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Reportage- Abidjan : en attendant le métro à N'Dotré

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Un camion-grue manœuvre sur la piste de terre latérite du chantier de la future station de N'Dotré-Agripac, le jeudi 7 mai 2026 matin. Au second plan, le bâtiment technique, déjà hors d'eau, aux couleurs blanc et bordeaux du projet. Les rails posés sur leur ballast s'étendent en arrière-fond vers le nord (Photo : D.D.).

Sur le chantier de la station du métro à N'Dotré, au carrefour Agripac, les structures sortent de terre. Le jeudi 7 mai 2026, ouvriers et engins témoignent d'un avancement concret de la construction de la ligne 1 du métro d'Abidjan, plus grand chantier d'infrastructure de Côte d'Ivoire. À quelques mètres, les riverains, usagers quotidiens de la Société des transports abidjanais (SOTRA), attendent.

Il est 9 heures passées. Sur le site du carrefour Agripac, à N'Dotré, l'air sent déjà la latérite humide et le gasoil. Un camion-grue orange manœuvre lentement sur la piste défoncée, sa flèche pointée vers une zone de déchargement encombrée de gravats. Des barrières rouge et blanc délimitent les zones de passage. Cinq ouvriers en gilets fluorescents et casques jaunes vissés sur la tête, inspectent de grandes dalles préfabriquées en béton. Alignées entre deux murs de soutènement immaculés, ces dalles sont destinées à couvrir les caniveaux placés en fond de fouille, visibles sur plusieurs dizaines de mètres. L'un des ouvriers lève le bras, donne une indication brève. Les autres s'exécutent sans un mot. À droite, les rails posés sur leur ballast de gravier gris filent vers l'horizon, droits et nets. À gauche, un bâtiment technique blanc aux encadrements bordeaux se dresse, déjà imposant, sur une terre rouge. Le visage de la future station de N'Dotré commence à prendre forme.

Conçu dans les années 1970 par la Direction et contrôle des grands travaux (DCGTx), ancêtre du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), le projet de métro d'Abidjan a longtemps stagné, pénalisé par la crise économique des années 1980, puis par des décennies d'instabilité. Relancé à partir de 2011 par le Président Alassane Ouattara, il constitue aujourd'hui le plus grand projet d'infrastructure du pays depuis cinquante ans.

Le Quatrième du continent

Estimé à environ 1 166 milliards de francs CFA, soit 1,77 milliard d'euros, le projet est financé essentiellement par la France, via le Trésor français et un pool bancaire composé de la Société générale, BNP Paribas et BPI France. Le chantier est confié au consortium français regroupant Bouygues Travaux Publics, Colas Rail et Alstom, ce dernier chargé de la fourniture des rames et de la signalisation. Avec 37,4 kilomètres de tracé et 18 stations à l'ouverture, 20 à terme, le métro d'Abidjan sera, selon les projections officielles, le quatrième du continent africain et le deuxième système automatisé d'Afrique.

« On a hâte que ça se termine »

À quelques mètres des palissades, Konan Hervé, habitant du quartier depuis douze ans, résume d'un trait : « Les bruits commencent dès 8 heures du matin, parfois avant. On s'y est habitués, on comprend que c'est pour le bien de tout le monde. »

À l'arrêt de la SOTRA le plus proche, une longue file de passagers piétine sur le bord de la voie dans la chaleur montante. Adjoua Bamba, employée dans le Plateau, scrute sa montre. « Si le métro était là, je ne ferais pas cette queue tous les matins. Ça va décongestionner le trafic, c'est sûr. » Elle repart au pas de course vers un bus qui arrive enfin.

Un peu plus loin, Moussa Diallo, enseignant à la retraite, élargit la perspective :« ce qui est bien avec ce métro, c'est que les gens auront le choix. Bus, taxi, métro : plusieurs modes de transport, s’offriront, c'est une vraie modernisation pour Abidjan. »

Mais Awa Traoré, vendeuse ambulante installée dans le quartier, pose la question qui revient souvent dans les discussions de rue : « si les billets sont trop chers, les pauvres gens ne pourront pas utiliser le métro. Il faut que les prix soient accessibles, pour que tout le monde en profite, pas seulement les cadres. »

500 000 passagers attendus chaque jour

Selon le ministre des Transports, Amadou Koné, la ligne 1 sera capable de transporter plus de 500 000 passagers par jour. Elle traversera sept communes du district d'Abidjan : Anyama, Abobo, Adjamé, Plateau, Treichville, Marcory et Port-Bouët, en longeant sur environ 32 kilomètres la voie ferrée Abidjan-Ouagadougou-Kaya. Dans les quartiers nord comme à Abobo, plusieurs milliers de personnes peinent quotidiennement à accéder au centre-ville en raison de la congestion du trafic. La station de N'Dotré-Agripac s'inscrit dans ce corridor stratégique nord-sud, au cœur des communes les plus peuplées du Grand Abidjan. En janvier 2026, le chantier affichait un taux d'avancement de 65 %, selon le ministère des Transports. La mise en service est prévue pour fin 2028, selon le gouvernement ivoirien.

Ce matin-là, le chantier de N’dotré tournait. Dans quelques années, les rames passeront.

Doutchin Diarra



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