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Kibarou

Kibarou . Mourir pour une guerre qui n’est pas la nôtre

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Accepter de perdre sa vie dans un conflit au théâtre assez éloigné de l’ Afrique, leur continent. Et cela, pour quelques subsides . Voilà l’idée que l’on ne peut s’empêcher de se faire, en apprenant que de jeunes africains, bien dans la force de l’âge préfèrent aller risquer leur vie dans la guerre qui oppose la Russie à l’ Ukraine. En effet, pour de modiques sommes d’argent, par rapport à la préciosité de la vie, qui leurs sont subtilement proposées par des recruteurs russes, des centaines de jeunes africains décident d’aller servir de chaires à canon à l’armée russe.

Quand ils s’engagent sur la base d’un contrat de six mois à un an, la moitié de la somme, pouvant aller de 25 millions à 30 millions de FCFA, leur est versée par les recruteurs. Mais cela, avec la secrète conviction entretenue par ceux-ci qu’ils ne retourneront pas vivants. Donc que l’autre moitié ne leur sera jamais remise. Ils sont déjà nombreux ceux qui y ont ainsi laissé la vie. Depuis 2023 que la Russie a commencé à recourir aux bras valides africains, pour renforcer ses effectifs militaires au titre de cette guerre, ce sont plus de 1500 jeunes du continent qui se seraient déjà retrouvés armes au poing contre l’Ukraine , après quelques rapides semaines de formation. Au demeurant sommaire, en tout cas loin d’être rassurante sur leur capacité à tenir face à une armée ukrainienne, aux fantassins plutôt professionnels pour la plupart. A ce jour, des centaines de victimes sont à déplorer, sur plus de 1500 africains enrôlés. On parle de cinquante cinq jeunes ghanéens tués ces derniers temps, sur environ six cent qui s’étaient portes volontaires. Tandis que des dizaines d’autres parmi eux, sont tenus prisonniers par l’Ukraine. Ces chiffres rendus publiques par les autorités ghanéennes , ne convainquent pas certains observateurs, qui pensent qu’il y en a plus. Les rescapés parmi ces jeunes africains, reviennent pour la plupart éclopés ou simplement fuyards du théâtre des opérations et contraints par ce fait même, de vivre en hibernation.

Au Kenya, au Ghana, en Ouganda, comme au Cameroun, puis dans une moindre mesure en Côte d’Ivoire, le fait est devenu un secret de polichinelle, à cause du nombre en croissance continue des victimes. C’est qu’il existe de véritables réseaux de recrutement employant des africains à cet effet, au sein des capitales des pays susmentionnés.

La supercherie consiste pour les recruteurs, à puiser dans le riche vivier des jeunes chômeurs africains. A ceux-ci, il est promis des emplois bien payés en Russie, dans des domaines d’activités qui n’ont aucune commune mesure avec le maniement professionnel des armes à feu. Ces jeunes africains se retrouvent plus tard, à vivre le cauchemar d’une guerre qui ne les concerne pas. D’autres étudiants sur place en Russie, sont appâtés avec la promesse d’acquérir la nationalité russe. Des émigrés clandestins, sans emplois fixes, sont pris et enrôlés de force.

Mais, le plus inquiétant est que, les ignorants des réalités de cette situation, sont de plus en plus nombreux à quitter le continent, pour aller volontairement monnayer leur naïveté et leur cupidité dans les rangs de l’armée russe. Une armée qui a désormais beaucoup de mal à enrôler de jeunes russes, désormais réfractaires au service militaire. Et ce, au regard des dégâts humains de cette guerre, qu’ils sont légion à qualifier de sordide.

On le voit, la guerre russo- ukrainienne qui vient d’entamer sa quatrième année, alors qu’elle se voulait à l’origine, une opération spéciale d’une semaine tout au plus par ses initiateurs, fait aussi des victimes en Afrique. Et dans la plus noble de ses composantes humaines, que constituent ses forces vives. C’est aussi une situation interpellative : jusqu’où , ces jeunes désœuvrés du continent, sont ils prêts à aller ; que sont-ils prêts à faire au risque de leur vie, pour se faire de l’ argent ?

Les poches de pauvreté, en perpétuelle croissance numérique sur le continent, incite à croire que cette vilaine tendance de l’ aventure en Occident, sans la moindre qualification professionnelle a encore de beaux jours à vivre. Endeuillant toujours des familles en mer et maintenant dans un conflit meurtrier. Précisément par l’entremise d’ une guerre d’occupation, loin de servir ou de profiter d’une quelconque façon au continent. Inutile de dire que les gouvernants africains restent impuissants devant cette nouvelle donne de l’immigration clandestine de leurs jeunesse en Europe. Se contentant juste de sauver ceux qui peuvent l’être encore, en tant que prisonniers, mais sans plus. Et pourtant, il faudra bien agir, trouver mieux à faire, pour éviter que cette autre tendance, au demeurant hautement mortelle à aller se faire de l’argent à l’étranger, dans un si horrible contexte, ne prenne de l’ampleur, pour devenir finalement incontrôlable.

Moussa Ben Touré

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