Ils sont de plus en plus nombreux les usagers de la route qui se plaignent du système de la vidéo verbalisation mise en place par les autorités ivoiriennes pour lutter contre l’incivisme sur les routes. Il est qualifié par certains de « sanction sans recours » quand d’autres estiment que ce système est tout simplement une « arnaque , un abus d’autorité » pour ruiner les automobilistes.
« J’ai récemment payé plus de 200 000 FCFA d’amendes, dont une grande partie pour non-port de la ceinture de sécurité. Pourtant, mon véhicule est équipé d’un système sonore très gênant qui se déclenche automatiquement, dès que la ceinture n’est pas attachée », a confié un usager dans une note publiée par la plateforme Police Secours. Il a contesté. Mais n’ayant pas eu gain de cause, il a dû payer l’amende. Il indique que plusieurs automobilistes sont dans ce cas. La seule option qui s’impose à eux est de payer l’amende « même quand on est convaincu d’être dans son droit », regrette-t-il. Et il déplore l’absence de preuves. Un véritable abus d’autorité, que nombreux automobilistes subissent au quotidien.
Propositions
Ce citoyen propose cependant des solutions à cette situation « préjudiciable » pour les automobilistes. Il s’agit notamment de permettre une vraie procédure de contestation, rapide et accessible, privilégier la sensibilisation avant la sanction lourde, plafonner les amendes mensuelles pour éviter l’asphyxie financière et associer les usagers et les transporteurs aux réformes du système.
Un autre usager se plaint des contraintes faites aux automobilistes, à payer des contraventions à des barrages dits « intelligents ». « Un contrôle routier doit servir à sécuriser, pas à bloquer. La route ne peut pas devenir un lieu où l’on force les citoyens à payer sous peine d’immobilisation », fait-il savoir.
Dans notre enquête du jeudi 4 septembre 2025 intitulé « Vidéoverbalisation : trop d’erreurs et d’abus ! dénoncent les usagers », des témoins n’ont pas été tendre envers ce système. « La vidéo-verbalisation est une forme d’arnaque sur le peuple. Même en France les automobilistes ont protesté contre ce dispositif », a dénoncé un usager. M. B., quant à lui, a déploré le fait que des automobilistes sont flashés au feu rouge et obligés de payer l’amende, alors qu’un agent de police chargé de réguler la circulation les a autorisés à passer.
Des voies de recours
Il y a pourtant des voies de recours prévues par l’administration pour corriger ces « injustices et abus» subis par les usagers. « Si vous êtes en danger ou dans une urgence, ou qu’un agent vous a demandé de passer à un feu rouge, vous serez verbalisés, parce que la caméra a enregistré l’infraction automatiquement. Mais vous pouvez exercer un recours par la suite, pour expliquer à l’administration ce qui s’est passé. Tous ces cas de figures sont prévus par les textes », a expliqué Ibrahima Koné, directeur général de l’opérateur Quipux Afrique, dans une émission télévisée, le 23 avril 2025. L’usager à la possibilité de saisir la Police spéciale de la Sécurité routière (PSSR) d’une plainte et récupérer une copie du procès-verbal de la réclamation. Il peut également faire sa réclamation par mail à reclamation.cgi@cgi.ci ou appeler le 1302 du Centre d’Assistance gratuit de Quipux Afrique. « La réclamation est suspensive du paiement de l’amende. Une fois que votre plainte est enregistrée, vous ne payerez qu’après la décision finale », a précisé le directeur général de Quipux Afrique.
Ce que l’on constate, c’est que l’application de ce système de contrôle routier, dont on avait applaudi l'avènement, reste à améliorer sérieusement. Tout comme il nécessite l’adoption de dispositions efficaces contre les agents de sécurité véreux, toujours prompts à sévir sur les routes.
Diomandé Karamoko






