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Internationale

"Individu dangereux", "folie"... Des voix s'élèvent contre Donald Trump

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Ce sont 40 jours de stupéfaction qui viennent de s’achever pour la classe politique américaine. À quelques heures d’une échéance à laquelle son président menaçait de “faire disparaître” la civilisation iranienne, celui-ci a proclamé un “cessez-le-feu complet”. Trump a assuré cette nuit qu’en échange de l’arrêt des bombardements pendant deux semaines, l’Iran acceptait “l’ouverture complète, immédiate et sûre du détroit d’Ormuz”.

C’est déjà une vision très partielle de la situation. Si les deux camps semblent bien parvenus à un accord, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien exige le droit de coordonner tout le trafic maritime à travers le détroit, et ce, à l’aide de ses forces armées. Téhéran ne veut pas relâcher la pression et envisage, avec Oman, d’instaurer une taxe de transit aux navires, selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim.


Trump balaie déjà le plan iranien

Les navires passeront donc, mais resteront soumis au bon vouloir du régime de Téhéran. Donald Trump a déjà balayé le plan en 10 points présenté par les Iraniens comme leurs conditions de paix, tout en attaquant CNN pour l’avoir diffusé.

Pour les républicains du Congrès, restés discrets durant toute la durée de la campagne de bombardement, c’est quand même une grande victoire. “Excellente nouvelle”, a réagi le sénateur Rick Scott, de Floride. “C’est un premier pas décisif pour demander des comptes à l’Iran et montrer ce qui se passe lorsqu’un dirigeant privilégie la paix par la force plutôt que le chaos et les politiques d’apaisement timides.”

Le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, l’un des plus virulents à l’égard de l’Iran, a déclaré mardi soir qu’il partageait l’espoir que “nous puissions mettre fin au règne de terreur du régime iranien par la voie diplomatique. [...] Nous devons nous rappeler que le détroit d’Ormuz a été attaqué par l’Iran après le début de la guerre, détruisant ainsi la liberté de navigation. À l’avenir, il est impératif que l’Iran ne soit pas récompensé pour cet acte hostile envers le monde.”

Menace de génocide

Du côté démocrate, le son de cloche est tout autre: “Le président a menacé de commettre un génocide contre le peuple iranien et continue de brandir cette menace”, a réagi sur les réseaux sociaux la députée new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez. Elle a ajouté que le cessez-le-feu “ne changeait rien” à la situation, tout en appelant à la destitution du président.


Des dizaines de démocrates de la Chambre des représentants, dont l’ancienne présidente Nancy Pelosi, avaient appelé à une procédure de destitution face à la rhétorique de plus en plus agressive de Trump. Certains évoquaient le 25ᵉ amendement, une procédure constitutionnelle visant à déclarer un président en exercice incapable d’exercer ses fonctions.


Chuck Schumer, le chef de file démocrate au Sénat, s’est dit heureux “que Trump ait fait marche arrière et cherche désespérément une issue à ses fanfaronnades ridicules”. Il avait qualifié plus tôt le président de “personne extrêmement malade” qui menait une “guerre gratuite et de son propre chef”.

Nouveau TACO ou grande victoire

Républicains et démocrates semblent encore une fois divisés par une lecture résolument contradictoire des mêmes événements. Pour les uns, une surenchère guerrière sans précédent, aussi coûteuse que meurtrière, s’est terminée par un nouveau TACO (“Trump Always Chickens Out” : “Trump se dégonfle toujours”). Pour les autres, la démonstration de force a eu exactement l’effet escompté.

Certains tentent de rationaliser le fait que leur président ait explicitement menacé de commettre des crimes de guerre, voire un génocide, relève The Guardian. Dan Crenshaw, un républicain du Texas critique envers Trump, a fustigé ceux qui, selon lui, le prennent trop à la lettre. “Le président Trump s’exprime en termes de PUISSANCE, qui est le seul langage que nos adversaires comprennent. Les déclarations diplomatiques soigneusement formulées font plaisir à l’ONU, mais ne mènent à rien.”

Un lourd bilan humain

Il reste à démontrer que le cessez-le-feu débouchera sur une fin durable des hostilités. Le bilan se chiffre à treize morts et à au moins une douzaine de blessés graves, pour les Américains. Un porte-parole de l’armée évoquait auprès de The Guardian 200 blessés début mars, en précisant qu’au moins 180 d’entre eux étaient déjà de retour en service. Le coût matériel s’élève à près d’un demi-milliard de dollars rien qu’avec les appareils détruits.

Du côté iranien, le nombre de morts est estimé à 3.540 par l’organisation américaine de défense des droits humains HRANA. Parmi eux, 1.616 étaient des civils, dont au moins 244 enfants.

Les autorités irakiennes évoquent quant à elles 108 morts, et le gouvernement libanais chiffre le bilan à près de 1.500 personnes tuées dans les frappes israéliennes. Tsahal aurait perdu dix soldats sur le sol libanais, tandis que 19 Israéliens ont été tués dans des frappes

Matthias Bertrand



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