Après que le Premier ministre Robert Beugré Mambé a dévoilé les trois piliers qui devront constituer le nouvel organe à charge de la gestion des élections, les réactions ne se sont pas faites attendre. Les partis politiques ont appelé à la formation d’un organe réellement indépendant issus d’un consensus entre toutes les parties prenantes.
Au cours d’une rencontre le lundi 22 juin 2026 avec des représentants de partis et groupements politiques ainsi que des Organisations de la Société Civile (OSC), Le Premier ministre avait rassuré que « le gouvernement travaille sur une architecture d’organisation des élections reposant sur trois piliers distincts ». Il s’agit en premier d’un organe chargé exclusivement de l’organisation matérielle des élections. Le deuxième pilier est un organe chargé du recensement des votes, afin de s’assurer de la qualité et de la sincérité des résultats. Le troisième organe est chargé de la supervision et du contrôle de l’ensemble du processus.
« Il faut confier l’organisation des élections à un corps indépendant, qui n’aura pour unique mission que les élections », a proposé Vincent Toh Bi Président du parti Aube nouvelle dans une publication sur Facebook le 29 juin 2026. L’ancien Préfet d’Abidjan spécialiste des questions électorales craint que le corps préfectoral soit impliqué dans la gestion des élections. « Le corps préfectoral est l’un des corps les plus puissants de Côte d’Ivoire, sur lequel repose la stabilité, la sécurité et le développement du pays. Si les populations déshonorent ce corps ou doutent de lui à cause des élections, l’autorité de l’Etat sera affaiblie, ce qui est encore plus grave pour notre pays », a-t-il fait savoir.
Nécessité d'un véritable organe indépendant
« Nous insistons sur la nécessité de la création d'un véritable organe électoral indépendant, totalement soustrait à toute influence gouvernementale et à toute emprise partisane. Cet organe devra exclure rigoureusement, de sa composition, tout représentant du gouvernement ainsi que tout membre de parti politique », déclaré Simone Ehivet Gbagbo présidente du Mouvement des Générations capables (MGC) lors d’une conférence de presse qu’elle a animée le 29 juin 2026. Elle conduit une plateforme de partis politiques et d’organisation de la société civile qui propose la création d’un Haut Conseil électoral (HCE).
« L'institution que nous proposons est un véritable organe politico-technique chargé du management global du processus électoral et investi de la responsabilité exclusive de l'organisation matérielle des élections dans toutes ses étapes », a indiqué la Présidente du MGC. Elle appelle à un processus inclusif dans la mise en place de l’organe électoral. C’est dans ce cadre que la Plateforme a été reçue le 1er juillet 2026 par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à son siège de Cocody. L’objectif était de présenter au PDCI cette proposition de création du HCE.
Réserves sur la méthode
Le PDCI avait dans une déclaration exprimé ses réserves sur la méthode adoptée par le Premier ministre, jugée unilatérale alors qu’il s’attendait à des échanges au cours de la rencontre initiée par ce dernier. Le Parti des Peuples africains - Côte d’Ivoire (PPA-CI) absent à cette rencontre n’a pas encore réagi. Toutefois, son Président Laurent Gbagbo a lors de sa conférence de presse du 2 juillet 2026 exprimé sa disponibilité pour tout dialogue avec le pouvoir.
Le Président du Front populaire ivoirien (FPI) Affi N’Guessan a souhaité que le système électoral soit le fruit du dialogue entre toutes les consciences politiques et sociales du pays. « Si, pour une fois, nous n’arrivons pas à mettre en place une structure portée par tous les acteurs, nous aurons emprunté la voie de futures contestations et de futures violences électorales », a-t-il déclaré après la rencontre avec le Premier ministre Beugré Mambé.
Diomandé Karamoko





