« Noura » de la conteuse malienne Amaïchata Salamanta et « Trilogie des Voix » de la compagnie Tam-Tam Théâtre de la République démocratique du Congo (RDC) :
La salle Niangoran Porquet du Palais de la Culture Bernard Binlin-Dadié, a accueilli a 18 h30, Noura, récit porté par Amaïchata Salamanta, fondatrice de la compagnie N’ga Bolo Hen. Sur scène, un décor simple – tabouret, castagnettes, petite kora – évoquait un village de l’Ouest malien. La conteuse a introduit l’histoire de Finidougou, où Noura, jeune femme mariée à Hamed, est bannie après la mort prématurée de son époux. Réfugiée dans la forêt, elle élève seule sa fille jusqu’à l’adolescence. Découverte par un chasseur, l’enfant est conduite au village et épouse le prince, futur roi.
La narration s’est enrichie du jeu des marionnettes, qui a donné corps aux personnages et accentué la dimension dramatique du récit. Les gestes précis, accompagnés de la musique et des chants, ont renforcé l’atmosphère féérique et captivé l’attention du public.
La mère, inconsolable, erre près du marigot et chante pour les jeunes filles. Ses chants, repris par les enfants, révèlent la vérité. Le roi ramène alors Noura au village et rebaptise celui-ci Kènèyadougou, (Village de la guérison).
Le spectacle, mêlant oralité, musique et gestes lyriques, a suscité l’émotion du public. « Elle gagnerait à améliorer sa diction », a confié le comédien Kéita, témoin de la représentation. L’œuvre illustre la force du conte comme outil de mémoire et de justice sociale.
Une polyphonie vivante
À 20 h 30, la même scène de la salle Niangoran Porquet a vibré au rythme de Trilogie des Voix, création de la compagnie Tam-Tam Théâtre de RDC. Trois chaises, trois conteurs dont une femme : la scénographie minimaliste a laissé place à une polyphonie vivante. Alternant chants, danses et imitations d’instruments, guitare, trompette, flûte, les artistes ont exploré des thèmes universels : amour, trahison, solidarité, respect de la nature, parole donnée et paix.
Le public a été conquis par l’énergie et la fluidité du jeu. « Spectacle bien rythmé et accrochant par le jeu naturel des conteurs », a résumé Séri Fidèle, spectateur enthousiaste. Pendant une heure, la troupe a démontré la puissance du récit collectif et la richesse des traditions orales africaines.
Ces deux représentations ont illustré la diversité des formes du conte au MASA : d’un côté, l’histoire singulière de Noura, transformée en acte de résistance ; de l’autre, la polyphonie de Tam-Tam Théâtre, célébrant la parole partagée. Ensemble, elles ont rappelé que le conte, au-delà de l’art, demeure un vecteur de cohésion et de transmission.
Le MASA 2026 a ainsi offert une soirée où la voix des conteurs a résonné comme un patrimoine vivant, entre mémoire et modernité.
Douchin Diarra
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire – États-Unis : un deuxième accord Compact signé pour transformer le secteur de l’énergie
-
Cybercriminalité. Le jeune ingénieur rattrapé à son retour de France par son passé de brouteur
-
Côte d'Ivoire. Six produits vivriers sur la table du ministre Comoé
-
Coopération- La Côte d’Ivoire signe un partenariat stratégique avec le groupe privé américain ABD Group
-
Chroniques du MASA- Deux scènes, une même blessure
-
Chronique du MASA2026- Financement des arts du spectacle africain : des milliards disponibles, des projets trop petits
-
L’enquête du jeudi. Art et numérique : (2)- « Notre musique est partout mais nos poches sont vides » (chanteur de coupé-décalé)
-
L’enquête du jeudi. Art et numérique : (1)- Comment internet appauvrit les artistes
-
Arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud : une extradition vers le Bénin en cours
-
Financement du développement : La Côte d’Ivoire se dote d’un fonds souverain
-
Départ du chef du Département Afrique du FMI : la Côte d’Ivoire rend hommage à Abebe Sélassie, un partenaire clé
-
Chronique du MASA 2026. Deux spectacles de conte entre résistance et polyphonie
-
Francophonie. Louise Mushikiwabo et Alassane Ouattara préparent le Sommet de Phnom Penh
-
Les critiques pleuvent Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump fait exploser sa fortune
-
Swan et Kayikwamba conviennent de soutenir les efforts en faveur de la paix en RDC
-
Chronique du MASA 2026. Gbi de Fer fait rire de l’Etat où tout va bien
-
Côte d’Ivoire. Taxis à l’arrêt (Reportage)
-
Chronique du MASA 2026. Transe et rock du Maroc
-
MASA 2026 : le Village de l'Innovation, nouveau laboratoire des industries culturelles africaines
-
AES vs. CEDEAO : Abidjan ouvre le jeu et joue franc jeu… Illusion ou realpolitik ?
-
Polémique sur l’achat de vues : la toile guinéenne s’enflamme
-
Côte d'Ivoire- Banque mondiale et FMI : Adama Coulibaly à Washington , DC pour “les réunions du printemps”
-
Côte d’Ivoire. 14e MASA : Brésil et Maroc à l'honneur à Abidjan, capitale des arts vivants africains
-
Kibarou . La Côte d’Ivoire culturelle en action
-
Côte d'Ivoire - Deuil. Dominique Ouattara exprime sa compassion à la famille de Me Tano Emmanuel
-
Côte d'Ivoire - Désordre urbain : Hien Sié fait raser les garages sauvages au bord la nouvelle voie Y4
-
UEMOA. « Une croissance économique qui reste très forte » (Abdoulaye Diop)
-
Côte d’Ivoire. Environnement :un comité d’experts pour identifier et protéger les zones riches en biodiversité
-
Côte d'Ivoire - Partis politiques : le RHDP aux côtés du PDCI « un signe de décrispation » (Tidjane Thiam)
-
Côte d'Ivoire. « L’ instabilité du réseau électrique freine l'attractivité industrielle » (Diabaté Gabriel Djibril)
-





