En attendant l’installation effective de la grande saison pluvieuse sur le littoral, les pouvoirs publics ont engagé une campagne de sensibilisation sur les dispositions à prendre, pour prévenir les conséquences désastreuses, mais surtout mortelles des inondations qui en résultent désormais à Abidjan particulièrement. En fait, la Côte d’Ivoire n’échappe plus depuis plusieurs années maintenant, à l’avènement des inondations mortelles. Pas uniquement par ce que les quantités d’eau de pluies qui tombent sont si volumineuses, que les exutoires et autres canaux conçus pour les drainer sont dépassés, ou mal entretenus. Pour surmonter ce facteur explicatif, d’importants investissements sont réalisés en vue de redimensionner les ouvrages concernés qui l’exigent, réhabiliter ceux qui sont si fortement dégradés, qu’ils ne répondent plus. Ou encore, construire de nouvelles canalisations, pour contenir le flots d’eaux de ruissellement attendus.
Pour autant, le constat fait est que, c’est à un perpétuel recommencement que l’on s’adonne chaque année aux mêmes pratiques. En effet, à côté de ces travaux précités, sont aussi menés à grand frais, les opérations de curage des caniveaux, bien souvent avec une certaine révoltante désinvolture. En ce sens que, les détritus sortis des caniveaux qu’ils obstruent, sont régulièrement abandonnés sur les bord de ces conduites d’évacuation, jusqu’ à ce qu’ils se retrouvent de nouveau à l’intérieur, charriés par les pluies et par des individus dans le voisinage, se plaignant des multiples désagréments qu’ils en subissent. Ce fait est répété tous les ans, comme une fatalité à la quelle il faut devoir se plier. Et comme si les causes étaient ignorées de tous, ou simplement immaitrisables. La survenue constante de cette situation relève plutôt d’une négligence coupable, à imputer aux initiateurs de ces opérations de curage des caniveaux. Puis que, rien qu’en observant la nature même des éléments qui composent les déchets retirés des caniveaux, l’on remarque qu’ils sont pour l’essentiel constitués d’emballages plastiques. Précisément de sachets, de bouteilles d’eau, de jus de fruits, jetés dans ces conduites d’eau de ruissellement après consommation de leurs contenus. Des gestes condamnables, devenus pratiquement anodins, auxquels ne regards sont si habitués et sont occasionnés par les acteurs du secteur informel. Ils pullulent au quotidien, aux abords des grandes voies ; tenant des gargotes, des bistrots de fortune, des maquis assez mal famés. Ou encore vendant des fruits, de la viande boucanée, des vêtements….bref un peu de tout. Les déchets solides et liquides que ces différentes activités génèrent au quotidien sont éliminés tous les soirs, nuitamment pour certains dans ces caniveaux, se trouvant à proximité, sinon dans les environs. C’est bien là, une réalité qu’aucune autorité municipale n’ignore et qui malheureusement ne semble plus choquer aussi, la conscience collective. Tant elle devenue courante et quotidienne.
Les pluies tomberont encore une fois cette année, charriant ces déchets non ramassés, on ne sait où. Et une fois la saison terminée, on passera là-dessus. L’année prochaine, on revivra le même phénomène on posera les mêmes actes. Et on sera toujours confronté aux mêmes difficultés. N’est il pas plus simple d’empêcher ces acteurs de l’informel d’occasionner de telles situations ? Les opérations de déguerpissement menées sur les trottoirs des grandes artères ne les ont apparemment pas curieusement concernés. Et pourquoi ?
Moussa Ben Touré
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