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Culture

Reportage . Sur les traces de Samory Touré (3/3)- Il y a 128 ans : « Boribana » à Guélémou : du lieu historique au village moderne

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Albert Dely Gué, chef de village de Guélémou.

« Aujourd’hui, en avril 2026, en moins d’une heure contre cinq il y a une décennie, nous parcourons les 68 kilomètres qui séparent Guélémou du chef-lieu du département de Biankouma. Dans le village, dans presque toutes les maisons d’habitation, le courant électrique a pris la place des lampes tempêtes et des bougies. Sans exagération aucune, Guélémou est en plein dans la dynamique du développement économique et social. Les populations reconnaissantes disent merci au président de la République Alassane Ouattara, celui qui a fait de Guélémou, une localité hier enclavée, un village quasi moderne aujourd’hui » a dit Albert Dely Gué, chef de village de Guélémou.

En 1898, Guélémou était un bourg d’environ une certaine d’habitants, vivant dans une cinquantaine de cases rondes coiffées de chaume.

Septembre 1898 - avril 2026. Plus d’un siècle écoulé. Exactement 128 années écoulées, Guélémou est une agglomération peuplée de 13 101 âmes : des paysans burkinabè, maliens, togolais. baoulé, lobi, gouro et autochtones yacouba.

Autrefois, une destination touristique privilégiée

De 1960 à 1975, Guélémou était une destination touristique privilégiée dans la région de Man. Le flux de touristes s’est progressivement estompé de 1973 à 1975, avec l'avènement de la mort de la vieille « Goh Pouléh » , la destruction de la résidence de Samory Touré et l’abattage de l’iroko sous lequel aimait se détendre l’almamy.

Aujourd’hui , à Guélémou, les cases rondes ont presque toutes disparu, cédant la place aux maisons à la forme rectangulaire et coiffées de tôles ondulées. Guélémou a une belle école primaire publique qui a enregistré, au titre de l’année scolaire 2025-2026, plus de 530 écoliers, un centre de santé, une maternité et enfin dispose de trois pompes villageoises destinées à l’approvisionnement en eau potable.

À cause de son sol fertile, de sa pluviométrie abondante, sa végétation caractérisée par une forêt encore dense et une population travailleuse, Guélémou est en passe de devenir un pôle économique très important dans le département de Biankouma, principale zone productrice de riz paddy, de maïs, patate douce, bananes plantains et surtout de café et de cacao, principales cultures de rente.

« Une antenne téléphonique et un château d’eau, c’est ce qui nous faut pour que Guélémou soit un village moderne accompli et pourquoi pas un village dit émergent ? » a conclu le chef de village.

Honoré Droh

Correspondant régional


Encadré 2

BORI BANA ! : la course est terminée !

Selon la tradition orale, certains sofa (soldats) de Samory Touré à Guélémou, lorsqu'ils ont vu leur maître courir alors que le camp était assiégé lui auraient dit : « Bori banan », expression malinké signifiant : « fin du parcours ». « Maître, inutile de courir, nous sommes pris au piège" aurait dit un des sofas.

Ci-dessous, voici le récit du sergent français, chef du détachement qui a arrêté Samory Touré :

« À 600 ou 700 mètres plus loin, c’est le campement de Samory. On y pénètre au pas de course, rien ne nous a signalés. On tombe là comme si on tombait du ciel. Là aussi, la surprise, la faim, le découragement ont hypnotisé tout le monde, une grande ville ambulante.

La direction est la case de Samory et ce n’est qu’à 100 mètres que l’almany aperçoit notre avant-garde . Lui aussi est surpris. La première pensée est la fuite. On le voit courant entre les cases, la tête coiffée d’une chechia sur laquelle est enroulé le turban blanc apparaît toujours et nous sert de point de mire.

Après avoir traversé son campement, il cherche à prendre la route et s’engage dans un petit bois. C’est là que trois tirailleurs sénégalais lui barrent le passage et que je lui mets la main dessus.

C’est un homme fou, il crie, il gesticule, il m'entraîne du côté du campement, demandant à être tué devant sa case. Le lieutenant Jacquin arrive avec sa section à ce moment là, je lui remets mon prisonnier. Le capitaine Gouraud lui promet la vie sauve ».

Sergent Brattieres

Extrait d’une lettre publiée dans Bulletin du Comité de l'Afrique française, N° 1, janvier 1899. Source : Mémorial de la Côte d’Ivoire


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