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Côte d’Ivoire - Portrait : Yoyo, productrice d’attieké, toujours debout malgré le handicap

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Mère de trois enfants âgée de 48 ans, Akadjé Yolande plus connue sous le surnom de Yoyo, s'attèle chaque matin, avec toujours la même détermination, à la fabrication de l’attiéké, semoule de manioc très appréciée par ses clients tant à Abidjan qu’à Alépé au Sud de la Côte d'Ivoire. Malgré un handicap physique qui l’empêche de marcher, Yoyo refuse de céder au découragement. La fabrication et la vente de l’attiéké est un moyen de survie pour elle et sa petite famille. Elle s’est ouverte à nous.

Son activité qu’elle mène depuis plus de 10 ans consiste à fabriquer et à vendre de l’attiéké. Une fois la fabrication faite, elle se rend à Abidjan pour le vendre à la gare d’une compagnie de transport. « Je vais avec mon tabouret puisque je ne peux pas marcher. Étant assise, je propose ma marchandise aux passagers ou autres passants et je rentre le soir », raconte-t-elle avec un large sourire.

Son courage est salué par ses clients et même par certaines structures. « Je suis l’une de ses fidèles clientes. Chaque fois qu’elle fabrique de l’attiéké, elle m’appelle et j’en achète. Son courage est un cas d’école. Ce que j’apprécie chez elle, c’est que c’est toujours avec le sourire qu’elle me reçoit », confie dame Germaine B. Récemment à la faveur de la célébration de la fête des mères, le délégué départemental du Conseil national des jeunes de Côte d’Ivoire (Cnjci), Vivien Anoh l’a félicitée en lui offrant des cadeaux.

L’ayant approchée, nous avons noté que Yoyo habite dans une maison sans eau courante et dans un état de délabrement avancé à Alépé, au quartier Sodefor, à Alépé. « C’est à l’âge de deux ans que j’ai été handicapée à la suite d’une maladie. Sinon, à la naissance, je n’étais pas handicapée », précise-t-elle. Avec les deux pieds atrophiés, elle ne peut marcher, ce qui complique et réduit ses déplacements.

« Je suis originaire de la sous-préfecture de Bingerville. Je suis arrivée à Alépé avec mon mari avec qui j’ai vécu sept ans. Malheureusement, il m’a abandonnée sous prétexte que je ne marche pas. En réalité, ce sont ses amis qui l’ont poussé à me laisser », affirme-t-elle. Yoyo se retrouve seule avec ses trois enfants. L’aînée, après plusieurs échecs au baccalauréat, est sans activité. Le second, lui, a décidé d’apprendre la mécanique pour gagner son pain quotidien. Quant au troisième, il est en classe de quatrième dans un collège privé.

« La fabrication de l’attiéké est très difficile, surtout avec mon état… »

À la question de savoir quels étaient ses besoins, elle a marqué une pause et a eu un regard embarrassé. En fait, elle ne voulait pas en parler parce qu’elle ne veut pas mendier. Mais avec insistance et après que nous l’ayons encouragée, l’avoir rassurée, elle a poussé un grand ouf avant de dire ceci : « La fabrication de l’attiéké est très difficile, surtout avec mon état. Actuellement, j’ai besoin d’une broyeuse de manioc, d’un tricycle pour convoyer mes bagages et pour mon approvisionnement en eau parce que la fabrication nécessite beaucoup d’eau, alors que je n’en ai pas ici ».

À travers la fabrication et la vente de l’attiéké, Yoyo a tout simplement choisi de transformer l’adversité en combat quotidien pour la survie de sa famille. Son histoire force l’admiration et illustre bien la capacité de certaines personnes à trouver la force d’avancer même lorsque la vie semble leur imposer certaines lourdes épreuves.

Tanoa Josiane

Correspondant régional


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