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Côte d'Ivoire. Pont de Toumanguie (Aboisso) : La lenteur des travaux provoque des morts, des abandons d’école et l’exode (Reportage)

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Sur le chantier du pont Toumanguie, aucun ouvrier. ( Photo A. N'da)

Les habitants du village de Toumanguie, dans la région du Sud-Comoé, sont à la peine à cause de la lenteur des travaux du pont qui doit relier leur village à Adiaké. La rivière Toumanguie est devenue très boueuse depuis le commencement des travaux du pont. Selon une information confirmée par le chef du village, deux personnes ont déjà perdu la vie dans cette rivière. Beaucoup d'élèves ont dû abandonner les cours à cause de la traversée de la rivière. Certains habitants ont délaissé leurs commerces et d’autres sont partis du village.

Toumanguie, village de la sous-préfecture d’Adaou, situé à quelques kilomètres d’Aboisso, est séparé d’Adiaké de seulement 4 kilomètres, mais est resté longtemps enclavé à cause des difficultés liées à la traversée de la rivière Toumanguie. C’est donc avec beaucoup d’impatience que les villageois attendent la fin des travaux du pont. Le jeudi 4 décembre 2025, nous avons effectué un tour sur le chantier pour nous faire une idée de l’avancement des travaux.

une seule pirogue pour traverser la rivière

En compagnie du chef du village, M. Grabote Lassina, nous empruntons le chemin, d’environ 1 kilomètre, qui mène au chantier. En route, nous rencontrons des groupes de personnes, dont des élèves qui reviennent des cours. En effet, dans ce village les classes s’arrêtent au primaire. A partir de la 6e, les élèves sont envoyés dans la ville d’Adiaké pour les études secondaires, mais le seul chemin pour s’y rendre oblige à traverser la rivière en pirogue. Cela n’est pas sans danger pour les centaines d’élèves qui doivent se lever très tôt pour espérer arriver à l’heure, car il n’y a qu’une seule pirogue pour tout le village.

Après quelques minutes à moto, nous sommes face à une dune de terre rouge qui représente la route. Cette route va jusqu’à Adiaké mais un espace d’eau a été laissé pour permettre la circulation en pirogue, en attendant la fin des travaux. C’est aussi à cet endroit que seront posés les piliers du pont.

Un peu plus bas, se trouve le chemin emprunté pour accéder à la pirogue. Ici, vaut mieux être un bon équilibriste pour arriver à passer sans glisser et se retrouver dans l’eau, tant la terre est boueuse et glissante en ces temps pluvieux.

Désenclaver le village et faciliter le commerce

Toumanguie est un village cosmopolite de près de 2 000 âmes, dont les principales cultures sont le palmier à huile et le manioc. Pour faciliter la commercialisation de leurs productions, les femmes se sont regroupées en coopératives. En ce qui concerne le palmier à huile, il existe des usines privées qui en achètent les graines sur place.

Touré Naclan, président des jeunes du village souligne la l'utilité de ce pont qui, selon lui va « désenclaver le village et faciliter le commerce ». En effet, la vie sans ce pont est difficile pour les villageois, comme nous l’explique Kouakou Hamed : « Lorsque vous avez un parent malade, vous êtes obligé de faire le grand tour en passant par Ayenouan et aller à Aboisso. Souvent, nos malades meurent dans nos mains ». Il estime que le pont est véritablement nécessaire car beaucoup d'élèves ont dû abandonner les cours à cause de la traversée de la rivière. Certains habitants ont délaissé leurs commerces et d’autres sont partis du village.

Deux personnes ont déjà perdu la vie dans la rivière devenue boueuse

Lors de notre passage, aucun ouvrier n’était présent, pas même un agent de sécurité, mais nous avons quand même pu accéder au chantier. Les travaux semblaient être à l’arrêt, mais le chef du village rassure : « Les travaux sont en cours et sont presque terminés. Il ne reste plus qu’à poser les piliers du pont et mettre le goudron ».

Les travaux ont été initiés par le gouvernement ivoirien, à travers le ministère de l’Equipement et de l’Entretien routier, avec l’appui de la Belgique. Ils ont commencé en 2023 et devaient être terminés en novembre dernier, explique Touré Naclan. Cette situation commence à inquiéter beaucoup de villageois, surtout à cause de la dangerosité de la rivière devenue très boueuse depuis le commencement des travaux du pont. Selon une information confirmée par le chef du village, deux personnes ont déjà perdu la vie dans cette rivière.

Le chef Grabote Lassina explique que les travaux ont pris du retard à cause des pluies incessantes, car lorsqu’il pleut, la terre devient boueuse et glissante et les machines ont des difficultés à travailler. Heureusement, après notre visite, les travaux ont bien avancé, selon le point qui nous a été fait par un habitant. Vivement la livraison, prévue pour 2026, pour mettre fin aux souffrances des habitants de Toumanguie.

Marie-Claude N’da


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