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Politique

Election présidentielle en Ouganda : Campagne marathon pour Yoweri Museveni et Boby Wine

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Ce dernier trimestre de l’année 2025 est électoralement chargé pour l’Afrique subsaharienne. Du golfe de Guinée aux berges des Grands lacs, en passant par les escarpements du mont Cameroun, plus d’une vingtaine de candidats devront mouiller le maillot pour le graal du fauteuil présidentiel.

Chacune de ces élections, de la Côte d’Ivoire, en Ouganda, en passant par la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et le Cameroun, n’est pas sans particularismes qui au résultat, seront un bon révélateur de cette vérité d’un des plus afrophiles des dirigeants européens, Jacques Chirac : « La démocratie est un luxe pour les Africains ».

Sans régurgiter les thèses, antithèses et synthèses des débats qui entourent cette assertion depuis près d’un quart de siècle, focus sur l’élection présidentielle ougandaise. Il n’y manque ni le laudatif ni le risible de ses expériences démocratiques en Afrique qui continuent d’interroger sur le ou les modèles politiques, les plus à même d’y ancrer la bonne gouvernance et le développement.

L’élection présidentielle en Ouganda, est prévue pour le 12 janvier 2026. Pourtant, la campagne a été officiellement ouverte hier 29 septembre. C’est donc pendant plus de 3 mois que les différents candidats, 8 retenus par le Conseil constitutionnel sur 38 prétendants, vont s’investir à convaincre les Ougandais qu’ils sont la solution, l’alternative crédible, le candidat de la rupture, ou l’homme d’expérience irremplaçable… et tutti quanti.

En somme, du déjà entendu depuis 30 ans que le pays organise régulièrement des élections multipartites. Mais cette campagne électorale, longue de plus de 3 mois, a des allures d’un marathon entre le président sortant, Yoweri Museveni, le maquisard, devenu président-planteur de bananiers qui ne veut pas abandonner sa bananeraie (sic), l’Ouganda, à l’épreuve d’oiseaux migrateurs, prédateurs ou chanteurs et son principal adversaire, Boby Wine. En effet, en lançant ses piques d’oiseaux prédateurs Museveni pense précisément au reggae man et rappeur, Boby Wine, de son vrai nom, Robert Kyagulanyi, le poil à gratter de son régime, vieux de 40 ans.

De fait, a plus de 80 ans, Museveni est candidat pour un 7e mandat. L’homme avait déclaré en 2021 avoir planté des bananiers qu’il ne quitterait pas maintenant qu’ils produisent des fruits. Tant pis pour les férus d’alternance, de limitations de mandats, de promotion des jeunes générations. Pour le quinquennat à venir, Museveni promet, la sécurité, la prospérité, des emplois pour les jeunes diplômés… et on en oublie ces promesses électoralistes, véritables lieux communs d’un quadragénaire, adepte de foulées en public pour montrer qu’il pète la forme, quand plus d’un analyste lui oppose un régime sclérosé à la recherche du plus sûr chemin pour parachever la patrimonialisation du pouvoir. En effet, il se murmure que Museveni veut donner les rênes de l’exécutif, à son fils, Muhoozi Kainerugaba, 51 ans, chef d’état-major général de l’armée depuis novembre 2024.

Par ailleurs dans cette campagne présidentielle à l’américaine, le président sortant a les moyens : le nerf et la logistique de la guerre électorale, comme cela se vit sous nos tropiques. Les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets avec un Boby Wine défait dès le premier tour comme en 2021. Car, ce challenger le plus sérieux du président sortant, n’a que sa forme physique d’un jeune de 43 ans, les milliers des fans de sa musique et de ses idées d’implémenter une démocratie sans les scories du clientélisme népotique, d’un système électoral non transparent. Pas sûr que cela suffise à battre le président sortant. La commission électorale l’avait néanmoins crédité d’un score d’environ 35% des suffrages exprimés en 2021

Sauf improbable tremblement de terre, on voit mal comment le Troglodyte mignon, malgré sa voix forte, ses chants mélodieux et piquants, pourrait arracher la majorité des suffrages au gorille de la bananeraie ougandaise ? En 2021 plus d’un observateur avait pointé du doigt un bourrage d’urnes dans plusieurs circonscriptions électorales. République bananière, quand tu nous tiens.

Zéphirin Kpoda


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