En matière de transport urbain, au delà des mini cars «gbaka», les taxis communaux font eux aussi face à des difficultés dont celles liées aux problèmes de voirie.
Lundi 17 août 2026. Nous empruntons un taxi communal pour rejoindre la gare routière depuis le marché d’Anyama.
« Il n’y a pas de routes à Anyama pour les wôrô-wôrô », se plaint le chauffeur.
Dans un concert de klaxons, la quasi-totalité des taxis communaux se concentrent sur la principale voie qui traverse la ville. C’est la course aux clients. Le doigt constamment levé, les chauffeurs interpellent les personnes rencontrées au bord de la route.
Anyama a certes bénéficié ces dernières années d’importantes infrastructures routières dont la voie de contournement Y4 qui traverse la commune, tout comme le boulevard Mohammed VI et la voie nationale de l’Est mais seul le boulevard Mohammed VI qui offre donc davantage de possibilités de trouver des clients, est emprunté par les taxis communaux.
Les voies secondaires, restent pour beaucoup non bitumées ou nécessitent dans bien de cas, des travaux de réhabilitation mais cela n’est pas fait, déplore le chauffeur.
Conséquence : les taxis communaux ne peuvent pas desservir correctement certains quartiers. Pour les habitants des zones reculées, il faut souvent marcher jusqu’à la grande voie avant de pouvoir trouver un taxi. Toute chose qui emmène les populations à se tourner vers les motos-taxis.
Les motos-taxis comblent le vide
Dans les quartiers difficilement accessibles, les motos-taxis ont trouvé leur place.
Rapides, facilement disponibles et relativement abordables, ces engins permettent aux habitants de rejoindre les principales voies de circulation.
Le prix de la course varie généralement entre 100 et 200 francs CFA.
Cette présence des motos-taxis traduit surtout une réalité : lorsque les infrastructures routières et les moyens de transport classiques ne permettent pas de répondre à la demande, d’autres solutions apparaissent spontanément.
Mais elle pose également la question de l’encadrement et de la sécurité de ces nouveaux modes de déplacement.
Au delà de ces réalités figurent les difficultés auxquelles font face certaines compagnies qui assurent le transport inter urbain.
Des difficultés au niveau du transport interurbain
La position géographique d’Anyama aurait pourtant pu constituer un véritable atout pour les compagnies de transport interurbain.
Avec la Y4 et la voie nationale de l’Est, la commune est devenue une importante ville-carrefour. Depuis Anyama, il est notamment possible de rejoindre plusieurs communes du District autonome d’Abidjan. Les véhicules de transport en direction des villes de l’Est du pays traversent également la commune.
Pourtant, les compagnies installées sur place peinent encore à tirer profit de cette position stratégique.
Au grand carrefour d’Anyama, deux compagnies de transport de voyageurs sont implantées.
« Ce n’est pas encore tout à fait ça », reconnaît M. Ouattara, chef de gare d’une compagnie de transport.
Selon lui, la société était initialement installée derrière la gare routière. Mais faute de clientèle suffisante, elle a dû déménager au grand carrefour, en bordure de la voie principale.
« Mais ça ne va toujours pas », regrette-t-il.
Après environ quatre années d’exploitation à Anyama, le responsable ne cache pas son découragement.
À une centaine de mètres de là, une autre compagnie est installée. Mais ses portes sont fermées lors de notre passage.
« Ils ne sont pas venus aujourd’hui », indique simplement un commerçant installé à proximité.
Adjamé reste la référence
Cette faible fréquentation peut s’expliquer par les habitudes des voyageurs.
Pour de nombreux habitants d’Anyama, lorsqu’il s’agit d’effectuer un voyage à l’intérieur du pays, le réflexe reste de se rendre à Adjamé.
« C’est là que sont implantées toutes les compagnies de transport. À Adjamé, on peut faire le bon choix », explique Kouakou Michel.
Cette habitude constitue un véritable défi pour les compagnies installées dans les communes périphériques. Même lorsqu’elles disposent d’une implantation géographique favorable, elles doivent encore convaincre les voyageurs de modifier leurs habitudes.
Diomandé Karamoko





