Dans les quartiers populaires d’Abidjan, notamment à Koumassi, des jeunes garçons, originaires du Niger, sillonnent les rues munis de leurs ciseaux. Ils proposent des services de pédicure et de manucure à bas prix. Une activité ancienne source de revenus pour ces jeunes mais qui n’est pas sans risques pour les clients.
Dans les ruelles, la présence des pédicures ambulants se fait remarquer par le bruit du claquement métallique de leurs ciseaux. Cela leur sert de signal. À la main, un petit sac contenant leur matériel : ciseaux, petites lames, des couteaux tranchants et un flacon en plastique blanc qui contient une solution savonneuse. On ne sait pas trop comment les interpeler pour leurs services. « On les siffle. Tu peux dire : Monsieur ou coupe-ongles », affirme Kouadio Sylvestre. Dès qu’ils viennent, ils s’accroupissent comme s’ils vous attendaient.
Les pédicures ambulants ont la même technique
Le mercredi 25 mars 2025, nous sollicitons leurs services dans le but de connaître un peu leur quotidien. « Bonjour Monsieur ! Vous pouvez me couper les ongles ? », avons-nous demandé à un jeune pédicure. Il répond affirmativement d’une voix peu audible et avec un regard fuyard. Il s’appelle Aboubacar Ibrahim. Il est Nigérien. Assis sur un banc ou une chaise, le client comme moi, tend ses pieds ou ses mains, pendant que le jeune s’active. Avant de commencer le travail, il applique de la mousse savonneuse sur les orteils et procède au nettoyage des ongles. Le geste est rapide et précis. L’intervention dure quelques minutes seulement. A l’image d’Aboubacar Ibrahim, tous les pédicures ambulants ont la même technique. Ils sont très discrets.
Le tarif est fixe et accessible
Le tarif est fixe et accessible : 100 francs CFA pour les deux pieds, et le même prix pour les deux mains. Selon Aboubacar Ibrahim, père de famille, la journée peut être rentable. « Je peux avoir au moins 20 clients par jour », confie-t-il. Cela représente un gain journalier de 2 000 francs CFA. Une somme modeste mais essentielle pour subvenir à ses besoins et soutenir sa famille au pays. Les clients sont majoritairement des hommes, attirés par la rapidité et le faible coût du service. « Avec eux, c’est rapide et moins cher », affirme Diallo Oussou.
Des craintes d’infections ou de coupures
Malgré ces avantages, ces pédicures ambulants ne font pas l’unanimité. Certains se montrent prudents. « Il faut être vigilant. Souvent, ils coupent mal vos orteils. Cela peut provoquer un panaris ou des infections », prévient Coulibaly Ahmed. L’absence de normes d’hygiène et l’utilisation d’outils rudimentaires sont sources de risques d’infections et de coupures. C’est pourquoi d’autres préfèrent se tourner vers les dames pédicures dans les salons d’esthétique ou confier cette tâche à leurs proches. « Je n’ai pas le temps d’aller au salon chez les dames. Je préfère laisser ma femme s’en occuper », soutient Ballo Adama.
Entre nécessité économique et préoccupations sanitaires, ces pédicures de rue continuent de faire partie du quotidien urbain des communes populaires.
Mouhamed I. Koné
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara au sommet franco-africain « Africa Forward » de Nairobi
-
Côte d’Ivoire. Match entre une footballeuse et un escroc : 7 millions de francs CFA envolés
-
Côte d'Ivoire. Téné Birahima Ouattara encourage l’accès des femmes militaires aux postes de commandement
-
Côte d'Ivoire. Distillerie : Une usine pour produire de l’alcool de canne à sucre à Ferkessédougou
-
Félix Tshisekedi conditionne les élections de 2028 à la fin de la guerre dans l’Est
-
Salon international du Contenu audiovisuel d'Abidjan (SICA) : Amadou Coulibaly lance officiellement la 4ème édition
-
Côte d’Ivoire. Président Ibrahim Coulibaly Kuibiert : de la CEI au Conseil d'État
-
L'enquête du jeudi. Guerre aux affiches sauvages : (2/2)-Trop de panneaux éblouissants à Abidjan
-
L'enquête du jeudi. Guerre aux affiches sauvages à Abidjan : (1/2)- « On nettoie le matin ; le soir, c'est recouvert »
-
Mondial 2026 : fédéraux sénégalais privés de visa, l’ambassade des États-Unis explique
-
Côte d'Ivoire. 115 000 milliards à mobiliser pour le Plan national de développement
-
Côte d’Ivoire. Élections : RIP la CEI
-
Côte d’Ivoire. Abidjan : les enfants mendiants : envahissent les rues
-
Côte d’Ivoire. Agenda 2063 : Le Représentant de l’Union africaine présente sa feuille de route
-
Côte d’Ivoire. Conseil des droits de l’homme: le nouveau président présente l’état des lieux
-
À Washington DC, la Côte d'Ivoire fait découvrir ses richesses touristiques et gastronomiques
-
À l’UJIF, une assemblée générale sous tension évite de justesse la scission
-
Côte d’Ivoire : 4 600 milliards FCFA annuels perdus dans l’orpaillage illégal
-
Cacao. Front commun Côte d'Ivoire et Ghana contre les pressions du marché
-
Côte d'Ivoire. Combien d’agriculteurs ?
-
Côte d’Ivoire.Prix National d’Excellence 2026 : Le délai de soumission des candidatures prorogé au 15 mai
-
Côte d’Ivoire. Accident : Un homme écrasé par un conteneur
-
Coopération militaire : 30 pays africains en exercice en Côte d’Ivoire avec l’armée américaine
-
Côte d’Ivoire. 142 tonnes d’or fantôme chaque année
-
Kibarou. Que le PND y réponde efficacement
-
Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo : Asalfo félicité par la marraine
-
Côte d'Ivoire. Fête du travail : Face aux doléances, Beugré Mambé exhibe le PND
-
Rapprochement CEDEAO – AES. Lansana Kouyaté en négociateur
-
Côte d’Ivoire. À 15 ans, « Bessé », chef de gang terrorisait N’Dotré à coups de machettes
-
RDC.Assemblée nationale : la proposition de loi sur le référendum déclarée recevable, l’opposition crie au « coup d’État constitutionnel »
-





