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Politique

Côte d’Ivoire. Hommages et propositions pour prolonger l’héritage d’Amadou Gon Coulibaly

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Des sommités internationales comme Jacques Attali et Achille Mbembe ont nourri de leurs réflexions un hommage rendu à Abidjan à Amadou Gon Coulibaly, ancien Premier ministre de Côte d’Ivoire, disparu il y a six ans, presque jour pour jour. Son engagement politique, son leadership et ses idéaux restent encore dans les mémoires et sont enseignés à travers l’établissement qui porte son nom : l’Institut de Formation politique Amadou Gon Coulibaly (IFP-AGC).

Une double cérémonie de graduation des auditeurs de la 5e promotion et de passation de flambeau à la sixième promotion, qui s’est tenue le 7 juillet 2026 à Sofitel Abidjan - Hôtel Ivoire, a permis de valoriser davantage son enseignement, à travers des témoignages, des partages d’expériences et des propositions pour « comprendre les ruptures » dans la marche du monde, et « préparer l’avenir ».

Le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara qui présidait cette double cérémonie a rendu un vibrant hommage à l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. « Amadou Gon Coulibaly appartenait à une génération de responsables pour lesquels la politique n'était ni une conquête du pouvoir ni une recherche de privilèges, mais un engagement quotidien au service de la Nation ». Le ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, président du Conseil d’Administration de l’IFP-AGC a pour sa part mis en avant la nécessité de la formation politique pour bâtir une Côte d’Ivoire stable, ambitieuse et unie. La rigueur, le sens du devoir et l’humilité dans le service de l’État d’Amadou Gon Coulibaly sont une source d’inspiration pour l’Institut. Mamadou Touré définit l’IFP-AGC comme étant un espace de réflexion, de discipline et de préparation à l’action publique, destiné à former des cadres politiques responsables plutôt que de simples militants.

Encourager les jeunes à devenir des acteurs du changement

Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement et Jean-Louis Moulot, ministre délégué auprès du ministre de l'Éducation nationale, de l'Alphabétisation et de l'Enseignement technique, chargé de l'Enseignement technique ont animé une masterclass à l’occasion de cette cérémonie. Pourquoi s’engager ? A cette question essentielle qui leur a été posée, le ministre Amadou Coulibaly a répondu que l’engagement part d’une envie personnelle de vouloir changer les choses. « Et moi, l'envie que j'avais, c'était de lutter contre les injustices et les inégalités sociales. C'est ce qui m'a poussé à un engagement social dans un premier temps. Et plus tard, vers un engagement politique », a-t-il précisé. Les jeunes doivent adhérer à une association. Cela leur permettra déjà d’avoir un « pied dans l’engagement ».

Le ministre Jean-Louis Moulot, quant à lui, estime que l’engagement est la clé pour atteindre ses objectifs. « L'engagement, c'est la clé parce que je considère que dans tout ce qu'on fait, il faut y mettre de la conviction. Il faut donner le meilleur de soi pour atteindre cet objectif d'excellence », a-t-il souligné. Tous deux, des acteurs et leaders politiques, ont trouvé des mots justes pour encourager les jeunes à s’engager et devenir des acteurs du changement.

Former les jeunes aux compétences démocratiques et aux vertus civiques

L’autre moment fort de la cérémonie a été le panel de haut niveau animé par le ministre du Logement, de l’Urbanisme et du Cadre de vie Moussa Sanogo, Jacques Attali, président d'Attali Associates et du think tank France Positive et Achille Mbembe, historien, politologue et président de la Fondation de l'Innovation pour la Démocratie. Leurs interventions ont porté sur le thème : « Où va le monde ? Comprendre les ruptures, préparer l’avenir ». Ils ont su partager leurs analyses sur les grandes mutations du monde et les défis auxquels doit faire face la nouvelle génération.

Jacques Attali a dépeint un monde qui connaît des bouleversements à plusieurs niveaux : un bouleversement démocratique qui entraîne la croissance des besoins, un bouleversement démographique. C’est une période de « grande violence » qui ne fait que commencer. Grande violence veut dire, selon lui, que chacun va se comporter indépendamment des règles du droit. « Nous ne pourrons survivre que si nous agissons dans l’intérêt de nos petits enfants », a-t-il averti. Il s’agit notamment de protéger la nature, l’environnement, former et protéger le monde.

En ce qui concerne l’Afrique, le chantier est énorme. Mais « nous avons le potentiel pour y arriver », a soutenu Achille Mbembe, faisant allusion aux richesses du sous-sol, du sol et surtout au capital humain (les jeunes et les femmes) qu’il faut former aux compétences démocratiques et aux vertus civiques.

Tout comme Achille Mbembe, le ministre Moussa Sanogo reste optimiste face à tous ces bouleversements dans ce monde contemporain. « Dans tous les domaines de l’économie, l’Afrique a des capacités de progrès qui sont extrêmement importantes », estime le ministre. Seulement, il faut avoir une bonne gouvernance.

Diomandé Karamoko

ENCADRÉ

Que fait l’Institut de Formation politique Amadou Gon Coulibaly

L'IFP-AGC a son siège à Abidjan. Il propose plusieurs formations notamment aux jeunes militants des partis politiques et de la société civile. Des formations sont également proposées aux cadres. Il s’agit d’échanges d’expériences et de confrontations à celles des autorités politiques ou administratives de haut niveau. L'Institut organise également des séminaires, des sessions de formation au niveau international. Les apprenants ont également droit à des conférences qui sont des espaces de dialogues et de débats politiques sur des sujets de société. L’Institut organise des débats ouverts au public et aux auditeurs sur divers sujets d’actualité économique, politique, sportifs, etc.

Le Dr Yao Kouassi Bertin, directeur général et fondateur de l’IFP-AGC a déclaré lors de la conférence de presse qu’il a animée le 26 mai 2026 à Abidjan, que l’Institut reste ouvert à tous les jeunes ivoiriens issus de toutes les formations politiques ivoiriennes, âgés de 18 à 37 ans. Ceux de la société civile de la même tranche d’âge sont également invités à s’y inscrire avec un niveau minimum de BAC+2.

L’objectif est de transmettre la vision d’Amadou Gon Coulibaly : « former des femmes et des hommes capables d’exercer un leadership responsable, de défendre les valeurs républicaines et de contribuer durablement au développement de la Côte d’Ivoire ». Chaque année, depuis 2021, date de sa création, ce sont des dizaines de futurs leaders que l’institut forme ainsi et qui s’engagent au service de la société. C’est donc un grenier de futurs leaders capables de relever les défis actuels.

D. K.


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