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Côte d’Ivoire. Virus de la mosaïque : les boutures de manioc de l’Ouest sous embargo

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Le ministère de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières (MINADERPV) a notifié, par circulaire du 20 mars 2026, l'interdiction de tout prélèvement et transport de boutures de manioc en provenance des zones infestées de l'Ouest du pays. La mesure vise à contenir la propagation de la souche ougandaise du virus de la mosaïque du manioc de l'Afrique de l'Est (EACMV-Ug), confirmée dans cette zone.

« Tout échange formel ou informel entre producteurs est également proscrit », précise le texte signé par le directeur général des Productions et de la Sécurité alimentaire, le professeur Pascal Kouassi Tehua Angui. L'interdiction s'applique sans distinction aux circuits officiels et aux pratiques habituelles d'échange de boutures entre agriculteurs, mode de propagation principal de la maladie.

Selon une étude publiée le 4 mars 2026 dans la revue scientifique Viruses, les champs prospectés en 2025 couvrent la bande frontalière avec le Libéria, de Taï à Toulepleu et la frontière guinéenne, de Danané à Odienné. Le sud-ouest, frontalier du Libéria, présente le taux d'infection le plus élevé.

L'Agence nationale d'appui au développement rural (ANADER), le Centre national de recherche agronomique (CNRA) et le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA), aux côtés des directions déconcentrées du MINADERPV et de l'Organisation interprofessionnelle agricole du manioc (OIA-Manioc), sont chargés de diffuser la circulaire et d'en assurer l'application sur l'ensemble du territoire. Aucun traitement curatif n'existe contre cette maladie virale : seules les mesures préventives peuvent en limiter la propagation, clarifie la note circulaire.

L'urgence de la décision se lit également dans les chiffres. En Ouganda, dans les années 1990, cette même souche a fait chuter la production nationale de 3,5 millions de tonnes à 500 000 tonnes, avec une perte financière annuelle estimée à 36,4 milliards de francs CFA et la mort de milliers de personnes. En Côte d'Ivoire, le manioc affiche une récolte annuelle avoisinant 7 millions de tonnes, ce qui en fait l'une des deux premières cultures vivrières du pays avec l'igname. Le gouvernement visait 8 millions de tonnes de production en 2025, dans le cadre d'une politique agricole qui place la culture au cœur de la souveraineté alimentaire.

« La Direction générale des Productions et de la Sécurité alimentaire compte sur la responsabilité et la vigilance de tous pour préserver le potentiel de production du manioc en Côte d'Ivoire. »

 Car au-delà d’une filière, c’est la sécurité alimentaire nationale qui se joue, et chaque bouture préservée est une récolte sauvée.

Doutchin Diarra


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