Le Conseil national de Sécurité (CNS), présidé par le président de la République, Alassane Ouattara, a pris, au cours de sa réunion du 17 septembre 2026, d’importantes décisions en vue d’éradiquer l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire, selon le communiqué du CNS.
L’orpaillage illégal a pris de l’ampleur ces derniers mois et ses conséquences sur l’environnement sont nombreuses et dévastatrices : déforestation, dégradation des sols, pollution des cours d’eau, etc. Le phénomène constitue également un manque à gagner pour l’économie ivoirienne.
Des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont mobilisées au quotidien pour lutter contre ce fléau. Des sites d’orpaillage sont déguerpis, du matériel saisi et des orpailleurs clandestins arrêtés.
Renforcement des capacités opérationnelles des FDS
Pour rendre la lutte plus efficace, le CNS a décidé, entre autres, de renforcer les capacités opérationnelles des Forces de Défense et de Sécurité locales et d’augmenter substantiellement le nombre de brigades opérationnelles du Groupement spécial de Lutte contre l’Orpaillage illégal (GSLOI).
Au cours de la réunion, il a également été question d’intensifier la surveillance fluviale, à travers la création de 21 pelotons de sécurité fluviale chargés d’assurer le contrôle permanent des quatre grands fleuves du pays et de leurs affluents.
Sur le plan de la répression, plusieurs décisions ont été prises pour lutter plus efficacement contre les orpailleurs clandestins. Il s’agit notamment du durcissement des sanctions, avec l’adoption prochaine d’une loi visant à aggraver les peines réprimant les infractions liées à l’orpaillage illégal.
« De même, toute forme de participation indirecte ou de complicité logistique ou financière sera désormais traitée comme une infraction autonome », indique le communiqué du CNS.
Réhabilitation écologique et réinsertion économique
Parmi les décisions prises par le CNS figure également la mise en œuvre de mesures de « réhabilitation écologique et de réinsertion économique ».
Il s’agira d’accompagner la restauration des sites détruits par l’orpaillage illégal, à travers des programmes de Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO) et l’implication du génie militaire.
La réinsertion économique des orpailleurs illégaux nationaux sera également favorisée grâce à des activités génératrices de revenus.
Un moratoire de six mois sera par ailleurs instauré sur la délivrance des autorisations d’exploitation minière semi-industrielle et artisanale. Un dispositif de communication et de suivi-évaluation sera déployé afin de rendre compte de l’évolution du phénomène.
Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, proposera en outre des mesures en vue de la professionnalisation de la filière aurifère, notamment « la formation professionnelle, la reconversion des jeunes, les comptoirs d’achat, la cartographie de notre patrimoine minier et la mise en place de raffineries », précise le communiqué.
Un atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal s’est tenu les 4 et 5 septembre 2026 à Yamoussoukro.
Au cours de cette rencontre, les préfets de région se sont engagés à éradiquer durablement le fléau de l’orpaillage illégal dans leurs circonscriptions administratives, dans un délai de six mois.
Diomandé Karamoko
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