Tables rondes, témoignages, distinctions et appuis à l’établissement rythmeront ces trois jours de festivités. Président du comité national d’organisation, Alafé Wakili, ancien élève du lycée, explique les enjeux de cette célébration et appelle à la mobilisation des anciens, des partenaires et des autorités.
Après 60 ans d’existence, qu’est-ce que le lycée Ernest Boka doit retenir de son histoire et surtout préparer pour son avenir ?
Il faut d’abord mesurer ce que représentent ces six décennies. Depuis 1966, des générations d’élèves ont franchi les portes de cet établissement. Beaucoup sont devenus cadres, enseignants, entrepreneurs ou, plus largement, des citoyens engagés dans la société. Cette histoire mérite d’être célébrée.
Mais nous ne voulons surtout pas que ces 60 ans se résument à une fête de retrouvailles entre anciens élèves. Notre ambition est de faire de cet anniversaire un levier pour promouvoir l’excellence scolaire et renforcer l’image de marque du lycée.
Nous voulons également retisser un lien fort entre les élèves d’aujourd’hui, les enseignants, l’administration, les parents et les anciens. Il s’agit de faire un état des lieux de l’environnement scolaire avec l’ensemble des acteurs, d’identifier les besoins prioritaires et de dégager des projets de développement pour lesquels des ressources pourront être mobilisées. En réalité, les 60 ans sont un prétexte. Le véritable sujet, c’est l’avenir du lycée. C’est aussi, pour les anciens, un devoir de reconnaissance et de responsabilité envers l’établissement qui les a formés.
Quelques repères : d’où vient ce lycée et quelle est l’histoire de l’association qui porte l’événement ?
L’établissement a ouvert ses portes en 1966 sous le nom de Collège moderne d’Agboville. Il deviendra, ensuite, lycée et prendra le nom d’Ernest Boka. Au fil des années, les anciens élèves des différentes promotions ont pris l’habitude de se retrouver. En 2014, ils ont décidé d’institutionnaliser cette dynamique avec la création de l’Association des anciens élèves du lycée moderne Ernest Boka d’Agboville, la 2Aelm-Eba.
L’association poursuit trois objectifs : contribuer au rayonnement du lycée, renforcer les liens de solidarité entre anciens et maintenir une relation étroite entre les élèves actuels et leurs aînés. La célébration des 60 ans constitue donc la première manifestation de cette envergure portée par l’association.
Comment le dispositif d’organisation est-il structuré ?
Le Bureau exécutif national, dirigé par le président Blesso Jean Marie, a mis en place, depuis près de deux ans, un comité national d’organisation que j’ai l’honneur de présider.
Il comprend quatre vice-présidents : Honorine Yaoüa Kouma, Marie-Claude Kraidy Méa, Marie-Chantale Béhi Ouattara et Assanvo Marc, ainsi qu’un secrétariat permanent et plusieurs membres. Deux commissions techniques travaillent sous la coordination de Guy Mimi. La première est chargée des relations extérieures, du sponsoring, des médias et de la communication. La seconde, conduite par le docteur Raymond Dogoré, s’occupe des termes de référence, du contenu, de la budgétisation et de la programmation. À Agboville, un comité local d’organisation, présidé par Marie-Chantale Béhi Ouattara, assure l’ancrage sur le terrain. Il travaille avec l’administration du lycée, les enseignants, les parents et les élèves, qui participeront bénévolement à l’accueil et à certaines activités. Le dispositif est suivi à travers des réunions régulières de coordination. Je voudrais saisir cette occasion pour remercier Mme la directrice régionale de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique ainsi que M. le préfet de région, préfet du département d’Agboville, dont l’appui a été déterminant.
Quand, où et quel sera le programme ?
Tout se déroulera au lycée, à Agboville, sur trois journées. Le mercredi 30 septembre sera consacré au sport et aux arts, avec notamment un tournoi de maracana et des concours de théâtre, de slam et de poésie. Les finales et la proclamation des résultats auront lieu le même jour. Le vendredi 2 octobre, place au savoir, aux activités socio-éducatives et à la culture. Des tables rondes réuniront élèves, enseignants, administration et parents autour de cinq préoccupations : la sécurité de l’environnement scolaire, le respect des règles de vie collective, la gestion et le suivi de la présence des élèves, le suivi pédagogique et la collaboration entre l’école et la famille.
Cette journée sera également marquée par des témoignages d’anciens élèves, une opération de salubrité, un planting d’arbres, un quiz consacré à l’histoire du lycée, des débats interlycées et un défilé de tenues traditionnelles et de vêtements inspirés des années 1960. Une conférence plénière permettra, enfin, de restituer les travaux et de formuler des recommandations.
