves. En dehors de quelques-unes, toutes les salles de classes sont occupées par des matelas, des vêtements et ustensiles de cuisine appartenant à des familles déguerpies depuis le 3 juin 2026. C’est là qu’elles ont trouvé refuge. Actuellement, leur présence empêche le fonctionnement normal de l’établissement. Pourtant, la rentrée scolaire 2026-2027 est effective depuis le 14 septembre.

Face à cette situation, les responsables de l’école restent réservés. L’un des directeurs que nous y avons rencontré a préféré ne pas répondre à notre question de savoir s’il y avait une solution en vue. Il dit s'en tenir aux instructions de sa hiérarchie en ne communiquant pas.

« Nous demandons au moins une caution de 500 000F »

Du côté des familles déguerpies qui occupent les salles de classe, elles affirment êtres contraintes de rester, faute de moyens pour se reloger. Sangaré Habib, leur porte-parole, explique : « Nous avons tout perdu et jusqu’à présent nous n’avons rien reçu. Nous demandons au moins une caution de 500 000 francs CFA pour pouvoir nous trouver une maison ». Mme Sylla renchérit : « Ça fait honte d’être ici. Si le gouvernement nous trouve des maisons ou nous aide à payer une caution, nous quitterons l’école. Les responsables de l’école doivent nous aider également ».

Au même moment, à 11 heures, certains parents d’élèves entrent dans la cour de l’école. Ils viennent voir s’il y a un changement. « J’ai inscrit mon fils à la maternelle. Sa salle n’est pas occupée. Normalement, ils peuvent enseigner. Mais c’est fermé », dénonce Mme Coulibaly Mariam. Une autre dame est plus critique : « L’école a commencé, nos enfants n’y vont pas. Ce n’est pas normal. Il faut libérer les salles de classe pour nos enfants ».

Rappelons que cette situation découle du déguerpissement intervenu le 3 juin 2026 dans le quartier. Faute de solution de relogement, des familles ont trouvé refuge dans l’école. Le site concerné par le déguerpissement a ensuite été scellé par la justice, en attendant la fin des enquêtes par le procureur.

Depuis la rentrée scolaire, le blocage persiste. Les familles veulent un toit pour partir, les enseignants sont désemparés, tandis que les parents réclament les salles de classe pour leurs enfants. Entre urgence sociale et calendrier scolaire, l’école BAD reste dans l’impasse.

Mouhamed I. Koné


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