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L’enquête du jeudi. Abidjan : le désordre est de retour sur les espaces publics déguerpis

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Il y a environ un an que des opérations de déguerpissement ont été menées aux abords des grands axes routiers d'Abidjan, dans le cadre de la lutte contre le désordre urbain. Aujourd’hui, l’on assiste à la recolonisation progressive d’un certain nombre de ces lieux, par leurs précédents occupants. Le désordre revient.

A Adjamé, après le déguerpissement des commerçants et autres artisans, il y a plus d'un an, au niveau de l’échangeur situé à hauteur de la gare Société de Transport abidjanais (SOTRA), des travaux ont commencé pour sa mise en valeur. Il s’agit notamment d’installation de garde fou métallique entre les voies et les espaces verts, afin d’empêcher non seulement les commerçants de s’y installer, mais également interdire au véhicules de stationner. Seulement ces travaux semblent ne pas évoluer comme il le faut. Et aux alentours, se forment des dépotoirs d’ordures. En temps de pluie, les travaux engendrent la stagnation de flaques d’eau, empêchant la circulation des piétons.

Au carrefour Djeni Kobenan à Williamsville, sur la voie express Adjamé-Abobo en passant par le Zoo d’Abidjan, une opération de nettoyage a eu également lieu pour débarrasser l’espace de ses marchands et artisans illégalement installés. Au carrefour des Deux-Plateaux dans la commune de Cocody, des installations anarchiques avaient aussi été démolis par le District d’Abidjan. Mais ces espaces n’ont pas connu de revalorisation. A Yopougon c’est le même constat notamment dans les alentours du carrefour Siporex. Après les multiples déguerpissement des commerçants, il n'y a pas eu de travaux pour revalorisation l’espace.

Retour du désordre

A défaut de travaux d’aménagement de certains de ces espaces déguerpis, les commerçants, artisans et autres occupants illégaux reviennent progressivement. « Nous n'avons pas le choix. On est obligé de se débrouiller à ces endroits pour nourrir nos enfants », soutient une vendeuse de bananes au carrefour des Deux-Plateaux, comme bien d’autres personnes. L’on constate ainsi le retour du désordre dans certaines rues malgré les multiples patrouilles des agents municipaux et du district dans le but de rétablir l’ordre. Dans plusieurs communes, notamment à Adjamé ,Yopougon et Abobo, nous avons pu constater que les abords de certaines voies déguerpis, sont de nouveau occupés par des marchés,

Il faut toutefois noter que des espaces ont été mis en valeur à travers la construction de nouveaux magasins en lieu et place des anciens, qui ont été démolis. Nous avons pu le constater à Adjamé. Mais les commerçants interrogés trouvent les coûts de ces magasins assez élevés. La construction a été confiée à des promoteurs privés. « J’aurais voulu que la mairie intervienne pour que ces coûts soient revues à la baisse », confie Abdoulaye. N’ayant pas les moyens de s’acheter un magasin à lui seul, il a dû s’associer avec des amis.

Un problème de financement ?

Dans le but de lutter contre le désordre urbain et donner une image plus reluisante à la ville d’Abidjan, le gouverneur du District autonome d’Abidjan Ibraima Cissé Bacongo a mené des opérations d’envergure de déguerpissement en 2024. Ainsi, plusieurs espaces publics ont été débarrassés des installations anarchiques dans plusieurs communes de la capitale économique. Malheureusement tous les espaces publics déguerpis n’ont pas encore connu de réhabilitation.

Des personnes interrogées estiment que cette situation s’expliquerait par un problème de financement. « Certainement, les fonds ne sont pas encore disponibles pour mettre ces espaces en valeur », explique Roland, un fonctionnaire. Séverin B. est du même avis. « Dans ce cas, il aurait dû aller étape par étape », rétorque une commerçante.

Nous avons voulu en savoir plus sur cette opération du district d’Abidjan, notamment les raisons du retard qu’accuse la mise en valeur des espaces publics déguerpis. Qui pilote la construction des magasins ? Les mairies ou le district d’Abidjan ? Quelles mesures pour lutter efficacement contre la recolonisation des espaces publics ? Mais notre démarche auprès du district d’Abidjan ne nous a pas permis d’obtenir les réponses à ces préoccupations.

Diomandé Karamoko


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