La récente expulsion de migrants vers le Cameroun par les États-Unis a suscité un vif débat dans l’opinion publique. Le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC), un parti politique camerounais, interpelle désormais le gouvernement sur les modalités de cet accord.
Une décision contestée par le parti politique RDDRC
Abdouraman Hamadou Babba, président du RDDRC, a publié un communiqué le 19 février 2026 dans lequel il interpelle le gouvernement : « Des informations relayées par des médias américains et internationaux font état de ce que le Cameroun aurait conclu un accord secret avec les États-Unis pour accueillir des ressortissants de pays tiers expulsés par l’administration Trump. »
Il poursuit : « Selon ces mêmes médias, quinze (15) migrants expulsés des États-Unis seraient déjà en détention à Yaoundé et feraient l’objet de diverses menaces visant à les renvoyer dans leurs pays d’origine respectifs, sans aucune garantie concernant la préservation de leurs droits les plus élémentaires. »
Le RDDRC insiste sur la gravité de la situation : « Au vu de l’opacité et de la confusion qui semble entourer cette affaire, le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC) appelle le Gouvernement à apporter, sans délai, des clarifications à l’opinion nationale sur ce qui s’apparente à une violation grave et délibérée du droit international. »
Répercussions régionales et internationales
Le parti met également en garde contre les conséquences diplomatiques : « Par ailleurs, en acceptant d’accueillir sur le sol camerounais des citoyens des pays qui ont choisi de ne pas collaborer avec l’administration Trump, qui fait fi des décisions de la justice américaine interdisant l’expulsion de ces migrants, le Gouvernement met à mal la solidarité africaine et ternit l’image du Cameroun en Afrique et au sein d’une grande partie de l’opinion internationale qui réprouve les méthodes de l’ICE, le Service d’immigration des USA. »
Plusieurs pays africains ont accepté des migrants expulsés ou transférés par les États‑Unis dans le cadre de ce que l’on appelle des accords de third‑country deportations (expulsions vers des pays tiers). Au Ghana, par exemple en septembre 2025, environ 14 à 20 personnes, pour la plupart des ressortissants ouest‑africains, sont arrivées dans le pays après leur expulsion des États‑Unis, suscitant des interrogations sur leur situation juridique et leurs conditions de détention. Des groupes de migrants ont même intenté des actions en justice contre le gouvernement ghanéen, l’accusant de détention illégale après leur arrivée.
L’Eswatini a reçu plusieurs groupes de migrants — d’abord cinq puis dix personnes supplémentaires lors d’un deuxième vol — dans le cadre d’un accord selon lequel ce pays pourrait accueillir jusqu’à 160 personnes expulsées par les États‑Unis. Le Rwanda a accepté un nombre plus important, avec un accord pour recevoir jusqu’à 250 migrants, dont plusieurs dizaines auraient déjà été transférés depuis Washington.
À ce jour, le gouvernement camerounais n’a toujours pas communiqué officiellement sur cette affaire. Face à ce silence, le Rassemblement pour le Développement et la Défense de la République du Cameroun (RDDRC) exige des explications sur les conditions de l’accord avec les États‑Unis, le sort des migrants concernés et le respect de leurs droits fondamentaux. Le parti appelle à une transparence afin de rassurer l’opinion publique et de lever toute ambiguïté sur les enjeux diplomatiques et humanitaires de cette situation.
Gildas Amoussou
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