A Cocody deux Plateaux, il est 16 ce mardi 14 octobre. Sur le terrain situé à côté du supermarché Sococé, sous un ciel gris et menaçant, une grande foule d’environ trois mille personnes ou plus s’agite. Vouvouzelas (trompette en plastique) et drapeaux à la main. La pluie menace, mais ne tombe pas. Malgré quelques gouttes, les supporters dansent, crient, chantent. Les journalistes eux, protègent leurs caméras avec des embouts plastiques. Rien n’empêche la ferveur du moment.
Des bus et des gbakas (transport en commun ivoirien) venus d’Angré, de Williamsville, de Bingerville ou encore de Yopougon ont déversé leurs passagers, venus soutenir le candidat Jean-Louis Billon. L’ambiance est à la fête. Fanfares, danse, cris de joie, artistes en prestation dont DJ Lewis et le groupe révolution, invités du jour. “C’est notre candidat du changement !”, scande la foule.
Sur scène, plusieurs personnalités politiques se succèdent avant le candidat. Des représentants du bureau politique du PDCI tels que Valérie Yapo, la chefferie locale, et le maire Thierry Guédé, qui salue la mobilisation, et l’épouse du candidat, Henriette Gomi. Mais c’est à l’arrivée de Jean-Louis Billon que la foule se soulève. Chemise blanche surmontée d’une veste en jean noir, ton calme mais ferme, il entame un discours tourné vers la jeunesse et l’avenir.
Envoyez-moi au second tour
D’entrée, le candidat appelle ses électeurs à “sortir massivement” le 25 octobre. « Offrez-moi le second tour pour que le changement réel se fasse », lance-t-il sous les acclamations. Il vise un face-à-face avec son principal adversaire, qu’il accuse de ne pas avoir réglé le problème d’employabilité des jeunes. En ce sens, il se demande, «si ce problème n’a pas été réglé en 15 ans, comment ils vont le régler en 5 ans ? », dans cette option le CODE dit « c’est le moment du changement, du vrai changement ».
Le message est clair : Jean Louis Billon veut se présenter comme l’alternative crédible à un pouvoir qu’il qualifie d’usé. « La Côte d’Ivoire n’a pas besoin d’un miracle, elle a besoin d’une volonté politique claire, d’un leadership juste, et d’un peuple uni derrière un projet commun. Et cette volonté, je la porte devant vous », affirme-t-il. Puis il déclare que « chaque année, ce sont plus de 400 000 étudiants qui sortent des universités, et bon nombre d’entre vous dormez encore chez vos parents faute d’emplois. Et même quand vous avez des emplois, combien feront d’abord 3 ans de stage, de CDD en CDD avant d’être finalement en CDI ».
Pour y remédier, le candidat promet un « fonds spécial pour l’entrepreneuriat local », des « incubateurs dans les établissements de formation », et un "plan national de stages rémunérés ». Il s’engage aussi à introduire l’enseignement de l’anglais dès le primaire, convaincu que “la jeunesse ivoirienne doit conquérir le monde sans complexe”.
Dans la foule, l’adhésion est visible. Kouamé Fiack, venu de Wassakara, témoigne : « Nous voulons qu’il soit président pour créer des emplois. » À ses côtés, Marie-Véronique, mère de famille, ajoute : « C’est un enfant du pays. Il parle de changement, et surtout d’avenir pour nos enfants ».
Le meeting s’achève dans une atmosphère de liesse. Les vouvouzelas résonnent encore quand Jean-Louis Billon lève la main, avant de partir. Sous un ciel toujours chargé nuages, mais sans pluie. La foule se disperse lentement, et joyeuse.
Claude Eboulé
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