Depuis son lancement en 2013 par le Président de la République, S.E. M. Alassane Ouattara, le Prix national d’Excellence s’est imposé comme l’un des symboles les plus forts de la reconnaissance du mérite en Côte d’Ivoire. Chaque année, à l’occasion des célébrations du 7 août, dans le cadre solennel du palais présidentiel, en présence du Président de la République et de son épouse, ainsi que de nombreuses personnalités politiques locales et étrangères, la nation rend hommage à celles et ceux qui incarnent le travail bien fait, l’intégrité et l’excellence.
Au fil des éditions, ce prix a su distinguer des figures emblématiques telles que A'Salfo du groupe Magic System ou encore la sprinteuse Murielle Ahouré. Le nombre de lauréats est passé de 40 en 2013 à 87 en 2025, preuve d’une volonté d’élargir le champ de reconnaissance. Sur le papier, la diaspora ivoirienne est également concernée. Mais dans les faits, nombreux Ivoiriens de la diaspora, notamment ceux vivant en Amérique du Nord, ne connaissent pas l’existence de ce prix et, pire encore, ne savent pas à quel interlocuteur s’adresser pour y postuler.
De nombreuses questions demeurent sans réponse.
Beaucoup d’informations contradictoires sur les modalités de candidature circulent encore. Certains ont reçu l’information qu’il faut passer par les ambassades, d’autres par le ministère des Affaires étrangères, et d’autres qu’il faut candidater en ligne. Ce flou administratif constitue déjà un premier obstacle majeur.
Mais le problème va plus loin. Les critères et exigences actuels, tels que publiés sur le site officiel (*) posent une véritable barrière à l’entrée. Exiger, par exemple, une carte CMU ou un relevé d’identité bancaire d’une banque ivoirienne revient, de facto, à exclure une grande partie de la diaspora, pourtant engagée au quotidien dans la promotion de l’image de la Côte d’Ivoire à l’international.
À cela s’ajoute une autre zone d’ombre : en cas de sélection, qui prend en charge les frais de déplacement vers Abidjan ? Cette absence de visibilité décourage, à juste titre, de potentiels candidats pourtant méritants.
Le constat est sans appel : en 2025, aucun Ivoirien de la diaspora n’a été distingué. Faut-il en conclure qu’aucun ne mérite cette reconnaissance ? Ou plus simplement que le système actuel, par ses critères de sélection les tient à l’écart ?
Il est temps d’y apporter des réponses concrètes.
La diaspora ivoirienne est un levier stratégique pour le rayonnement du pays. Elle innove, entreprend, excelle dans des environnements souvent très compétitifs, tout en contribuant activement au développement économique et social de la nation. L’ignorer, même involontairement, dans un dispositif aussi symbolique que le Prix national d’Excellence, revient à passer à côté d’un pan entier du génie ivoirien.
Les solutions existent pourtant. Elles passent par une meilleure communication, une clarification des procédures de candidature et surtout une adaptation des critères aux réalités de la diaspora.
La date limite de dépôt des candidatures pour l’édition 2026 est fixée au 30 avril, il reste donc encore du temps aux organisateurs pour corriger ces imperfections du système.
(*) https://www.prixdexcellence.gouv.ci/detail_prix/82
Gile Farese
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