Au Grand carrefour d’Anyama, sur l’axe Abidjan-Adzopé, il est un peu plus de 12 h. Cet endroit grouille du monde avec de nombreux vendeurs ambulants à la criée qui proposent leurs marchandises : pain, œufs, fruits, boîtes de conserve, diverses boissons, de l’eau en bouteille ou en sachet… La particularité de ces vendeurs est qu’ils courent sans cesse derrière les cars de transport en commun ou des véhicules personnels, au risque de leur vie lorsqu’on connaît l’imprudence de certains conducteurs.
Ces vendeurs ont entre 9 et 40 ans. Mariam, 13 ans, en fait partie. Après plusieurs va et vient incessants avec des bouteilles d’eau soigneusement rangées dans des sachets, elle marque une petite pause. Le temps de reprendre ses forces pour poursuivre son activité. Interrogée, elle hésite à répondre à nos préoccupations. Après avoir reçu une pièce de 500 F, avec un large sourire, elle accepte enfin de se confier à nous. « Je vends ici tous les jours. Lorsque je vois des cars venir, je cours rapidement pour proposer de l’eau aux passagers. Ce n’est pas facile ». À la question de savoir si elle n’a pas peur d’avoir un accident de la circulation, elle répond tout simplement que tout est dans la main de Dieu.
Sékou lui, dit être élève en classe de 4e actuellement en vacances. Au lieu de rester oisif à la maison, il a décidé de venir aider sa grande sœur en vendant des œufs. « Je n’ai pas peur de courir derrière les voitures. Je fais très attention. Actuellement, je suis un habitué », dit-il avec un regard papillonnant. Il a rapidement mis fin à la causerie lorsqu’il a aperçu un car qui tentait de négocier une place pour s’arrêter. À son retour après seulement quelques minutes, il est content d’avoir réalisé une bonne affaire. « Tonton, tu vois, je viens de vendre pour 300 F », dit-il en souriant.
Créer des espaces de vente sécurisés
Bintou, elle, se dit très inquiète, surtout que nous étions à la veille de la fête musulmane de la tabaski. Elle constate que, contrairement aux autres jours, de nombreux véhicules ne marquent pas d’arrêt. « Je cours seulement aujourd’hui depuis le matin. Beaucoup de cars ne s’arrêtent pas pour permettre à leurs passagers de faire des achats. Je suis fatiguée. Mais, peut-être dans l’après-midi, je vais réussir à vendre mon pain », confie-t-elle avec espoir.
Entre les chutes, les bousculades et le manque de respect des règles élémentaires de la circulation, l’activité de ces vendeurs se déroule dans un environnement extrêmement dangereux. Les risques qu’ils prennent en cherchant leur pitance journalière, mettent non seulement leur vie en péril mais aussi celle des usagers de la route. À Tiassalé, dans la région de l’Agnéby-Tiassa, en 2016, deux vendeurs ambulants avaient été tués à un corridor.
Il est donc plus que nécessaire de mener des campagnes de sensibilisation à la prudence pour les vendeurs, et de conseiller aux conducteurs d’éviter les arrêts brusques ou les achats en pleine circulation.
Les autorités compétentes pourraient, entre autres mesures, créer des espaces de vente plus sécurisés et impliquer surtout les forces de l’ordre pour faire respecter les règles de sécurité à ces endroits précis
Tanoa Josiane
Correspondant régional
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Agriculture. La Côte d'Ivoire et l’Uemoa adoptent une feuille de route jusqu'en 2040
-
Côte d’Ivoire. BEPC 2026 : 306 000 admis, le taux franchit 52 %
-
Francophonie. Laurent Wauquiez plaide pour une organisation qui « bénéficie à la fois aux pays africains et à la France »
-
Francophonie : Abidjan accueille 500 opérateurs économiques
-
Cacao. Les cours ont chuté de 70 % depuis fin 2024 : Abidjan et Accra contre-attaquent
-
Côte d’Ivoire. 6 kg de drogue saisis à Yopougon (Abidjan)
-
Côte d’Ivoire. Meurtres rituels : Surpris avec le corps sans vie d’un enfant de 5 ans, il montre les tombes de trois autres victimes
-
Chris de Mens : l’icône togolaise qui sublime l’élégance africaine
-
« CÔTE D’IVOIRE 1966 » : 60 ans de silence , enfin brisé
-
Kibarou . Le moment choisi était il approprié ?
-
Mondial FIFA 2026 : Les Éléphants font une entrée victorieuse
-
Côte d’Ivoire. Dans les hôtels : Bonjour la taxe de nuitée
-
Côte d’Ivoire. Reportage : Sur les ruines de Koumassi Campement détruit, flotte un drapeau ivoirien
-
Côte d’Ivoire. Psychose à Andé : Un présumé coupeur de têtes arrêté après deux meurtres
-
Côte d’Ivoire. Le Ghana rapatrie 327 ressortissants après la destruction du quartier Zimbabwé à Abidjan
-
Côte d’Ivoire. Cybercriminalité : Coffré pour la vente en ligne de meubles virtuels
-
Côte d’Ivoire. Onu : attirer plus d’Ivoiriennes dans les opérations de maintien de la paix
-
Fourniture de services d'accès à Internet fixe par satellite : la société Starlink se déploie en Côte d’Ivoire dès juillet 2026
-
Côte d’Ivoire. La route a encore tué : 8 morts entre Niakara et Katiola
-
L'enquête du jeudi : Côte d’Ivoire- Véhicules électriques : (2/2)- Particuliers et transporteurs publics freinent
-
Côte d’Ivoire. « Désormais avoir beaucoup d’argent sans pouvoir justifier l’origine expose à des poursuites » ( Procureur de la République)
-
Les supporters des Éléphants au Mondial de football 2026 : « Nous ferons entendre notre voix » (Jennifer Bo)
-
L'enquête du jeudi: Côte d’Ivoire- Véhicules électriques : (1/2)- Ça démarre très lentement
-
Côte d’Ivoire. Démolition du Campement de Koumassi : Un ex-adjoint au maire recherché par la justice
-
CEDEAO . Politique agricole régionale :la Côte d"Ivoire prépare un atelier de validation.
-
Côte d'Ivoire. Agriculture : Bruno Koné renforce la coopération avec les États Unis
-
Développement. « La Côte d'Ivoire a fait un chemin extrêmement important » (Ousmane Diagana, Banque mondiale)
-
Au Burkina Faso, les concours de beauté ont été interdits
-
Mondial de football: L’Ambassade de Côte d’Ivoire aux Usa met en garde contre les ventes parallèles de tickets
-
Côte d’Ivoire. Criminalité financière : un atelier national pour traquer l’argent sale
-





