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Politique

Côte d'Ivoire. Des habitants de Bôdô (Tiassalé) demandent pardon, après les violences contre les autorités

Publié le :

Bôdô (N'Douci), 14 mai 2026. Entourée de représentants de la communauté, Mademoiselle Yanvo Solange, membre de la Mutuelle de développement de Bôdô, lit la déclaration officielle par laquelle les habitants ont demandé pardon au président Ouattara et au ministre Pierre N'gou Dimba, cinq jours après les violents affrontements du 9 mai (Photo : R.M.)

Un millier d’habitants de Bôdô, village de la sous-préfecture de N'Douci dans le département de Tiassalé, se sont rassemblés jeudi 14 mai 2026 à la place publique pour présenter leurs excuses au président Alassane Ouattara, au gouvernement et au ministre Pierre N'gou Dimba. La cérémonie intervient cinq jours après les violents affrontements du 9 mai qui avaient contraint le ministre, le préfet de région Sihindou Coulibaly et leurs délégations à quitter les lieux sous escorte. Plus de soixante personnes avaient été placées en garde à vue à la suite de ces événements, selon un communiqué des initiateurs de la cérémonie.

La déclaration officielle a été lue par Mlle Yanvo Solange, membre de la Mutuelle de développement de Bôdô. « Nous exprimons ici notre profonde compassion aux autorités de l'État et demandons humblement pardon pour des actes regrettables qui se sont produits dans notre localité », a-t-elle déclaré au nom des habitants. La cérémonie, initiée par Rocheteau Marius Yapo, cadre originaire du village, s'est tenue en présence des chefs de communautés religieuses et ethniques, des responsables d'associations de femmes et de jeunes, ainsi que des représentants des communautés étrangères établies à Bôdô.

Le 9 mai, une réunion de conciliation avait dégénéré en émeute. Le ministre Dimba s'était rendu dans ce village de la sous-préfecture de N'Douci, au PK 108 de l'autoroute du Nord, pour convaincre les propriétaires terriens d'accepter une indemnisation de 1 000 F CFA le mètre carré dans le cadre du projet de plateforme économique de 2 500 hectares, qu'il porte depuis 2022. L'interpellation d'un jeune du village, Hyppolite N'Guessan, au cours des échanges, avait mis le feu aux poudres. Le ministre, le préfet de région Sihindou Coulibaly et leurs délégations avaient été exfiltrés sous escorte. La résidence et le véhicule du chef du village avaient été incendiés. Plus de soixante personnes avaient été placées en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Tiassalé.

La chefferie régionale avait réagi dès le 12 mai. Réunis à la préfecture d'Agboville, les chefs de villages de l'Agneby-Tiassa avaient condamné les violences. Dans une déclaration lue par Nanan Boka II, chef du village de N'Douci, la Chambre régionale des rois et chefs traditionnels avait dénoncé « des actes de barbarie » et apporté son soutien au ministre, au préfet de région et au chef du village de Bôdô.

Le jeudi 14 mai, les habitants ont réaffirmé leur attachement à la paix et à la cohésion sociale, invitant les jeunes à « privilégier la voie de la responsabilité et de la concertation ».

Doutchin Diarra




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