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Election 2025

Simone Ehivet Gbagbo, un destin politique hors du commun

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Simone Ehivet Gbagbo est l’une des deux femmes figurant au nombre des cinq candidats retenus pour l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025. Née en 1949 à Moossou, près de Grand-Bassam, Simone Ehivet Gbagbo s’impose depuis plus de quatre décennies comme une figure incontournable de la vie politique ivoirienne. Docteure en littérature orale, elle débute comme enseignante et militante syndicale, avant de s’engager dans la lutte pour le multipartisme dans les années 1980. Aux côtés de Laurent Gbagbo, elle participe activement à la fondation du Front populaire Ivoirien (FPI), qui marquera un tournant majeur dans l’histoire démocratique du pays.

Dame de fer ivoirienne

Députée d’Abobo, Simone s’est rapidement forgée une réputation de stratège inflexible et de meneuse charismatique. Ses prises de position, souvent tranchées, lui valent le surnom de « Dame de fer » de la politique ivoirienne. Elle incarne, pour ses partisans, l’image d’une combattante nationale, attachée à la souveraineté de la Côte d’Ivoire et à la défense des plus faibles. Son parcours connaît toutefois des zones d’ombre. Son rôle lors de la crise post-électorale de 2010-2011, qui plongea le pays dans un conflit meurtrier, l’a exposée à la justice internationale et nationale. Poursuivie pour crimes contre l’humanité, elle sera condamnée en Côte d’Ivoire avant de bénéficier d’une amnistie en 2018. Sa libération marque un nouveau départ, loin des cellules mais toujours dans l’arène politique.

En 2019, elle fonde le Mouvement des Générations Capables (MGC), qui se présente comme une alternative et une force de renouveau. Depuis, Simone Ehivet Gbagbo a pris son indépendance politique, affirmant son propre leadership et annonçant officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2025.

Le nom de Gbagbo plus commode

Côté personnel, sa séparation d’avec Laurent Gbagbo, officialisée en 2023, a mis fin à un tandem politique emblématique. Sans s’y attarder, elle assume aujourd’hui sereinement son choix de garder le nom « Gbagbo ». « J’ai porté ce nom pendant cinquante ans. Les électeurs m’identifient par ce nom. Les Ivoiriens, ainsi que toutes les personnes qui me connaissent à l’étranger, m’identifient sous ce nom. C’est donc plus commode de le garder », confiait-elle récemment au média APRNEWS. Une décision à la fois pratique et symbolique, qui illustre son attachement à son histoire politique autant qu’à son identité publique.

Aujourd’hui, Simone Ehivet Gbagbo continue de se présenter comme une actrice de premier plan. À la fois héritière d’un long combat et porteuse d’un projet politique personnel, elle se définit comme la voix des générations capables de bâtir une Côte d’Ivoire réconciliée, souveraine et tournée vers l’avenir.

Claude Eboulé



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