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Côte d’Ivoire. Fin d'année : Gaz lacrymogènes contre la guerre des pétards

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La dernière soirée de 2025 était bouillonnante à Koumassi. On s’est apprêté à célébrer la Saint Sylvestre. Le match de la Côte d’Ivoire contre le Gabon a donné un goût particulier à la fête. Au coup du sifflet final, c’est la liesse populaire. « Avec cette victoire, nous rentrons bien dans la nouvelle année 2026 », déclare Yao Guillaume.

Les feux d’artifice illuminent le ciel partout comme si nous étions déjà à minuit, heure à laquelle cela se fait habituellement. Pourtant, il est 21 heures. C’est exceptionnel. Dans la célébration de la victoire des Éléphants, deux jeunes roulent une moto à vive allure. Ils percutent un tricycle stationné. L’intensité du choc les a totalement immobilisés. Les habitants sont venus à leur secours.

Guerre des pétards

Quelques heures plus tard, il est 0 heure. Nous voici au jeudi, premier jour du nouvel an. Dans presque tous les quartiers de Koumassi, la joie que procure le passage à l’année nouvelle est intensément vécue.

Mais au niveau des jeunes gens, force est de constater que la célébration se présente autrement. En effet, les accolades et les projections de feux d’artifices dans le ciel ont laissé place à une guerre de pétards, entre des groupes et quartiers opposés. La scène est semblable à un film de western américain. Les jeunes se lancent des pétards et feux d’artifice. Comme s’ils utilisaient des armes, en se tirant dessus. Depuis des années, c’est ainsi à chaque nuit de la Saint Sylvestre. C’est devenu un phénomène social. A Kahira, un quartier de Koumassi, la police est intervenue avec du gaz lacrymogène pour disperser les trouble-fêtes. « C’est dangereux ce que font les enfants. L’année dernière, il y en a un qui a reçu un pétard dans le visage qui l’a éborgné. Il faut que les parents surveillent leurs enfants. Les autorités également doivent prendre des mesures plus drastiques pour stopper cette barbarie », suggère Sangaré Seydou. Jacqueline Zaré ajoute pour sa part : « On avait notre fête au quartier. On l’a annulée à cause de l’intensité de ces jets de pétards ».

Des agressions

Autres scènes dramatiques : ce sont les agressions. Ceux qui ont décidé de vivre la fête en musique et danser sont agressés par des délinquants. « On a organisé une soirée au quartier. Et des microbes (Ndlr : appellation péjorative donnée aux enfants en conflits avec la loi) sont venus nous agresser avec des machettes. Ils ont blessé l’une de nos sœurs. On l’a envoyée à l’hôpital pour des soins, qui nous ont coûté 300 000 francs CFA. On est vraiment peiné », nous confie Dao Aba, l’un des frères ainés de la victime.

1er janvier au grin

Le lendemain, jeudi 1er janvier 2026, a été un jour très ensoleillé. Tout le monde est au « grin ». Ce cadre de rencontres entre amis pour discuter autour d’une partie de thé ou de café. « C’est un jour chômé payé. Il faut en profiter pour se reposer et échanger avec les amis au quartier. On parle de nos souvenirs pour rires. Mais le plus important, c’est de se souhaiter une bonne année », explique Sako Aziz.

Mouhamed I. Koné.


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