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Internationale

Sur l’Iran, Trump opère sa plus spectaculaire volte-face à ce jour

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Depuis son retour au pouvoir, il assume ouvertement qu’il gouverne «à l’instinct».

Droits de douane, Groenland… Donald Trump a habitué les marchés et la communauté internationale à des revirements abrupts, dont sa volte-face sur l’Iran lundi est le plus spectaculaire exemple à ce jour.

Depuis son retour au pouvoir, il assume ouvertement qu’il gouverne « à l’instinct ».

Sur le conflit au Moyen-Orient, le président américain a multiplié les déclarations contradictoires sur les objectifs et le calendrier, pour asséner finalement, le 13 mars, que la guerre finirait quand il « le sentirait dans ses tripes ».

Donald Trump « est passé maître en l’art des virages et des changements soudains. Il est donc difficile de dire s’il y a une stratégie ou si c’est de l’improvisation », soutient Garret Martin, professeur à l’American University, à l’Agence France-Presse.

Ces revirements suivent toujours la même trajectoire.

Le républicain émet des menaces commerciales, diplomatiques ou militaires, souvent assorties d’ultimatums, qui sidèrent le monde entier.

Puis il revient subitement sur ses projets, assure avoir arraché des concessions déterminantes qu’il détaille rarement, et promet une sortie de crise, provoquant de très violents mouvements sur les marchés.


Lundi, ce sont les cours du pétrole qui ont plongé de manière spectaculaire après que Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social la tenue de discussions sur une cessation du conflit avec des responsables iraniens.

« TACO »

Immédiatement après la publication de son message, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a chuté brièvement de plus de 14 %. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a perdu près de 10 %. Ce sont là de très fortes amplitudes.

Le changement de ton pourrait difficilement être plus abrupt.

Samedi encore, il avait donné « 48 heures » à l’Iran pour qu’il rouvre le détroit d’Ormuz, passage névralgique pour le commerce de pétrole, sous peine de frappes massives sur les centrales électriques du pays, sans évoquer le moindre dialogue.

Lundi, il a donné un nouveau délai, de cinq jours cette fois, pour laisser le temps au dialogue de se poursuivre.

Il a évoqué des discussions « très productives » avec des responsables iraniens « très respectés » et « très solides », sans les identifier.

« Toute ma vie a été une négociation, mais avec l’Iran cela fait longtemps que nous négocions. Et cette fois ils sont sérieux ! » a affirmé le président américain dans un discours à Memphis, mettant en avant son instinct d’homme d’affaires plutôt que des concessions précises venues de Téhéran.


Le schéma est si familier qu’il a maintenant un acronyme, consacré par la plume du journaliste du Financial Times Robert Armstrong en mai 2025 : « TACO » pour « Trump always chicken out » (« Trump se défile toujours »).

Démenti iranien

Le terme servait au départ à désigner une stratégie boursière consistant à profiter de la baisse des actifs ou indices après une annonce tonitruante de Donald Trump pour acheter, dans l’espoir de revendre à bon prix après que le président américain aura changé d’avis.

Les commentateurs ont par exemple parlé de « TACO » quand le président — qui déteste cette expression — a annoncé le 2 avril 2025 de lourds droits de douane mondiaux, pour décréter ensuite une pause de 90 jours.

Ou quand il a soudainement renoncé à des menaces sur le Groenland ou dirigées contre le patron de la banque centrale américaine Jerome Powell.

Bien souvent, ces volte-face, si elles ravissent les marchés, restent nébuleuses sur les « accords », les « discussions » ou les « pauses » annoncés par Donald Trump.

Lundi, des dirigeants iraniens ont démenti la tenue de négociations, ce qui a en partie refroidi l’enthousiasme observé sur les places boursières.

Les partenaires ou adversaires des États-Unis savent désormais « qu’il y a toujours quelque chose de précaire avec cette administration, les promesses ne sont valables qu’à la seconde où elles sont faites », note Garret Martin.

L’expert en relations internationales juge que, concernant l’Iran, Donald Trump a reculé sous l’effet de trois facteurs : la nervosité des marchés, de possibles pressions des pays du Golfe, et l’apparition de « tensions » au sein de son mouvement politique « MAGA » (Make America Great Again) face au coût du conflit.


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