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L’Enquête du jeudi. Télé, tablette, téléphone : nocifs ou utiles pour les enfants ? (1/2)- Les écrans déconnectent de la réalité

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Les écrans (tablette éducative, téléphone portable, télévision) font partie intégrante des foyers modernes. Ces appareils sont devenus presque indispensables dans toutes les familles. Les enfants y sont exposés dès leur plus jeune âge et développent parfois une dépendance. Certains parents y voient un complément à l’éducation dans la mesure où l’enfant grandit en apprenant, partant de là, la maîtrise de l’outil informatique. D’autres, par contre, préfèrent opter pour une éducation sans écrans, privilégiant des activités jugées plus saines.

Assis dans le salon de la maison familiale, Paul-Marie, Joseph-Marie, Marie-Christ et Jean- Samuel, âgés respectivement de 6, 13, 16 et 18 ans, tournent en rond et semblent s’ennuyer en cette soirée du jeudi 19 février 2026. Il est 18 heures et les parents ne sont pas encore rentrés du boulot. Chez les Kouadio, la télévision et les téléphones portables ainsi que les tablettes sont interdits durant les périodes scolaires, sauf les congés longue durée et les grandes vacances. Ce temps d’absence d’écrans, ils le mettent à profit en faisant des jeux de culture générale auxquels les parents n’hésitent pas à participer lorsqu’ils sont à la maison. Tout comme eux, Mari Zoundi révèle que depuis qu’elle a coupé les écrans à ses enfants, les liens se sont renforcés dans la famille : « Nos enfants ont appris à s’occuper autrement. Ils échangent entre eux, ils viennent dans notre chambre raconter leur journée », dit-elle, l’air satisfaite de cette décision.

Un choix éducatif

De plus en plus de parents font le choix d’occuper leurs enfants autrement et sainement, loin des écrans, que ce soit la télévision, le téléphone portable et les tablettes. Pour Mme Mari Zoundi, cela relève d’un choix éducatif. Elle soutient qu’il est possible d’avoir des enfants qui ne sont pas dépendants aux écrans. « Chez nous, la télé est éteinte tous les jours, sauf le vendredi soir pour les films en famille et le samedi matin, pour un moment Nintendo entre frères et sœurs », dit-elle. Ce nouveau mode de vie auquel les enfants devront s’adapter désormais n’est pas « de la rigidité » ; « il y va de la construction de sa propre culture », soutient-elle. Abdoul Moumine est aussi de cet avis et affirme : « Je suis d’accord pour l’éducation sans écrans ; d’ailleurs, depuis que ma fille a commencé à s’intéresser aux écrans, plus de télé allumée et plus d’accès au téléphone ».

Le téléphone, la télévision ou encore les tablettes éducatives sont des outils importants mais il arrive qu’ils deviennent une source de distraction, surtout pour les élèves. Ayant fait ce constat, plusieurs établissements scolaires publics ou privés interdisent l’utilisation des téléphones portables par les élèves, au sein de l’établissement. Des enseignants évoquent la distraction et la tricherie en classe. « Le téléphone est strictement interdit en classe et même dans la cour de l’école, pour leur permettre de mieux se concentrer et aussi pour éviter les tricheries, en leur permettant de réfléchir par eux-mêmes. » explique M. Lacina Coulibaly, professeur d’anglais.

Marie-Christ, élève en seconde C au Lycée moderne de Bonoua avoue que ses parents ont pris la décision de leur interdire les écrans lorsque ses résultats scolaires ont drastiquement baissé. M. et Mme Kouadio, les parents ont en effet remarqué que leurs enfants passaient beaucoup de temps devant la télé jusque tard dans la nuit. Ils ont alors décidé qu’il fallait priver toute la famille de télé pour espérer de meilleurs rendements scolaires.

Les écrans déconnectent de la réalité

M. Guei (nom d’emprunt) a été témoin d’une scène qui l’a profondément déconcerté, selon lui. Il explique que des amis à lui sont venus le voir un jour, et pendant tout le temps qu’ils ont passé ensemble, leur enfant, un petit garçon de 5 ans environ était totalement plongé dans le téléphone, sans échanger un seul regard, un seul mot jusqu’à leur départ. Il était comme « déconnecté de la réalité et semblait dans son monde à part », dit-il.

C’est exactement ce que révèle la plateforme de santé Ramsay Services. Selon des experts, une surexposition aux écrans dès le plus jeune âge peut avoir des conséquences sérieuses, surtout chez les tout-petits. Elle augmente les risques d’une baisse de créativité, de mémoire et de concentration. Elle peut causer entre autres, des troubles du sommeil et de l’alimentation, des troubles visuels et plus inquiétant encore, une tendance à l’isolement et au repli sur soi, conduisant à la dépression chez certains adolescents. Toujours selon cette plateforme, les périodes de l’enfance et de l’adolescence sont plus à risque face aux écrans car elles sont déterminantes pour le développement psychomoteur et neurologique.

M. Kouadio, le père des quatre enfants cités plus haut, est fier de voir que ses enfants s’occupent à différentes activités ludiques depuis que lui et sa femme ont pris la décision de leur interdire les écrans. Trois ans auparavant, il offrait des tablettes à chaque enfant à Noel, mais aujourd’hui il affirme que les écrans les déconnectent de la réalité. « Nous avons dû nous résoudre à couper tous les écrans car les enfants passaient tout leur temps scotchés sur la télévision au point où il devenait difficile pour eux d’exécuter les tâches qu’on leur confiait. Pour le plus petit, tant que la télévision était allumée, il refusait de manger, sous prétexte de ne pas avoir faim, alors qu’il ne voulait tout simplement pas quitter ses dessins animés », raconte-t-il.


Marie-Claude N’da


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