Mamadou Traoré, dit « Bob », a été élu président du Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d'Ivoire (REPPRELCI) le samedi 9 mai 2026, lors de la 6ᵉ Assemblée générale ordinaire élective tenue à l'Hôtel Warf de Grand-Bassam. Ancien vice-président du réseau et ex-directeur de publication de l'Agence ivoirienne de presse (AIP), il succède à Lassina Sermé, à la tête du réseau depuis décembre 2019, dont le mandat arrive à terme.
Dans son discours de passation, le président sortant Lassina Sermé a rendu hommage à ses deux prédécesseurs : Barthélemy Kouamé, fondateur du réseau, et le Dr David Youant. Il a ensuite présenté son bilan 2020-2025 articulé autour de trois acquis structurants : l'obtention du récépissé définitif du ministère de l’Intérieur, processus engagé depuis novembre 2006, une déclaration fiscale d'existence et une immatriculation à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). Le réseau est ainsi doté d'une personnalité juridique complète.
Sur le plan opérationnel, le REPPRELCI a conduit plusieurs projets de lutte contre la désinformation avec des partenaires internationaux : Unesco, Organisation internationale de la Francophonie et Union européenne. Ces projets ont couvert la Côte d'Ivoire et la Guinée. Le réseau a également soutenu financièrement ses membres durant la crise Covid-19, grâce à des fonds mobilisés auprès du Fonds de soutien et de développement de la presse (FSDP).
La même journée, la plateforme de fact-checking Ivoire Check, structure juridique du REPPRELCI, a reçu officiellement la certification de l'Initiative pour la confiance dans le journalisme (JTI). C'est le président sortant, Lassina Sermé, qui a réceptionné la distinction au nom du réseau. Développée en 2019 à l'initiative de Reporters sans frontières, la norme vise à promouvoir des standards internationaux d'indépendance éditoriale. Le directeur de la JTI, Benjamin Sabbah, a estimé que cette certification « montre qu'il est possible de renforcer la confiance dans l'information, en s'appuyant sur des engagements concrets de transparence et de responsabilité éditoriale ». À ce jour, plus de 2 450 médias répartis dans 131 pays participent au processus ; en Côte d'Ivoire, une quarantaine de médias se sont engagés dans cette démarche.
À sa prise de fonction, Mamadou Traoré a tracé les grandes lignes de son mandat : création d'un laboratoire d'aide à la production numérique, mise en place d'une plateforme mutualisée de monétisation des audiences et renforcement de la formation à l'intelligence artificielle. « Pourquoi courir après Google Adsense quand nous pouvons vendre nos propres audiences ? », a-t-il déclaré. L'assemblée a par ailleurs procédé à l'élection de deux commissaires aux comptes : Kalou Noël, de La Tribune de l'Info, et Oumar Kobenan, de Radio Gbêkê FM. Elle a également adopté deux modifications statutaires : la durée du mandat présidentiel est fixée à trois ans, renouvelable une seule fois, et la caution exigée des candidats à la présidence passe de 50 000 à 100 000 francs CFA.
En amont du scrutin, le professeur Irié Bi Gohy avait ouvert les travaux par une conférence inaugurale sur le thème « Le REPPRELCI, vingt ans après : renforcer l'intégrité et la viabilité des médias numériques ». Il a appelé à monétiser les contenus, nouer des partenariats solides et adopter une gouvernance rigoureuse.
Fondé le 2 septembre 2006 à Abidjan par Barthélemy Kouamé, le REPPRELCI regroupe aujourd'hui plus de 300 organes de presse en ligne sur l'ensemble du territoire ivoirien. La faîtière a pour mission de structurer et promouvoir la presse numérique, de défendre les intérêts de ses membres et de contribuer à un environnement médiatique éthique et professionnel. C'est dans cet élan que le nouveau président entend inscrire son action, avec pour boussole la viabilité économique des médias numériques ivoiriens.
Doutchin Diarra





