Les travaux de la construction du grand marché d’Abobo avaient suscité de l’enthousiasme au sein de la population. Aujourd’hui, c'est la totale désillusion : le chantier est à l’arrêt depuis environ un an. Et aucun signe apparent de reprise n’est constaté sur le terrain. Les autorités municipales non plus, qui avaient initié ces travaux, ne donnent aucune information sur la situation.
Une clôture de tôles, avec des affiches en partie déchirées, indiquent de loin qu’un grand marché y sera construit. A l’intérieur de la clôture, c’est un vaste chantier qui a l’air d’avoir été abandonné. Des herbes folles ont poussé. Il n’y a plus aucun engin, plus aucune personne qui y travaille en dehors des vigiles qui veillent à l’entrée de la clôture. Seuls quelques conteneurs sont installés sur le chantier.
Pourtant il y a environ un an, le chantier en question grouillait de machines et de gros camions qui entraient et ressortaient avec des chargements de terre rouge. Des travaux de terrassement avaient lieu. Avaient suivi d’autres travaux préliminaires. Après ces travaux, tout s’est arrêté sur le chantier alors que lors de la libération du site en juin 2024, les autorités municipales promettaient 24 mois pour finir la construction du nouveau marché.
« Il y a longtemps que les travaux se sont arrêtés »
Certains commerçants que nous avons rencontrés non loin du site s’interrogent sur la reprise des travaux de construction du marché. « Il y a longtemps que les travaux se sont arrêtés », indique ce boucher qui tient sa boucherie à quelques mètres du lieu. « Savez-vous pourquoi ? ». « On ne sait pas. C’est là le problème », fait-il savoir. Sa voisine vendeuse de légume non plus n’en sait davantage. Salimata D quant à elle s’en remet à Dieu et patiente. Tous, comme bien d’autres commerçants tiennent leur commerce dans la rue autour de la clôture du chantier de construction du marché.
En effet, c’est sur le site de l’ancien marché que sera construit le nouveau. A l’occasion de la démolition de cet ancien marché, le maire de la commune a trouvé trois sites de recasement pour les commerçants. Il s’agit des marchés d’Abobo Sagbé et d’Abobo Belle Cité (BC) et celui d’Abobo-Baoulé. Mais tous les commerçants ne sont pas allés sur ces sites et se sont retrouvés aux alentours du chantier.
Un grand marché moderne : promesse non tenue
Ainsi, les rues qui le bordent sont devenues des marchés où l’on retrouve à la fois dans le même rayon des vendeurs de vêtements et vendeuses de poissons, des vendeurs de fruits et légumes et ceux de jouets et bien d’autres articles. Certains sont installés sous des parasols, d’autres ont pu se construire des magasins de fortunes. « Je n’ai pas trouvé de place sur les sites de recasement. C’est pourquoi je suis revenue m’installer ici », explique Salimata D. Elle ajoute que tous les commerçants déguerpis n’ont pas trouvé de place sur les sites de recasement mis à disposition par la mairie. Selon certaines vendeuses interrogées, ces marchés sont éloignés. En allant s’y installer, elles pourraient perdre leur clientèle.
Les autorités municipales ont décidé d’offrir à la commune d’Abobo un grand marché moderne. L’ancien marché faut-il le rappeler, a été à plusieurs reprises victime de grands incendies. Le 20 juin 2024, ce marché a été démoli en vue de laisser place à un grand marché ultra moderne. Il sera un bâtiment R+3 bâti sur une superficie de 3 hectares. Il va comporter plus de 500 places de parking, dont 272 places en parking souterrain. Sa construction coûtera 42 milliards de francs CFA. Mais cette construction prévue pour durer 24 mois, reste pour le moment une promesse non tenue.
A la mairie, silence radio
Pour connaître les raisons de l’arrêt du chantier, nous avons décidé d’approcher les services compétents de la mairie. Sur une fiche que l’on nous a remise au bureau du secrétaire général de la mairie, nous avons mentionné l’objet de notre visite. C’était le lundi 20 avril 2026. Ce dernier bien que présent ce jour n’a pas pu nous recevoir, certainement trop occupé. Nous repassons alors le mercredi 22 avril 2026. L’on nous fera savoir que non seulement, il n’est pas présent, mais qu’il ne reçoit pas ce jour non plus. Nous décidons alors de voir M Diabaté Bè, l’un des adjoints au maire de la commune. Ce dernier nous a à son tour conseillé de passer par la direction de la communication qui pourra nous orienter vers les personnes ressources. Mais la responsable de la communication qui n’est autre que la directrice de la radio de la commune, que nous avons pu joindre par téléphone, n’a pas encore donné suite à notre requête. « Je fais un point et je vous reviens », a-t-elle promis après nous avoir entendu. Mais depuis lors, silence radio. Un mutisme de la part de la mairie, qui interpelle et laisse les populations dans l’incertitude.
Diomandé Karamoko





