Sur le plateau de TV5 Monde Info, le 18 février 2025, Mélodie Samba n’a pas esquivé la polémique la suspension des plateformes du groupe Meta. Elle assure qu’elle n’est ni une erreur ni un dérapage, mais un choix «assumé» pour forcer l’entreprise américaine à répondre, après «plus d’un an et demi» d’alertes restées sans effet. «Il a fallu suspendre pour qu’ils nous appellent», tranche la porte-parole adjointe de la Présidence. Derrière la tempête numérique, l’exécutif revendique un «recadrage» au nom de la cohésion sociale. Coup de pression légitime ou précédent inquiétant ?
Reçue sur le plateau de TV5 Monde Info, le 18 février 2025, Mélodie Samba, porte-parole adjointe de la Présidence de la République du Gabon, a longuement défendu la suspension des plateformes du groupe Meta décidée par les autorités. Face aux critiques dénonçant un recul démocratique, elle a assumé une décision «ponctuelle» destinée, selon elle, à contraindre l’entreprise américaine à ouvrir enfin des négociations formelles avec l’État gabonais.
«Sortir du cadre émotionnel»
Dès l’entame de son intervention, Mélodie Samba a appelé à «sortir du cadre émotionnel, ou caricatural». Pour elle, la mesure ne constitue «ni un cas isolé pour le Gabon, ni une exception», rappelant que «plusieurs pays dans le monde» ont déjà suspendu des plateformes numériques.
Elle insiste sur un point : «Il s’agit d’une suspension des plateformes du groupe Meta, pas de toutes les plateformes numériques au Gabon, ni d’une coupure d’Internet.» Et d’ajouter, dans une formule destinée à relativiser l’impact : «Les plateformes du groupe Meta ne représentent pas Internet.»
Diffamation, manipulations et contenus «violents»
La porte-parole évoque une «recrudescence d’informations diffamatoires» et même «une coordination (…) de manipulations politiques qui entravent la cohésion sociale». Plus grave, selon elle : «une exposition (…) de contenus à caractère violent, voire pornographique, qui entrave nos mœurs, nos us et coutumes au Gabon».
À ceux qui dénoncent un recul démocratique, elle répond sans détour : «Non, pas du tout.» La suspension doit permettre «de réguler et de passer au cadre des négociations demandées, dans le respect de nos institutions, de nos valeurs».
«On n’a jamais eu de réponse»
Le cœur de son argumentation concerne les relations avec Meta. Selon Mélodie Samba, les autorités gabonaises multiplient les alertes «depuis plus d’un an et demi» : «On fait des avertissements, on fait des signalements (…) On n’a jamais eu de réponse.»
C’est ici que la déclaration devient plus percutante : «Il a fallu justement faire cette suspension pour qu’on ait une réponse du groupe Meta.» Elle précise même : «Suite à la suspension d’hier, ils nous ont appelés pour des négociations.»
Interrogée sur l’existence d’un bras de fer, elle concède : «Plus ou moins, si on veut le dire ainsi», avant de reformuler : «Pour nous, ce n’est pas un bras de fer. C’est une demande réelle de respect.»
Une décision «assumée»
La mesure est qualifiée de «ponctuelle» et «assumée». Mais la porte-parole reconnaît que «les Gabonais vont attendre», le temps que les négociations aboutissent à une «régularisation effective».
La Présidence assume donc un choix stratégique : utiliser la suspension comme levier pour forcer un dialogue formel avec Meta. Une ligne de fermeté qui place désormais la question au cœur d’un débat plus large sur la souveraineté numérique, la régulation des contenus et l’équilibre entre liberté d’expression et cohésion sociale.
GENERATED_OK
-
Consultez notre charte des commentaires
COMMENTAIRES
publicitéPLUS D'ARTICLES
-
CNID : la Côte d’Ivoire mise sur l’innovation verte
-
Affaire Aminata Seck : l’ordre d’expulsion annulé, mais...
-
Côte d’Ivoire : la Cour des comptes relève un excédent budgétaire de 268 milliards FCFA en 2024
-
À Genève, la Côte d’Ivoire échange avec le Nicaragua sur l’avenir du cacao
-
Diaspora .Dr John Tra, le trait d’union médical entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire
-
Côte d’Ivoire : « La Récré des Livres avec Tata Nahomi » pour donner le goût de la lecture aux enfants
-
La Côte d’Ivoire, 75e pays à signer les accords Artemis de la NASA
-
Côte d’Ivoire : un remorqueur sans visite technique épinglé
-
Côte d’Ivoire : face à la menace des éléphants, des paysans abandonnent leurs champs
-
L’enquête du jeudi. Boulevard Nangui Abrogoua d’Adjamé : le terre-plein transformé en parking
-
Côte d’Ivoire.La COM-AGRID renforce la coordination de la communication agricole
-
Orpaillage illégal en Côte d’Ivoire : 30 pick-up, 300 motos et des drones pour renforcer la traque
-
Diaspora. Mahé Michel, l'étudiant devenu président de la communauté des Ivoiriens en Thaïlande
-
Washington , DC : le Président du COSIM salue l’action de l’Ambassade de Côte d’Ivoire
-
Éliminatoires CAN 2027 : En dernières minutes, les Éléphants font chuter Ocean Stars de Somalie (2-0)
-
ONU : la société civile de l’Est de la RDC dénonce une « guerre économique » alimentée par les minerais
-
Côte d’Ivoire .Facobly se dote de ses premiers engins de travaux publics
-
Côte d’Ivoire : Opération Épervier Spécial à Daloa, un réseau présumé de trafic de stupéfiants démantelé
-
À Harvard, Bruno Koné présente sa vision pour la modernisation de l’agriculture ivoirienne
-
Nialé Kaba : une offensive diplomatique à New York
-
10ᵉ Dîner de Gala de la Fondation Children Of Africa : Abidjan se prépare à une grande soirée de solidarité en faveur de la jeunesse
-
Côte d’Ivoire. Koumassi Campement - Des familles déguerpies paralysent la rentrée scolaire
-
Témoignage. Lucien Houédanou : Mes rencontres avec le centenaire Olympe Bhêly-Quenum
-
66ème du Mali indépendant : Faire du président Modibo Kéita un héros national !
-
Vive tension après suspension de l'inhumation d’un militant de la C64 à Kinshasa
-
Diaspora .Jacob Goldsmith : d’immigré sans papiers à photographe renommé et galeriste dans le Maryland
-
Côte d’Ivoire .Marcel Amon-Tanoh déclare son patrimoine
-
Côte d’Ivoire : Georges Taï Benson, une légende de l’audiovisuel s’est éteinte
-
Sidya Touré : itinéraire d’un homme d’État entre la Côte d’Ivoire et la Guinée
-
La saga des Libanais de Côte d’Ivoire. Je t’aime… moi non plus (3/3)
-





