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Côte d’Ivoire : attention, la nature n’oublie rien

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Ne l’oublions jamais : la nature est très rancunière et fait toujours payer aux humains tout le mal qu’ils lui font.

Que ce soit au niveau de tout l’univers ou au niveau local.

Au niveau de notre planète, nous assistons depuis quelque temps à une succession de catastrophes dont tout le monde convient qu’elles sont dues au réchauffement et au dérèglement du climat.

On vient d’assister aux inondations meurtrières qui ont tué des milliers de personnes au Népal, on voit régulièrement des incendies spectaculaires en Europe et en Amérique, la canicule qui revient de plus en plus souvent en Europe, etc.

Tout cela est causé par l’utilisation sur toute la planète des énergies fossiles, à savoir le pétrole, le charbon, le gaz, qui polluent toute la terre, mais aussi par les déboisements massifs, la destruction des écosystèmes un peu partout dans le monde, la pollution des terres et des eaux par le plastique...

Nous savons que notre continent, éternel abonné à toutes les tragédies, est celui qui paiera le plus cher l’addition que la nature nous présentera. Qu’elle a déjà commencé à nous présenter.

Je crois que nous devons tous en être très conscients, et veiller, au niveau local à ne pas rajouter de la destruction à la destruction.

Nous venons de connaître notre affaire d’orpaillage, qui signifiait que nous étions tranquillement en train de scier la branche sur laquelle nous étions assis.

Le chef de l’Etat vient de mettre le holà avec le renforcement de la lutte contre cette activité, la surveillance accrue des cours d’eau, le durcissement des sanctions, et la mise en place d’un moratoire de six mois sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière semi-industrielle et artisanale.

Nous ne pouvons que remercier le Chef de l’Etat, tout en nous demandant pourquoi l’on a dû remonter jusqu’à lui pour réglementer ce secteur.

Personne ne voyait les cours d’eau qui avaient changé de couleur ?

Personne ne voyait la raréfaction des poissons dans nos cours d’eau ?

Personne ne voyait les trous béants dans nos champs ? Enfin, passons !

Espérons seulement que tous, nous respecterons les décisions prises par le Chef de l’Etat et que nous ne chercherons pas à tricher comme nous savons si bien le faire.

Mais ne l’oublions jamais : la nature est très rancunière.

La question de l’orpaillage réglée (nous l’espérons), regardons autre chose à présent.

Comme les ordures que nous entassons partout, dans nos quartiers, nos villages.

Comme les sachets et bouteilles plastiques qui bouchent tous nos caniveaux, nos cours d’eau, salissent nos campagnes.

Certains diront sans doute que je radote à revenir sans cesse sur ce sujet, ou que je manque d’inspiration.

Je l’assume.

Mais je ne peux me résoudre à accepter que le pays d’Alassane Ouattara, qui a connu ce bond prodigieux en si peu de temps, soit associé aux ordures, à la saleté, soit parce que nous sommes incompétents pour entretenir notre environnement, soit parce que nous ne voulons pas payer ce qu’il faut pour le faire, soit parce que les moyens dédiés à cela sont détournés vers d’autres fins.

Nous sommes très nombreux dans ce pays à avoir connu une Côte d’Ivoire propre, avec des villages et des villes propres.

Tous ceux-là devraient crier tous les jours avec moi pour réclamer un pays propre, digne de notre chef.

Regardons aussi nos forêts que nous détruisons tous les jours, sous les regards impuissants, pour ne pas dire complices, des agents des Eaux et forêts.

On les voit tous les jours, assis aux carrefours avec les agents de police, en train de racketter quiconque a le malheur de transporter une porte, une fenêtre, ou n’importe quel objet fait en bois, ou un pauvre paysan qui a pris un agouti ou un hérisson dans son piège au champ.

Qu’est devenu le parc de la Marahoué ?

Et celui de la Comoé ? Entre Grand-Lahou et Braffedon, une entreprise extrême-orientale (il ne faut plus dire le nom des pays) a détruit une petite forêt de rôniers pour faire de la pisciculture.

Ainsi donc, nous laissons les autres venir polluer nos eaux pour qu’ils ne nous donnent plus de poissons, puis nous les laissons détruire nos forêts pour élever des poissons qu’ils nous vendront. S’ils le veulent.

Sinon ils peuvent envoyer ces poissons dans leur pays. Nous sommes trop forts !

Je le répète encore, quitte à passer pour un radoteur, la nature est très rancunière et elle nous fera payer tout.

Venance Konan


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