Une quarantaine de minibus dénommés « l’Abidjanais » ont été octroyés aux transporteurs dans le cadre du projet de renouvellement de leur parc auto, très vieillissant. Mais environ 3 ans après cette phase pilote, ce projet tarde à décoller, alors que les clients apprécient bien le service des nouveaux véhicules utilisés. Les bénéficiaires quant à eux, évoquent de multiples difficultés dont la défaillance dans la maintenance des véhicules.
Après la mise en circulation des 40 premiers minibus appelés « l’Abidjanais », devait commencer la phase de la commercialisation à grande échelle des ces véhicules. Les usagers devaient ainsi s’attendre à plusieurs autres véhicules de ce genre dans le transport urbain à Abidjan. Mais cela n’est pas le cas. « Ce ne sont pas tous les 40 minibus qui travaillent actuellement », confie Diarrassouba Hassan conducteur de l’un de ces véhicules que nous avons trouvé à leur arrêt d’Abobo. La raison est que certains sont en panne. Il évoque de réelles difficultés liées à l’entretien de ces minicars confortables spacieux et plus agréables à emprunter.« On trouve difficilement les pièces sur le marché », explique-t-il. Ces véhicules ont été montés dans les ateliers de la Société de Transport abidjanais (SOTRA). N’est-ce pas que la SOTRA pourrait facilement avoir ces pièces ? A cette question, il explique que cette société les a orientés vers STAR AUTO, une entreprise privée, pour tout ce qui relève de la maintenance. C’est elle qui assure le service après-vente. « Mais on n’y trouve pas toutes les pièces du véhicule. Donc cette entreprise ne fait que réparer les plaquettes de freins et faire la vidange », fait savoir le conducteur.
Certains véhicules sont ainsi à l’arrêt pour des problèmes de moteur, de boite de vitesse etc. L’un de ses collègues se plaint du coût élevé des pièces. « Le moteur de ce véhicule que vous voyez là coûte très chers », lance-t-il sans toutefois donner le prix exact du moteur.
Pourquoi les bénéficiaires de ce projet ne s’unissent-ils pas afin de pouvoir facilement trouver une solution à cette situation ? « Des personnes avaient commencé à prendre le devant des choses. Mais, il y a toujours eu des conflits. Aujourd’hui, chacun veille sur son véhicule », confie Diarrassouba. En fait, personne ne veut encore entendre parler de syndicalisme dans ce secteur. Ils veulent laisser derrière eux cette histoire.
Service bien apprécié
Sur les 40 minibus octroyés aux transporteurs, 20 d’entre eux font la ligne Abobo-Adjamé-Abobo tandis que les 20 autres ont été affectés à la ligne Adjamé-Yopougon-Adjamé. Malgré les difficultés évoquées par les transporteurs, le service est bien apprécié par les clients. M. Sylla a l’habitude d’emprunter ces minibus. Nous l’avons rencontré à Abobo alors qu’il s’apprêtait à monter à bord de l’un d’eux pour Adjamé « Ils ne sont pas comme les autres gbakas. Ils arrivent toujours à destination. Et les apprentis se comportent bien avec les clients », confient-il. Dion Estelle est du même avis. Ce sont ces minibus qu’elle emprunte toujours chaque fois qu’elle doit se rendre à Adjamé pour ses courses. « Les chauffeurs conduisent bien. Ils ne vont pas vite et ne freinent pas brusquement. Ils sont prudents », confie-t-elle. Ces minibus estampillés « L’Abidjanais » arrivaient et chargeaient les uns après les autres dans l’ordre.
A bord de l’un de ces véhicules pour Adjamé, le vendredi 9 janvier 2026, nous avons pu vérifier les propos de ces usagers. La conduite du chauffeur nous rassurait déjà. Chaque fois qu’il devait faire descendre ou prendre un client, il prenait soin de bien garer son véhicule sur le bas côté de la voie.Pas d’écart de langage de la part de l’apprenti comme ce que l’on a l’habitude de constater chez les gbakas ordinaires. A Adjamé c’est un rang de clients qui attendent calmement le minibus. Parmi les usagers, se trouvent aussi des élèves et des étudiants. Tous préfèrent l’Abidjanais, certains pour le coût du transport (300FCFA) qui est moindre et adapté à leur pouvoir d’achat. D’autres les empruntent pour la discipline qui prévaut à tous les niveaux. Sur la ligne de Yopougon, nous avons fait ce même constat le lundi 12 janvier 2026. L’apprenti du véhicule que nous avons emprunté ne dit pas le contraire. Il est heureux de travailler avec ces mini bus « l’Abidjanais ». Il n’est plus victime de tracasserie de la part des forces de l’ordre, encore moins des syndicalistes.
Diomandé Karamoko





