Le nombre de 40 minibus mis en circulation pour la phase pilote de ce projet de renouvellement du parc auto des gbakas, n’a pas pourtant augmenté. Bien au contraire, certains de ces véhicules sont en panne faute de pièces, selon des conducteurs. La commercialisation de ces véhicules qui devait favoriser la mise en circulation d’un grand nombre semble également bloquée. Les transporteurs s’intéressent peu à ce projet à en croire des personnes que nous avons pu interroger. « Je pense que le projet n‘a pas intéressé les transporteurs. Vous voyez bien qu’il y en assez en circulation », fait savoir Tra Bi Arnaud, chauffeur que nous avons trouvé au volant d’un gbaka sur la ligne SIPOREX-Palais de justice de Yopougon. Selon lui, les minibus « l’Abidjanais » ne sont pas aussi solides que les gbakas traditionnels. « On ne peut pas rouler toute la journée avec ces véhicules comme on a l’habitude de le faire avec nos gbaka », confie-t-il. Certains conducteurs desdits véhicules ont confirmé ce fait. Les conducteurs de l’Abidjanais qui s’entêtent à maintenir cette cadence voient leur véhicule s’abîmer assez vite. La qualité de ces minibus est ainsi remise en cause par des transporteurs.
« J’ai mon propre véhicule. Ça me suffit », fait savoir un vieux chauffeur, la soixantaine révolue. Il ne veut pas entendre parler de ce projet. Très peu bavard, l’homme a aussitôt redémarré son véhicule sans en ajouter à ces quelques mots. Nous avions voulu en savoir plus sur les raisons de son manque d’intérêt pour ce projet qui devait pourtant l’aider à renouveler son parc auto. Selon M. Aboubacar, un autre conducteur, des transporteurs se sont opposés à ce projet de renouvellement des gbakas. Ils craignent que leurs véhicules disparaissent au profil des minibus proposés par le gouvernement. « Nous les chauffeurs de gbakas, on se paie sur le terrain. C’est ce qui nous arrange », ajoute-t-il. C’est à croire qu’ils se plaisent dans leur traditionnel gbaka, un secteur qui rime avec désordre, bagarres et tracasseries de tout genre tout cela, au détriment des usagers,
La commercialisation lancée
Samou Diawara, directeur de la Communication du ministère des Transports que nous avons eu au téléphone a confirmé que la phase pilote est terminée Et celle de la commercialisation est lancée. Tout transporteur désireux de d’acquérir ces véhicules peut saisir le Fonds de Développement du Transport routier (FDTR). Il a marqué son étonnement quant aux difficultés d’entretien des véhicules évoquées par les transporteurs.
Pour en savoir plus sur le désintérêt que les transporteurs semblent porter au projet, nous nous sommes rendus au siège du FDTR situé à Cocody Angré. Mais nous n’avons pas trouvé le Directeur général de la structure, seul habilité nous a-t-on dit, à répondre à nos préoccupations. Nous avons voulu savoir comment évolue le Fonds, si des transporteurs en ont fait la demande. Nous voudrions également savoir pourquoi en dehors des 40 minibus, aucun autre n’a été mis en circulation.
Quant à STAR AUTO qui a été cité par des témoins, nous avons dû adresser un courrier à son Directeur général (DG), comme nous l’a conseillé M. Dago le conseiller du service après-vente, en vue d’en savoir plus sur la maintenance des minibus l’Abidjanais ainsi que la qualité desdits véhicules. Mais depuis le mois de janvier, date à laquelle nous avons écrit au DG, nous n’avons pas eu de retour. Nous nous sommes rendus à plusieurs reprises au siège de STAR AUTO à Marcory zone 4 à cet effet. Au dernier moment, l’on nous a informé qu’il est soufrant depuis un moment. Il ne vient donc pas au travail. De ce fait sa secrétaire s’absente également. Nous avons demandé à voir son adjoint. Mais l’on nous a fait savoir que ce dernier était également absent. Nous avons nettement eu l’impression que l’on évitait d’aborder ce sujet des minibus « l’Abidjanais » avec nous.
Pour rappel, il faut savoir que, dans le but de moderniser et de professionnaliser le transport urbain en Côte d’Ivoire, le gouvernement a initié le projet renouvellement du parc auto. C’est dans ce cadre que 40 minibus ont été octroyés à crédit à des transporteurs en 2023. Les bénéficiaires ont également bénéficié de formation, leur permettant une gestion rigoureuse des véhicules. Une excellente initiative en soi, qui devait aboutir au renouvellement de l’outil de transport, tel que fortement réclamé par les usagers et favoriser la réorganisation et la modernisation de ce secteur assez vital de l’ économie nationale.
Diomandé Karamoko





