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Culture

Le Maestro Boncana Maïga, un géant de la musique africaine, s'est couché

Publié le :

 Le monde de la musique africaine vient de perdre l'un de ses grands noms. Boncana Maïga, compositeur et arrangeur de génie, s'est éteint le samedi 28 février 2026 à la Clinique Pasteur de Bamako, comme l'ont confirmé ses proches et rapporté par plusieurs médias maliens. Il avait 77 ans. Né à Gao en 1949, cet auteur-compositeur, arrangeur et multi-instrumentiste (flûte, saxophone, guitare) a traversé plus de soixante ans de création musicale, marquant des générations entières d'artistes, de Gao à La Havane, d'Abidjan à Paris.

 Le parcours de Boncana commence au Mali, peu après l'indépendance, lorsqu'il intègre le Négro Band de Gao. En 1964, une bourse gouvernementale l'envoie à Cuba, où il étudie le solfège, la flûte et les arrangements au Conservatoire de La Havane jusqu'en 1973. C'est là que naît, en 1968, le groupe Las Maravillas de Mali, dont le premier album enregistré dès 1967, avec le tube « Chez Fatimata », fait danser l'Afrique entière. Ce titre reste aujourd'hui un symbole, l'une des premières fusions documentées entre les rythmes mandingues et la musique cubaine.

 De retour en Afrique, Boncana Maïga pose ses valises à Abidjan en 1974 plutôt qu'à Bamako, et c'est en Côte d'Ivoire qu'il bâtit l'essentiel de sa carrière. Pendant quatorze ans, jusqu'en 1988, Le Maestro, comme on le surnommait, dirige l'Orchestre de la Radio Télévision ivoirienne (ORTI), enseigne au Conservatoire national et croise même la route de Manu Dibango lors de la tournée africaine des Fania All Stars. Son empreinte sur la scène musicale ivoirienne de l'époque est profonde : il collabore avec des figures comme Alpha Blondy, Aïcha Koné ou encore Ray Lema.

 En 1988, Boncana Maïga compose la bande originale du film « Bal Poussière » du réalisateur ivoirien Henri Duparc, avant de s'installer à Paris. Quelques années plus tard, en 1992, il cofonde avec le producteur sénégalais Ibrahim Sylla le groupe Africando. Les albums « Trovador » (1993) et « Sabador » (1994) marient avec bonheur des voix ouest-africaines à des répertoires afro-cubains, portoricains et mexicains, conquérant les scènes européennes et américaines à travers des tournées à succès.

 En 2006, le Maestro signe la musique du film « Moolaadé » d'Ousmane Sembène, primé au festival de Cannes. Récompensé par un Kora Award du meilleur arrangeur en 1997, Boncana Maïga retourne au Mali en 2005 et y crée Maestro-Sound Mali, une structure d'accompagnement et de production pour les jeunes talents. Son émission « Star Parade », diffusée sur TV5 Monde dans près de deux cents pays, a fêté son millième numéro en décembre 2018.

Ce que la musique africaine doit à Boncana Maïga ne se compte pas en trophées, mais en mélodies, en harmonies, en héritage sonore. Une trace indélébile.

 Doutchin Diarra


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