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Côte d’Ivoire. Commerçants déguerpis du carrefour Siporex : Nous pas bouger !

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Une semaine après le déguerpissement du carrefour Siporex à Abidjan dans la commune de Yopougon, des occupants (vendeurs de divers articles) n’ont pas totalement quitté les lieux. Ils rodent toujours autour et certains sont assis dans des coins du site et en bordure de voies, exposant leurs marchandises aux passants.

Nous sommes au célèbre carrefour Siporex de Yopougon ce vendredi 5 juin 2026. Les effets des opérations de déguerpissement menées par les autorités municipales sont visibles. Le carrefour très bruyant et beaucoup fréquenté ne l’est plus. Les installations anarchiques des commerçants ont été détruits. Mais les occupants sont encore présents sur le site, assis sous les arbres plantés le long de la voie qui mène au palais de justice. Ils gardent secrètement à leurs côtés de gros sachets noirs dans lesquels ils ont emballé leurs marchandises (vêtements chaussures et accessoires). D’autres ont le courage de tenir quelques-uns de leurs articles en main, qu’ils présentent aux passants. Quelques commerçants installés au rez-de-chaussée des immeubles ont ouvert leur magasin. Ces derniers n’ont pas été touchés par le déguerpissement. D’autres commerçants déguerpis ont pu négocier une place devant ces immeubles pour exposer leurs marchandises.

Pendant ce temps, des opérations de destruction des installations anarchiques se poursuivaient encore. Des débris de planches et autres matériaux ayant servir à construire ces installations sont entassés et brulés. Des magasins construits en dure en bordure des voies sont également touchés. « En dehors des immeubles, ils ne vont donc pas laisser un seul bâtiment débout ! », s’étonne un des marchands ambulants du coin. Il avait un sachet noir contenant ses marchandises et brandissait quelques-unes aux passants.

Du côté du marché des vivriers appelé également marché Gouro, sous les hautes tensions, il ne reste plus grand-chose. Toutes les installations ont été détruites. Mais des femmes ne se sont pas éloignées du lieu pour autant. Certaines se sont installées le long de la voie, avec leurs marchandises. « C’est ce commerce que je fais pour m’occuper de ma famille. Je n’ai pas grand moyen pour me trouver une bonne place », confie cette vendeuse de poisson. On trouve ainsi du poisson, des aubergines, du piment, des mangues, etc, en bordure de cette voie qui mène vers Port-Bouet 2.

Quand l’anormal devient normal

Mainte fois des installations illégales des commerçants et commerçantes ont été démolies sur ces sites. Autant de fois, ces personnes y sont revenues comme si rien n’a été fait. Pourtant quand on observe de plus près, ces marchands ne devraient pas s’installer sur ces sites. Là où se trouvait le marché des vivriers, il y a les hautes tensions, un danger permanent. Les files transportent une grande quantité d’électricité. Un drame peut survenir à tout moment surtout en cas de rupture de câble. Au carrefour Siporex, il y a une cité habitée comportant des garages, des espaces verts semés d’arbres. C’est cet espace vert qui est occupé par des commerçants, restauratrices et autres. La cité est devenue un marché. Et voilà le désordre et les nuisances sonores.

Tout cela est anormal. Mais on laisse faire. On laisse les personnes s’installer là où il ne le faut pas. Et elles exercent leurs activités pendant des années sans être inquiétés. Et avec le temps, ces personnes pensent qu’elles sont installées régulièrement et qu’ils sont dans leur droit. Surtout, et c’est le comble, quand les services de la mairie leur imposent des taxes journalières. Ces personnes se disent : « la mairie nous donne maintenant le droit de nous installer puisque nous payons les taxes ». Ce qui est anormal devient donc normal. Quand les bulldozers arrivent pour détruire leurs installations, elles trouvent donc normal de se plaindre d’avoir été déguerpies. Les réseaux sociaux sont inondés d’images de victimes de déguerpissement. De images accablent les pouvoirs publics de ne pas penser aux pauvres aux populations vulnérables.

Ces pouvoir publics gagneraient donc à ne pas laisser perdurer le désordre. Il ne faut pas laisser les gens s’installer là où il ne le faut pas. Il faut agir le plus tôt possible afin que ce qui est anormal ne devienne pas normal. Cela éviterait des occupations irrégulières sur des sites à risques ou des lieux publics et même des drames.

Diomandé Karamoko


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