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Diaspora .Jacob Goldsmith : d’immigré sans papiers à photographe renommé et galeriste dans le Maryland

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Un livre sur la photographie abandonné au pied d’une poubelle. C’est avec cet ouvrage trouvé par hasard que Jacob Goldsmith (nom qu’il adoptera après avoir obtenu la nationalité américaine), commence véritablement à apprendre son futur métier. À l’époque, l’Ivoirien d’origine burkinabè vit à Washington D.C., enchaîne les petits boulots et est loin d’imaginer que sa passion pour la photographie et l’art va le conduire vers une carrière professionnelle de renom.

Lorsqu’il arrive en 2003 au pays de l’Oncle Sam, Jacob Goldsmith est d’abord un touriste. Mais il décide rapidement de s’y installer. Immigré sans papiers, il enchaîne les petits boulots pour subvenir à ses besoins. Un jour, alors qu’il travaillait à Washington D.C., il profite de sa pause pour visiter un musée situé en face de son lieu de travail. Cette visite fait naître en lui une envie nouvelle ! Celle de travailler dans l’art et la photographie. Peu de temps après, il achète sa première caméra pour 7 dollars, soit environ 3 150 francs CFA. « Je prenais des photos de ce que je voyais, juste par passion. J’aimais beaucoup la photographie et je ne pensais pas que cela pouvait devenir mon métier », raconte-t-il.

À défaut de formation spécialisée, Jacob apprend seul. Le hasard souriant à ceux qui essaient, il aperçoit un livre abandonné sur le sol alors qu’il vidait les poubelles. Il s’agit d’un ouvrage consacré à la photographie qu’il décide de récupérer. Ce livre, dit-il, lui « a ouvert les yeux » sur le monde de la photographie. Il y découvre les bases du métier et commence ainsi à se former seul. « J’aime beaucoup lire, me former et apprendre de nouvelles choses. J’ai donc commencé à acheter d’autres livres pour approfondir mes connaissances. Aujourd’hui, j’en ai une centaine qui parlent de sujets comme la photographie et l’art », explique-t-il.

Une passion qui devient un métier

Au fil de sa formation autodidacte, Jacob commence à développer une solide compétence en photographie. En 2007, une amie afro-américaine qui travaille dans le théâtre l’invite à un événement culturel organisé à l’Alliance française de Washington. Jacob propose spontanément de venir photographier la cérémonie.

À la fin de l’événement, il partage ses clichés et remet des copies aux personnalités présentes. Parmi elles se trouve Sylvain Cornevaux, directeur des programmes culturels de l’Alliance française à Washington. Quelques jours plus tard, impressionné par son travail, celui-ci appelle Jacob Goldsmith et lui demande de photographier son mariage. « Je lui ai répondu que je ne pouvais pas le faire parce que je n’étais pas photographe de profession et que je faisais juste des photos par passion. Il a insisté et il a dit qu’il ne voulait que moi », se souvient-il.

C’est ainsi que la carrière de Jacob dans la photographie démarre véritablement. D’autres diplomates le contactent à leur tour pour couvrir leurs événements. Les recommandations se multiplient. Jacob rencontre des personnalités politiques venant de plusieurs horizons du monde, photographie des ambassadeurs, voyage et finit même par effectuer un stage à la Maison-Blanche pour une agence de presse française. Il obtient également, en 2012, un prix à la FotoWeek DC, un festival de photographie organisé à Washington.

De l’appareil photo au pinceau

Pendant qu’il évolue dans le monde de la photographie, Jacob Goldsmith commence à explorer un autre horizon ! Celui de la peinture. Tout commence en 2017, alors qu’il donne des cours à domicile à son fils, notamment sur l’art. Jacob se met à peindre avec lui et se découvre une passion pour la peinture. Il commence ainsi à créer des œuvres qui parlent de joie, de connexion avec les autres et de lieux qui l’ont marqué. « Quand une personne voit l’une de mes œuvres, je veux qu’elle ressente de la joie. C’est pour cela que je définis l’art comme une navigation spatiale dans laquelle notre instinct et notre intuition nous servent de compas émotionnel vers une connexion humaine et divine », explique-t-il.

Neuf ans plus tard, en 2026, il crée sa propre galerie d’art dans le Maryland. Installée dans un duplex aux murs peints en rouge, la galerie présente des œuvres de Jacob Goldsmith ainsi que celles d’autres artistes venus de différents horizons. « Je voulais créer un espace qui inspire une chaleur humaine. Un endroit où les gens viennent se rencontrer, faire connaissance, ou peut-être trouver l’âme sœur ».

Du pagne kita aux couleurs de ses tableaux

La première fascination de Jacob Goldsmith pour une œuvre artistique ne date pourtant pas de son arrivée aux États-Unis. Elle remonte à son enfance. Dans la maison familiale où il a grandi, un pagne kita, tissu porté par les peuples akan, décorait le salon. Jacob se souvient avoir été attiré par ses couleurs et ses motifs créatifs. Cette image est restée gravée dans sa mémoire et trouve un écho dans ses peintures, elles aussi très colorées, où se mêlent parfois le rouge, le bleu et le jaune.

Au cours de son parcours autodidacte, plusieurs artistes et photographes ont particulièrement influencé son travail. Parmi eux figurent « Henri Cartier-Bresson, photojournaliste et dessinateur français, Steve McCurry, photographe américain, ainsi que Pablo Picasso et Henri Matisse, deux figures majeures de l’art », énumère-t-il.

Aujourd’hui, Jacob Goldsmith travaille avec une dizaine d’artistes, dont la plupart sont d’origine africaine. Lui qui s’est formé seul, à travers les livres, les rencontres et les séminaires, souhaite désormais transmettre à son tour. Il se porte volontaire pour accompagner et mentorer des personnes qui souhaitent se lancer dans la photographie ou dans l’art.

De Lima Soro


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