Informés plusieurs heures après l’arrestation de Samory, le chef du village de Guélémou, flanqué de certains de ses notables se rendent sur les lieux, en vue de s'imprégner des réalités sur le terrain. Le camp de Samory Touré était vide. La poudrière vidée de son contenu. Pas un seul cheval. Plus un seul sofa. Certains neutralisés, d’autres ayant pris la fuite. Samory Touré, lui-même emmené par les colons.
C’est sur le chemin de retour au village, dans la broussaille, non loin de la case d’habitation de Samory Touré que le chef du village ramasse un sabre qui aurait appartenu à Samory Touré. Un sabre long de 1,60 mètres, au bout effilé et à double tranchant. Un peu plus loin, l’attention du chef de village et ses acolytes est captée par les gémissements d’une jeune fille.
Lire aussi :(1/3)- Il y a 128 ans : « Boribana » à Guélémou, le village où la course s’est arrêtée pour Samory Touré
Celle-ci est recueillie et conduite au village. C’est elle qui, plus tard, sera affectueusement appelée « Goh Pouléh », à cause de la blancheur éclatante de ses cheveux. Elle se faisait aussi appeler : Mah Siammy. Elle a également dit qu’elle était Malinké. « Goh Pouléh », enfant, avait vécu dans le cercle familial restreint de Samory Touré. Elle a été abandonnée par les siens après la capture de Samory Touré.
Goh Pouléh, la survivante, aimait raconter aux tout-petits les aventures de Samory Touré
« Goh Pouléh » a vécu, grandi et s’est mariée à Guélémou. Elle est l'arrière-grand-mère de l’actuel chef du village de Guélémou. Elle est surtout l’une des rares survivantes très adulée des touristes africains et européens qui séjournaient à Guélémou. Les soirs, dans sa case, au coin du feu alimenté par des fagots de bois secs, elle aimait raconter aux tout-petits les aventures de Samory Touré. Ce, jusqu’au soir de sa mort le 2 juillet 1975.
Quant au sabre ramassé dans le périmètre de l’habitation de Samory Touré, il est encore jalousement conservé dans la plus vieille case sacrée du village. La maison personnelle de Samory Touré en ruines, a été détruite. Dans la vaste cour du camp, l’iroko sous lequel Samory Touré aimait se prélasser dans un hamac après ses différentes randonnées a été abattu. La relique a été dessouchée par un marabout sénégalais en 1973, avec la promesse de revenir construire une belle mosquée à l’endroit.
Honoré Droh
Correspondant régional
Encadré 1
L’arsenal de guerre de Samory Touré
En 1896, Samory Touré est dans le viseur de l’armée coloniale française. Traqué, il quitte la zone des savanes du Nord de l’actuelle Côte d’Ivoire et va chercher refuge dans le paysage montagneux de l’Ouest. Entre 1897 et 1898, des postes militaires stratégiques sont installés par l’administration coloniale française dans les régions du nord, centre et de l’ouest de la Côte d’Ivoire pour traquer Samory Touré. Le 29 septembre 1898, il est arrêté à Guélémou par le sergent Brattieres, aidé par des tirailleurs et aussitôt remis au capitaine Gouraud. Samory Touré sera ensuite déporté au Gabon.
Après son arrestation, l’armée française découvre avec stupéfaction l’arsenal de guerre de Samory Touré. Pour les différents déplacements de ses troupes, Samory Touré disposait d’un mulet et de 60 chevaux. Son armement comprenait : 20 barils de poudre de canon, 85 caisses de cartouches de divers modèles, 4 fusils modèle « 1886 » avec baïonnettes, 60 fusils GRAS réglementaires, 15 fusils « Martini », 600 fusils à tir rapide de divers modèles et 1000 fusils à silex.
Extrait du rapport de Chaudié. Janvier 1899. Mémorial de Côte d’Ivoire
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire : Autoroute du Nord, un accident de la route fait 9 morts et plusieurs blessés
-
Côte d’Ivoire .Décès de Maférima Bamba Fouetay Epouse M’Bahia: Dominique Ouattara apporte son soutien à la famille
-
Les Éléphants battus à domicile : « Qu’on nous fasse venir Haller ! »
-
Gala de Children of Africa — Marie -Roger Biloa : « Les fonds collectés seront utilisés à bon escient (…) pour les enfants et les femmes de Côte d’Ivoire »
-
Côte d’Ivoire. Georges Taï Benson : le CÉNACLE rend hommage à l’icône des médias
-
Côte d’Ivoire : des collectivités épinglées par la Cour des comptes
-
CNID : la Côte d’Ivoire mise sur l’innovation verte
-
Affaire Aminata Seck : l’ordre d’expulsion annulé, mais...
-
Côte d’Ivoire : la Cour des comptes relève un excédent budgétaire de 268 milliards FCFA en 2024
-
À Genève, la Côte d’Ivoire échange avec le Nicaragua sur l’avenir du cacao
-
Diaspora .Dr John Tra, le trait d’union médical entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire
-
Côte d’Ivoire : « La Récré des Livres avec Tata Nahomi » pour donner le goût de la lecture aux enfants
-
La Côte d’Ivoire, 75e pays à signer les accords Artemis de la NASA
-
Côte d’Ivoire : un remorqueur sans visite technique épinglé
-
Côte d’Ivoire : face à la menace des éléphants, des paysans abandonnent leurs champs
-
L’enquête du jeudi. Boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé : le terre-plein transformé en parking
-
Côte d’Ivoire.La COM-AGRID renforce la coordination de la communication agricole
-
Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : 30 pick-up, 300 motos et des drones pour renforcer la traque
-
Diaspora. Mahé Michel, l'étudiant devenu président de la communauté des Ivoiriens en Thaïlande
-
Washington , DC : le Président du COSIM salue l’action de l’Ambassade de Côte d’Ivoire
-
Éliminatoires CAN 2027 : En dernières minutes, les Éléphants font chuter Ocean Stars de Somalie (2-0)
-
ONU : la société civile de l’Est de la RDC dénonce une « guerre économique » alimentée par les minerais
-
Côte d’Ivoire .Facobly se dote de ses premiers engins de travaux publics
-
Côte d’Ivoire : Opération Épervier Spécial à Daloa, un réseau présumé de trafic de stupéfiants démantelé
-
À Harvard, Bruno Koné présente sa vision pour la modernisation de l’agriculture ivoirienne
-
Nialé Kaba : une offensive diplomatique à New York
-
10ᵉ Dîner de Gala de la Fondation Children Of Africa : Abidjan se prépare à une grande soirée de solidarité en faveur de la jeunesse
-
Côte d’Ivoire. Koumassi Campement - Des familles déguerpies paralysent la rentrée scolaire
-
Témoignage. Lucien Houédanou : Mes rencontres avec le centenaire Olympe Bhêly-Quenum
-
66ème du Mali indépendant : Faire du président Modibo Kéita un héros national !
-





