Le service de la dette représente « 58 % du budget national ivoirien », alors que le taux d’endettement est passé de « 59,5 % en 2024 à 25 % à fin 2025 ». Ces chiffres ont été présentés le 26 août 2026 à Nairobi par le Directeur général de l’Économie au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget de Côte d’Ivoire, Sansan Hien, lors d’un panel de la 6ᵉ Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI).
Marina Kouakou, à Nairobi
« Malgré ces bons résultats, la dette reste importante », a déclaré Sansan Hien, en précisant que le poids du service de la dette demeure élevé malgré la baisse du taux d’endettement. L’évolution du taux d’endettement a permis de faire passer la situation de surendettement de la Côte d’Ivoire d’un niveau « modéré » à un niveau « faible », analyse le directeur général de l’économie. Il attribue cette évolution aux réformes engagées et aux efforts réalisés pour renforcer la situation économique du pays.
Développement des infrastructures
Le responsable ivoirien a également évoqué la diversification des sources de financement. En 2024, une opération portant sur 400 millions de dollars de dette commerciale 400 millions de dollars (environ 225,4 milliards de francs CFA) a notamment permis, révèle-t-il, de financer des projets dont la construction d’écoles. La Côte d’Ivoire s’est également tournée vers le marché japonais. « Nous sommes allés sur le marché japonais où nous avons levé 50 milliards de yens », soit près de 176,8 milliards), a indiqué le directeur général ivoirien de l'économie.
Pour expliquer l’évolution de ces indicateurs, Sansan Hien est revenu sur la stratégie économique adoptée par la Côte d’Ivoire depuis 2012. Le pays a mis en place une vision stratégique déclinée en plans quinquennaux. Le quatrième plan quinquennal, actuellement en cours, représente, selon les données qu’il a présentées, un coût de plus de 200 milliards de dollars.
Entre 2012 et 2025, la croissance moyenne annuelle s’est établie à 7 %, a-t-il indiqué. Cette évolution a permis, a indiqué Sansan Hien, de développer les infrastructures et de renforcer l’industrialisation. Il a également fait état d’une baisse de l’inflation, passée de 5 % en 2012 à moins de 1 % aujourd’hui. À l’horizon 2030, l’objectif présenté par le responsable ivoirien est d’atteindre un revenu supérieur à 4 500 dollars par habitant (environ 2,5 millions de francs CFA) et de faire accéder la Côte d’Ivoire au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Position commune africaine sur la dette
Sur la position commune africaine sur la dette, Sansan Hien a indiqué que la Côte d’Ivoire y avait pleinement adhéré. Il a notamment évoqué les mécanismes existants au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’UEMOA dispose en effet d’une monnaie commune, le franc CFA, d’une banque centrale, la BCEAO, d’institutions spécialisées, ainsi que de mécanismes permettant de coordonner les levées de fonds en monnaie locale. Au niveau de la CEDEAO, des travaux sont en cours autour de la mise en place de l’Eco, monnaie commune envisagée pour l’espace communautaire.
Ces mécanismes s’inscrivent, explique le Directeur général ivoirien de l’économie, dans le deuxième pilier de la position commune africaine sur la dette, consacré à l’architecture financière africaine. La Côte d’Ivoire doit poursuivre son travail sur ce pilier et certaines réformes engagées par le pays constituent des exemples de mise en œuvre des recommandations issues de la position commune.
Le panel était consacré au thème : « De la déclaration à la mise en œuvre : construire l’architecture institutionnelle et les mécanismes de responsabilité mutuelle pour la position commune de l’Afrique sur la dette ». La 6ᵉ édition de l’AfCoDD, organisée par l’African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD), se poursuit jusqu’au 28 août 2026 à Nairobi.
Marina Kouakou
Depuis Nairobi





