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Côte d’Ivoire - Accidents. 39 morts après la chute d’un car dans le fleuve Bafing : Un lecteur dénonce la légèreté du ministère des Transports

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Je suis déçu et sceptique par rapport à la déclaration du Ministère des Transports [qui appelle les passagers à monter dans un véhicule en surcharge]. Ce qui saute aux yeux dans cette déclaration, c'est le contraste entre l'ampleur des défaillances révélées par l'enquête et la légèreté de la réponse proposée sur ce point précis.

Le bus roulait avec deux plaques d'immatriculation provisoires différentes, sans assurance ni visite technique valides depuis 17 et 5 mois. Il transportait 91 personnes au lieu de 69, avec des passagers debout et aussi sur des tabourets de fortune et des poufs dans les allées.

Lire aussi :Côte d’Ivoire. Après les 39 morts de l’accident sur le pont du Bafing : ‎Le ministère des Transports appelle les passagers à refuser de monter dans un véhicule en surcharge

Reporter sur l'usager une vigilance que l'État lui-même n'a pas exercée

Ce ne sont pas des failles individuelles isolées, mais un système entier de contrôle qui n'a pas fonctionné, à plusieurs niveaux, sur plusieurs mois. Face à cela, demander aux passagers eux-mêmes de « refuser de monter dans un véhicule en surcharge » revient à faire porter la responsabilité de la sécurité collective sur la personne la plus démunie de la chaîne, celle qui n'a généralement ni le choix du véhicule (souvent un seul transporteur dessert une liaison), ni le pouvoir de vérifier une assurance ou une visite technique, ni la possibilité économique de refuser une place si elle a besoin de voyager ce jour-là. C'est reporter sur l'usager une vigilance que l'État lui-même n'a pas exercée pendant des mois sur ce véhicule précis.

Scepticisme sur la crédibilité de l'ensemble du dispositif

Cela dit, l'article mentionne aussi des mesures plus structurelles annoncées en parallèle : mise en place d'une plateforme numérique de suivi des compagnies, contrôle renforcé des visites techniques avant souscription d'assurance, permis progressif par catégorie, discussions sur une convention collective des chauffeurs. Ce sont des mesures qui, si elles sont réellement appliquées, s'attaquent davantage aux causes structurelles.

Le problème, c'est que ce type d’annonces revient après chaque accident. L'article le note lui-même en évoquant des réformes engagées depuis 2021 qui n'ont pas empêché la récidive.

Donc mon scepticisme porte moins sur l'appel aux passagers en soi que sur la crédibilité de l'ensemble du dispositif.

P.Kouakou


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