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Politique

A-t-on oublié ce qui est arrivé à Saddam Hussein et Kadhafi ?

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L’année nouvelle a commencé avec l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les Etats Unis le samedi 3 janvier. Plusieurs voix se sont élevées dans le monde pour dénoncer ce que certains ont appelé la mort du droit international et son remplacement par celui du plus fort ou la loi du Far West. J’aimerais savoir ce qu’il y a de nouveau sous le soleil des relations internationales. Depuis quand le droit international a-t-il été autre chose que celui du plus fort ? Au XVème siècle, les Européens ont « découvert » une terre qu’ils ont baptisée Amérique. Ils y ont trouvé des êtres humains et beaucoup de richesses. Comme ils étaient des chrétiens, ils ont discuté pendant de longs mois à Valladolid en Espagne pour savoir si ces êtres qu’ils avaient baptisés « Indiens » avaient une âme ou non. L’enjeu était de savoir si l’on pouvait les réduire en esclavage. A la fin de ce qu’on appela la « controverse de Valladolid », on conclut qu’ils avaient bel et bien une âme et qu’il ne fallait donc pas les réduire en esclavage. On décida donc de les massacrer très chrétiennement pour les déposséder de leurs terres, et on importa en masse des Africains sur ces terres pour servir d’esclaves. Parce qu’il était entendu que ceux-là ne pouvaient pas avoir d’âme. Montesquieu, qui était l’un des grands penseurs français de l’époque écrivit très sérieusement qu’il ne pouvait imaginer que Dieu qui était si sage ait placé une âme, surtout une âme bonne, dans des corps aussi noirs. On mit au point un « code noir » pour régir le traitement à accorder à ces Africains considérés comme des bien meubles, c’est-à-dire qu’ils n’appartenaient pas à la catégorie des humains, et par conséquent, pouvaient être vendus, mutilés, tués… C’était le droit de l’époque. Plus tard les Européens vinrent sur le continent africain pour se le partager. Au nom du droit international de l’époque issu de la conférence de Berlin. Il en fut de même un peu partout dans le monde où les Européens purent conquérir des terres. Ils imposèrent leurs lois, parce qu’ils étaient les plus forts.

On a parlé d’indépendance des pays africains. Mais qu’est-ce qui a changé ? Depuis les années soixante on a assisté régulièrement à des changements de régimes opérés par des puissances se trouvant hors du continent. Quelle est la différence entre ce que les Américains viennent de faire au Venezuela et la façon dont Bokassa fut renversé en Centrafrique ? Ce n’est pas la première fois que les Américains vont renverser et arrêter des chefs d’Etats en Amérique latine, leur jardin intérieur, ou ailleurs. A-t-on oublié ce qui est arrivé à Saddam Hussein et Kadhafi ? L’ex-URSS a pendant longtemps régenté la vie politique dans l’Europe de l’est qui était sous sa coupe.

Donald Trump n’a rien inventé. Il fait ce que tous ses prédécesseurs ont fait, et ce que de nombreux chefs d’Etats européens ont aussi fait, chacun avec son style. Et qu’ils continueront de faire. La différence avec Donald Trump est qu’il est sans filtre. Il ne triche pas. Il avait dit qu’il convoitait le pétrole vénézuélien. Il n’a pas caché sa joie d’y avoir mis la main. Il a dit qu’il veut le Groenland et le Canada. Il les prendra. Un général français n’a-t-il pas dit récemment que l’Europe ne peut accepter de voir à ses portes le continent africain, avec sa très forte démographie et ses richesses échapper à son contrôle ? Et il a été question dans de nombreux débats en Europe de recoloniser l’Afrique. Ne nous berçons plus d’illusions : si la nécessité s’impose à l’Europe de venir à nouveau coloniser directement l’Afrique, elle le fera sans aucun état d’âme.

Que les Africains qui attendent que le reste du monde vienne les aider à se développer le comprenne une bonne fois : lorsqu’on emmenait leurs ancêtres en Amérique comme esclaves, ce n’était pas pour les aider. Lorsque l’on était venu les coloniser, ce n’était pas non plus pour les aider. Et aujourd’hui comme demain, personne ne viendra les aider. Et le moment est certainement venu pour les Africains de réfléchir maintenant à des stratégies qui leur permettront de sortir de leurs misères en tenant compter des rapports de force dans le monde. D’autres pays dans le monde ont connu la colonisation, l’humiliation et sont devenus de grandes puissances respectées aujourd’hui.

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente année, dans la paix, la joie, la santé, et que le bonheur soit votre compagnon de tous les jours. Que cette année nous permette de retrouver le goût du travail qui est le seul moyen de se libérer du sous-développement.

Venance Konan







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