Le samedi 3 octobre sera consacré à la cérémonie officielle. Au programme : allocutions, présentation de l’histoire du lycée, visite guidée, exposition photographique, séquence Octobre rose avec une conférence de sensibilisation, remise de trophées aux lauréats des différents concours et remise de dons et appuis au lycée. La journée s’achèvera par le grand gala des 60 ans, autour d’un dîner, d’animations artistiques et de distinctions spéciales.
Qui sont les bénéficiaires et comment les anciens peuvent-ils participer ?
La première cible, ce sont les élèves. Nous avons choisi de retenir les trois meilleurs élèves de chaque classe, de la sixième à la terminale, soit environ 550 élèves. C’est un choix assumé : nous voulons placer l’excellence au cœur de cette célébration. Les enseignants et le personnel administratif, les parents, la communauté locale et, naturellement, les anciens élèves de toutes les promotions sont également concernés. À ces derniers, je lance un appel très simple : inscrivez-vous et venez à Agboville. Un dispositif a été mis en place sur WhatsApp pour faciliter la réservation des chambres, l’organisation des cars au départ d’Abidjan et la restauration. Plusieurs formules sont proposées, de 15 000 à 100 000 Fcfa, selon le mode de déplacement, l’hébergement et le statut de membre à jour ou non de sa cotisation.
La date limite d’inscription est fixée au dimanche 13 septembre 2026 à minuit. Toute contribution exceptionnelle est également la bienvenue.
Quel est le budget de cette célébration et comment sera-t-il financé ?
Nous avons fixé à 100 millions de Fcfa l’objectif de mobilisation. Ce montant couvre l’organisation et la logistique, notamment les bâches, les chaises, la sonorisation, la scène, les stands, le transport depuis Abidjan, la communication, l’animation, la sécurité, la restauration et l’hébergement. Il comprend également des travaux d’embellissement du lycée, dont la rénovation du réfectoire, le nettoyage et l’amélioration des façades.
Surtout, ce budget s’inscrit dans le plan triennal d’action du Bureau exécutif national. Une partie des ressources mobilisées servira donc à financer des actions au bénéfice du lycée après les festivités. Le financement repose d’abord sur les contributions des membres et les inscriptions. Mais une initiative de cette ampleur nécessite aussi le concours de partenaires, de sponsors, de mécènes et d’anciens élèves désireux de contribuer au développement de leur ancien établissement.
Sur qui comptez-vous et quelles autorités avez-vous sollicitées ?
Nous avons sollicité le parrainage et le patronage des autorités, à commencer par le grand leader de la région, le ministre Dimba N’Gou Pierre. Le ministère de l’Éducation nationale, le préfet, le maire d’Agboville et le conseil régional de l’Agnéby-Tiassa ont également été sollicités, tout comme la direction régionale et l’administration du lycée, qui sont nos premiers partenaires. Nous nous sommes aussi tournés vers des entreprises, des mécènes et de nombreux anciens élèves. Je peux citer, notamment, la présidente du Conseil constitutionnel, le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, le ministre Adjé Silas Metch, qui nous accompagne déjà beaucoup aux côtés de son frère Dimba Pierre, ainsi que la Chambre de commerce et d’industrie, à travers son président, Faman Touré, lui-même ancien du lycée. D’autres personnalités et structures ont été sollicitées, parmi lesquelles Saïd Touré, Souleymane Traoré Mulukuku, la Bhci, le directeur général des douanes, le directeur général adjoint des financements, l’homme d’affaires Mohamed Saïdi et l’honorable Oula Privat. La liste est longue. Nous souhaitons d’ailleurs profiter de cette dynamique pour établir un véritable annuaire des anciens du lycée. Nous remercions également les artistes, notamment Bilé Didier, ainsi que les garagistes qui nous accompagnent déjà. J’en profite pour appeler toutes les anciennes et tous les anciens à rejoindre cette mobilisation.
Quel message adressez-vous finalement aux anciens, aux partenaires et aux autorités ?
Je voudrais rappeler une chose essentielle : ces 60 ans ne sont pas une fête pour les anciens. Ils sont un investissement pour les élèves d’aujourd’hui et de demain. Le lycée nous a beaucoup donné. Il est donc normal que ceux qui y ont été formés puissent, à leur tour, lui rendre quelque chose. J’invite également les opérateurs économiques locaux à se mobiliser et à présenter leurs activités à travers des stands dédiés. Les anciens de la diaspora ne sont pas oubliés. Au cours de mes déplacements à l’étranger, il m’arrive de retrouver d’anciens élèves et nous évoquons toujours avec émotion ces années passées au lycée. Je veux, enfin, rassurer tout le monde : chaque appui recueilli sera déclaré et utilisé de manière transparente et équitable.
Réalisée par Moriba Sanogo





