La Commission électorale indépendante a été dissoute, au moment où on s’y attendait le moins. Une décision des pouvoirs publics, dont ne se plaignent pas du tout, ceux qui en avaient après cette structure. Avec en prime, ces gros mauvais perdants qui la tenaient pour responsable de leurs débâcles électorales et autres infortunes politiques. Ces derniers observent là, une façon assez malsaine de se soulager moralement d’une défaite politique, en se rabattant sur un bouc émissaire institutionnel. Alors qu’ils sont en réalité assez loin d’afficher un profil des plus attrayants, susceptible de forcer l’admiration des électeurs. Comme ils ne peuvent non plus, tenir des discours, tout aussi convaincants face à ceux-ci. D’autres par contre, auraient bien voulu être auparavant informés de cette décision de dissolution et donner leur avis, comme si cela pouvait fondamentalement changer quelque chose.
En attendant donc l’avènement du nouveau mécanisme annoncé, le temps est aux commentaires et supputations les plus malveillantes, quant aux prétendus préjudices et tords que la défunte Commission électorale indépendante aurait causés.. Ici et là, on s’efforce de faire croire dans les débats télévisés, au cours des causeries de salon, comme au sein de simples cercles d’amis, que c’est seulement maintenant que les pouvoirs publics ; après s’en être bien servi au profit du parti au pouvoir, ont pris conscience des tares pourtant longtemps décriées de cette CEI, et juger bon ainsi, de mettre fin à son existence. Des propos qui donnent dans le négativisme absolu, qui aurait caractérisé la CEI depuis sa création.
Du coup, l’ objectif de vouloir améliorer davantage le processus électoral en Côte d’ Ivoire, de lui conférer plus de crédibilité et partant de renforcer l’esprit démocratique, que les pouvoirs publics ont avancé pour justifier cette dissolution, est balayé du revers de la main par nombre d’entre eux.
Dans les différents partis, comme au niveau de certains acteurs politiques, naguère en manque de grains a moudre sur l’échiquier politique national, on s’adonne déjà aux réflexions et aux fantasmes relatifs à ce que devra être, le prochain mécanisme, régissant l’organisation des élections générales en Côte d’Ivoire. Tandis que pour la société civile singulièrement, la tendance est au souhait de voir arriver une structure purement apolitique. Autrement dit, qui ne comptera aucun membre ou représentant d’un quelconque parti politique. Mais cela est il véritablement réalisable ? Quand on sait que nul ne peut prétendre ne pas avoir de penchant politique national ? Que ce soit en permanence ou momentanément. Ou même, ne serait ce que le temps d’une élection.
La plupart des politiques aussi bien pour le compte de leurs partis, ou individuellement, voudraient être activement et intimement impliqués dans la conception de ce nouveau mécanisme quel qu’il soit. Ils entendent même s’exprimer d’une voix commune là -dessus. Cela augure déjà des confrontations, des déclarations et critiques plus ou moins acerbes de points de vue et de manière de procéder, auxquelles il faut s’attendre. Pour l’heure, le fait qui ne souffre d’aucun doute, est la volonté manifeste des pouvoirs publics, de changer totalement la donne ; en matière d’élection politique en Côte. Et cela, à la satisfaction de tous les Ivoiriens. On reste tout simplement en attente.
Moussa Ben Touré
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