La CEDEAO a tiré la sonnette d'alarme depuis Abuja le 28 février 2026 : la guerre entre Israël et l'Iran menace directement les marchés de l'énergie, le commerce et la sécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest. L'organisation, sous la présidence du Chef de l'État sierra-léonais Julius Maada Bio, s'est associée à la position de l'Union africaine pour condamner « l'escalade des hostilités dans la région du Golfe ». Ce qui se joue à des milliers de kilomètres de ses côtes concerne pourtant directement les 400 millions d'habitants de l'espace communautaire, indique un communiqué de l’institution sous-régionale.
Alors que les tensions explosent au Moyen-Orient depuis le déclenchement des frappes israéliennes sur l'Iran le 28 février 2026, qui ont coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei et fait plusieurs centaines de morts et de blessés, une inquiétude sourde monte depuis Abuja. Sous la présidence du Sierra-Léonais Julius Maada Bio, la CEDEAO a rejoint la position de l'Union africaine pour dénoncer fermement « l'escalade des hostilités dans le Golfe ». Le communiqué est mesuré, dans le langage diplomatique habituel, appelant à « une retenue maximale » et au respect du droit international. Mais entre les lignes, le message est criant de réalisme : l'Afrique de l'Ouest, bien que géographiquement éloignée, va en subir les conséquences concrètes.
Et la première d'entre elles, a un nom : le pétrole. Dès le 28 février, l'Iran a verrouillé le détroit d'Ormuz, ce goulot d'étranglement stratégique où transitent chaque jour 20% du pétrole mondial. Imaginez : près de 20 millions de barils par jour, brutalement immobilisés. Pour des pays comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso ou le Mali, qui dépendent entièrement des importations de carburant, c'est un scénario cauchemardesque. Chaque dollar en plus sur le prix du baril se répercute instantanément sur la pompe, alourdit le coût des transports et fait grimper le prix du sac de riz ou de la farine, sur les marchés.
La situation est déjà tangible. Au Ghana, le gouvernement a dû suspendre en catastrophe une taxe sur les carburants pour tenter de protéger les ménages de la flambée des prix. Un éditorial du « Daily Graphic » résumait amèrement la situation : « c'est la guerre là-bas, mais c'est l'inflation ici ». Même le Nigeria, pourtant producteur de pétrole, n'est pas épargné, handicapé par ses raffineries qui tournent au ralenti et le contraignent à importer ce qu'il devrait produire.
Mais l'impact ne s'arrête pas à l'essence. C'est toute la chaîne logistique qui tremble. La région importe massivement des biens manufacturés et des produits de première nécessité. Avec les routes maritimes perturbées et les coûts de fret qui s'envolent, ces produits pourraient devenir des luxes inaccessibles. Et que dire du trafic aérien ? Plus un avion ne survole la zone de conflit, obligeant les appareils à faire de longs et coûteux détours par le sud. Le prix des billets et du transport de marchandises par avion s'en trouve renchérit, isolant un peu plus la région.
Alors que la CEDEAO fête cette année son demi-siècle d'existence, son appel à un « renouvellement des efforts diplomatiques » sonne à la fois comme une nécessité et comme l'aveu d'une certaine impuissance. Le bloc régional se retrouve spectateur inquiet d'une tempête qu'il n'a pas provoquée, mais pour laquelle ses populations devront, une fois de plus, payer une lourde facture. Une facture qui s'annonce en inflation et en précarité accrue.
Doutchin Diarra
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