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Internationale

Maduro exhibé sur les réseaux sociaux : la « mort » de l’ONU !

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Ce qui se déroule sous nos yeux ne relève plus de l’anecdote diplomatique ni de l’incident isolé. Nous assistons à une mutation brutale, presque obscène, de l’ordre mondial.

Parler de gangstérisme d’État n’est pas une outrance lexicale destinée à choquer, mais une tentative lucide de nommer une réalité désormais assumée : la normalisation de la force, du chantage et de l’arbitraire comme instruments ordinaires de la politique internationale. Lorsque des États puissants s’affranchissent ouvertement des règles qu’ils ont eux-mêmes façonnées, lorsqu’ils violent la souveraineté d’autrui sans autre justification que leur supériorité militaire, économique ou technologique, le droit international cesse d’être un garde-fou. Il devient un simple décor, un alibi rhétorique vidé de toute contrainte réelle.

L’enlèvement, l’humiliation publique et l’exhibition d’un chef d’État ou d’un dirigeant politique sur les réseaux sociaux, dans un monde prétendument régi par des conventions, des traités et des mécanismes multilatéraux, marque une rupture symbolique majeure. Ce n’est pas seulement un homme que l’on atteint ; c’est l’idée même d’un ordre international fondé sur des règles communes. Ce type d’acte consacre le retour assumé de la loi du plus fort, non plus dissimulée derrière un discours juridique, mais revendiquée comme mode opératoire.


Cette dérive, que l’on peut qualifier de trumpiste par ce qu’elle incarne du mépris pour le multilatéralisme, de culte de la force et de transactionnalité brutale des relations internationales, ne surprend guère. Elle ne trompe personne non plus. Elle marque une redéfinition radicale du droit international, non pas par le consensus, la négociation ou l’évolution concertée, mais par l’érosion progressive, méthodique, cynique. Le droit n’est plus ce cadre contraignant qui limite l’action des États et protège les plus faibles ; il devient une variable d’ajustement, invoquée ou ignorée selon les intérêts stratégiques du moment.

Dans ce nouvel environnement, la norme recule devant la force, et la légitimité se confond avec la capacité de nuisance, de pression ou de coercition. La puissance ne cherche même plus à se justifier moralement ; elle s’auto-proclame légitime par le simple fait de sa domination. Les petites et moyennes puissances, qu’elles soient d’Europe, d’Afrique ou d’Asie, découvrent brutalement que le droit ne les protège plus. Elles sont sommées de s’aligner, de se taire ou de subir. La neutralité devient suspecte, la dissidence intolérable, et l’autonomie stratégique un luxe inaccessible.

Dans ce contexte, une question s’impose avec acuité : où est l’Europe ? Où sont passés ses grands principes, sa prétention à incarner la primauté du droit, l’arbitrage collectif et la défense du multilatéralisme ? Longtemps présentée comme une puissance normative, l’Europe apparaît aujourd’hui tétanisée, prisonnière de ses contradictions, incapable de traduire ses valeurs proclamées en actes politiques cohérents. Elle commente, elle déplore, elle appelle à la retenue, mais elle n’infléchit plus le cours des événements. Son silence, ou sa prudence excessive, finit par ressembler à une abdication.


Et que dire des Nations unies ? L’ONU, censée être le cœur battant de la légalité internationale, apparaît désormais comme l’une des principales victimes collatérales de cette recomposition cynique du monde. Longtemps affaiblie par le droit de veto, les blocages institutionnels et les doubles standards, l’Organisation a franchi un seuil symbolique : celui de l’impuissance assumée. Lorsque ses résolutions sont ignorées sans la moindre conséquence, lorsque ses principes fondateurs sont bafoués sous l’œil indifférent, voire complice, de ses membres les plus influents, l’ONU cesse d’être un acteur. Elle devient un témoin silencieux, presque décoratif, de sa propre marginalisation.

Dire que l’ONU est « morte » ne signifie pas la disparition de son appareil bureaucratique, ni l’arrêt de ses missions humanitaires ou techniques. Cela signifie la fin de sa crédibilité politique et morale. Une organisation peut survivre administrativement tout en étant morte symboliquement. Or, sans crédibilité, sans capacité à faire respecter ses propres règles, l’ONU ne peut plus incarner l’espoir d’un ordre mondial fondé sur le droit. Elle ne gère plus la paix ; elle accompagne les crises. Elle ne prévient plus les conflits ; elle en constate les dégâts.

Le monde entre ainsi dans une zone grise, dangereuse et instable, où les relations internationales s’organisent autour de rapports de force décomplexés, d’alliances opportunistes et de calculs à court terme. Une ère où les engagements n’ont de valeur que tant qu’ils servent les intérêts immédiats des puissants, et où la morale internationale est reléguée au rang de discours de circonstance. Cette nouvelle phase de l’histoire n’annonce ni plus de stabilité ni plus de sécurité. Elle annonce au contraire une conflictualité diffuse, imprévisible, marquée par des humiliations publiques, des représailles asymétriques et une banalisation de la violence politique.

Dans ce monde en recomposition, le droit international, vidé de sa substance, ne survit plus que comme un souvenir. Le souvenir d’un ordre mondial imparfait, certes, mais qui prétendait au moins limiter la brutalité des rapports entre États. Sa disparition progressive ouvre la voie à un avenir incertain, où la paix ne sera plus le produit de règles partagées, mais l’effet précaire d’un équilibre de forces toujours susceptible de basculer.

Dicko Seidina Oumar

Journaliste – Historien – Écrivain










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