Qu’ en est-il de la gouvernance locale en Cote d’ Ivoire ? En effet, la décentralisation dont il est question, est une expérience de gestion des populations locales qui a connu des évolutions non négligeables en soi. Il y a eu le temps des mairies, aux administrateurs non élus, des préfets maires au cours des années 1960, jusqu’en 1980. Seules quelques grandes villes de l’époque ont porté ce titre. Puis a suivi l’extension de l’expérience à l’ensemble de tous les chefs lieux de département, avec des gestionnaires élus au suffrage universel. Des communes, auxquelles sont allouées des deniers publiques, à titre de budget. L’administration centrale s’est ainsi progressivement dessaisie d’un certains nombre d’actions avec en prime les investissements orientés dans les secteurs de l’éducation, la santé, la construction des marchés, des foyers de jeunes et dans celui du social. Puis sont venus les Conseils généraux qui se limitaient aux départements ,transformés plus tard en Conseils Régionaux ,prenant en compte tous les départements d’une région donnée.
Dans la même veine , il fallait élargir les compétences de ces mairies et conseils régionaux, pour consolider l’assurance quotidienne du bien être des populations de l’arrière pays. Et cela, conformément aux besoins croissants exprimés par celles ci. La décision a été légalement actée. Mais sans que les indispensables moyens financiers, que requiert ce transfert de compétences ne suivent. Ces moyens restent encore à la disposition de départements ministériels pour la plupart. Mais dont on parle rarement, avec toutes les précisions requises, sinon presque jamais. Il en est de même des raisons explicatives de l’ineffectivité de ce transfert de compétences sur le terrain, bien que sous-tendu par une loi. On aurait dit que cela relève d’un blocage volontaire, qui semble favoriser une bonne partie de l’ Administration centrale. Qui veillerait donc à ce que les véritables freins audit transfert, ne soient jamais rompus. Sinon, comment comprendre que plusieurs fois de suite, les Collectivités décentralisées aient solennellement posé le problème sans succès de solution ? Si ne ce sont que les perpétuelles engagements pris de solutionner le problème. Sans plus.
Toutefois, cet état de fait ne saurait non plus expliquer, cette incapacité de nombre des ces Collectivités à prendre de nobles initiatives de développement non plus. Tel que leurs populations l’attendent d’elles. Tout porte à croire dans leur fonctionnement quotidien, qu’elles restent plutôt viscéralement accrochées aux traditionnels secteurs d’investissement de base que sont l’éducation, la santé, le social, pour lesquels on peut dire qu’elles sont subventionnées par les pouvoirs publics. Très peu d’initiatives sont prises et d’efforts sont déployés par les unes et les autres, pour évaluer et vanter les potentialités économiques et industrielles de leurs localités. En vue d’attirer par ce fait même, des investisseurs. Qu’ils soient nationaux ou étrangers. Certaines n’ont même pas réussi à délimiter et à aménager avec toute les précisions techniques recommandées, une zone industrielle attractive, des espaces commerciaux modernes, sur leur territoire communal. Aucune promotion économique ou commerciale de leurs communes ou régions n’est en réalité menée. Et ce manque criant d’esprit de créativité au service du développement local, il faut le reconnaître, a été exacerbé ces dernières années, par les grands programmes nationaux de développement régional initiés et conduits par l’Etat, au titre de la reconstruction nationale, au sortir de la crise que le pays a connue. On s’est donc davantage croisé les bras pour nombre d’entre elles et attendre que l’Etat travaille. Cette énième rencontre sur la décentralisation qui vient de se tenir à Yamoussoukro, devrait permettre aux collectivités de sortir des sentiers battus. La mairie de Bouaké s’y est essayée avec son Forum « Investir à Bouaké ». Et les résultats sont encourageants. Ses congénères pourraient lui emboîter le pas. Tant il est vrai que, l’imitation n’a jamais été l’expression d’une quelconque faiblesse. Toute chose que les Asiatiques ont bien comprise depuis d’ailleurs.
Moussa Ben Touré





