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L’Enquête du jeudi. (2/2)- Nouveau métier- : « Dans l’ensemble, c’est rentable » (Décorateur d’événements)

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Mariages, baptêmes, anniversaires… sont des événements qui constituent aujourd’hui des sources d’emploi pour les jeunes décorateurs. Ils sont nombreux à s’investir dans ce secteur en plein essor qui fait bien vivre son homme.

Bouba Sylla veut être un décorateur d'événements reconnu au plan national. C’est son vœu le plus ardent. Pour l’instant, il est le responsable d’Elfy Event’s à Koumassi. C’est le métier de l’événementiel qui s’est offert à lui. « L’événementiel s'est imposé à moi. Un jour, ma sœur avait confié l’organisation de l’anniversaire de sa fille à quelqu’un. Ce dernier.n’ayant pas réussi, j’ai pu le faire. Depuis ce jour, elle me fait appel pour toutes ses cérémonies. Ses camarades ont commencé également à me solliciter. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans le milieu. Mais je veux aller plus loin ».

Bouba a commencé en 2019. Cinq ans après, il emploie quatre personnes rémunérées entre 10 000 et 50 000 F CFA par événement. « Nous sommes sollicités au moins trois fois par mois. Pendant les vacances scolaires, nous bougeons beaucoup à Abidjan et même à l’intérieur du pays. Pour le mariage, notre prestation de décoration seulement, peut coûter 300 000 F CFA. On peut proposer également la logistique et tout autre service. Mais lorsque le lieu de l’événement est éloigné, nous ne proposons à nos clients que la décoration, afin de diminuer les dépenses, notamment le transport lié à la logistique ».

Les clés pour réussir une belle cérémonie

Pour chaque type d'événement, les prix varient. Zouanga Magui, responsable de Rahma Evenet, nous donne des précisions. « Le tarif des prestations n’est pas figé. Pour un événement, vous pouvez prendre 250 000 F CFA avec un client. La même prestation, pour un autre client, peut coûter 350 000 F CFA. Tout dépend souvent de l’ampleur que le client veut donner à son événement, ainsi que du budget que cela exige. Les prix aussi peuvent changer lorsqu’il s’agit d’un proche ».

Généralement, ces jeunes décorateurs n’ont pas de formation initiale dans l’événementiel. Ils achètent le matériel et apprennent sur le tas. « J’ai appris sur le tas grâce au goût de l’organisation. Depuis bientôt trois ans, je me débrouille bien. Dans l’ensemble, c’est rentable. Très souvent, je suis sollicitée pour les réceptions de mariages musulmans. Grâce au soutien de ma famille, on se maintient. Et petit à petit, j’ai pu acheter le matériel de décoration, d’éclairage et les fleurs » explique notre interlocutrice.

« Ils sont toujours pressés pour la fin des cérémonies »

Dans le monde de l’organisation événementielle, l’originalité et la créativité sont les clés pour réussir une belle cérémonie. Selon Ouattara Haoua, « il faut chaque fois trouver des astuces pour la confection et la dispositions des objets décoratifs. Il faut savoir choisir les couleurs et savoir les associer en fonction des événements. Lorsque le client fait une proposition sur son événement, c’est à nous de la personnaliser et de la réaliser. On travaille sous la pression mais avec habileté et imagination, surtout », souligne-t-elle.

Les jeunes décorateurs ayant ces qualités sont très sollicités. « Pour mon anniversaire, j’ai contacté une décoratrice. Elle m’a fait une bonne proposition. L’activité s’est bien passée. J’ai alors recommandé son service à mes amis », confie dame Sopy.

Contrairement à Sopy, Nadia est très critique vis-à-vis des décorateurs. « Ils ne font pas ce qu’on leur demande. C’est eux qui sont toujours pressés pour la fin des cérémonies, alors qu’ils ne s’activent pas dans l’installation. Lorsque le matériel se casse aussi, ils vous demandent de rembourser, même si vous n’êtes pas coupables », leur reproche-t-elle.

Pertes et casses

Ces différentes remarques, fondées ou non, mettent en lumière les difficultés rencontrées par les décorateurs. « Ce qui nous fatigue, c’est le non respect de l’heure de fin de la cérémonie par les clients. C’est compliqué quand on a d’autres engagements ailleurs. Il y a également des pertes et casses de nos matériels. En principe, les clients doivent rembourser. Mais ils ne le font pas. Sans oublier que pour la majorité d'entre nous, on garde nos matériels chez nous. On ne gagne pas beaucoup d'argent. On ne peut donc pas louer un magasin pour les stocker. C’est tout cela qui rend difficile notre travail », affirme Zouanga Magui, responsable de Rahma Event.

En plus de ces difficultés, ces décorateurs font face au un manque de financement pour leurs activités. « Nous travaillons avec des budgets serrés. J’ai fait une demande de prêts bancaires en vue d’agrandir ma logistique et mes services. Je n’ai pas pu l’obtenir », regrette Bouba.

Autres défis, c’est la concurrence et la gestion des imprévus telle que l’annulation de dernière minute par le client après que tout a été planifié. « Un défi majeur dans notre secteur, c’est que nous devons être fiables. Les clients s’attendent à un service de qualité. Le moindre faux pas peut affecter notre réputation » explique Bouba Sylla le responsable d’Elfy Even’s.

Notons également que l’événementiel implique du matériel non réutilisable. Cela participe malheureusement à l’insalubrité. Il appartient aux jeunes entrepreneurs de trouver des solutions pour protéger l’environnement.

Le secteur nécessite une gestion parfaite des délais, un sens aigu de l’organisation, une coordination entre les différentes tâches et une collaboration franche entre les décorateurs et leurs clients. L’avantage pour eux, c’est qu’ils ont de l’ambition et du courage.

Mouhamed I. Koné


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